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Après deux années d'absence, les bateaux de croisière font leur grand retour à Monaco

Après deux années de pandémie, l’Etat monégasque autorise de nouveau ces embarcations touristiques à accoster dans le port Hercule Mais les conditions d’accueil ont changé. On vous explique.

Thibaut Parat Publié le 07/04/2022 à 08:45, mis à jour le 07/04/2022 à 16:01
Le premier bateau de croisière à avoir accosté à Monaco depuis plus de deux ans se nomme Azamara Pursuit et mesure 181,5 mètres de longueur. Il est arrivé ce mardi matin et est reparti le soir même. Photo Jean-François Ottonello

Sa robuste silhouette, apparue au petit matin du 5 avril, n’est guère passée inaperçue depuis les points de vue de la Principauté. Long de 181 mètres, l’Azamara Pursuit a débarqué des centaines de passagers sur le quai Rainier-III, au pied de la Digue.

Puis, hier, le Viking Sky a pris sa place tandis que le Viking Sea et le Seven Seas Voyager mouillaient dans la rade de Monaco.
Voilà plus de deux années que, pour des raisons sanitaires liées à la Covid-19, les autorités monégasques avaient interdit l’amarrage des bateaux de croisière à Monaco afin d’éviter une explosion des contaminations sur le sol national.

Le dernier paquebot à avoir accosté dans l’enceinte portuaire répondait au doux nom d’Amera et mesurant 205 mètres. C’était le 6 janvier 2020.

Cette année, rien que sur Monaco, 137 navires ont été programmés au planning des escales.

Des bateaux ne pouvant
pas excéder 250 mètres

 

Un retour des croisiéristes espéré depuis fort longtemps par les restaurateurs et commerçants du pays, particulièrement ceux du Rocher, largement tributaires de cette clientèle touristique (lire ci-dessous).

Par rapport à 2019, année durant laquelle 176.000 passagers avaient foulé le sol monégasque, la stratégie de l’État princier diffère néanmoins.

"On a limité l’accueil aux catégories luxe et premium avec des bateaux d’une longueur et d’une capacité maximales de 250 mètres et 1.250 passagers à bord", résume Olivier Lavagna, directeur général de la Société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM), pour qui le volet "croisière" représente 10% du chiffre d’affaires.

Terminé, donc, ces embarcations de 300 mètres, pouvant abriter jusqu’à 3 à 4.000 personnes, que l’on observe non loin de là en rade de Villefranche-sur-Mer. Une absence qui ne devrait pas peser économiquement puisqu’une large partie de cette clientèle rallie tout de même Monaco en bus.

Une saison des croisières volontairement écourtée

D’autres changements vont s’opérer cette année: "On va réduire les bateaux au mouillage dans la rade. Il a aussi été décidé de limiter la saison de croisières entre avril et la mi-novembre", poursuit-il.

 

Les autres mois seront désormais dévolus à l’accueil de méga yachts, dont les mensurations peuvent parfois flirter avec les 150 mètres de longueur.

"Cela va nécessiter des travaux dans le chenal, à l’entrée du port. Une barge va venir y positionner quatre systèmes d’amarrages complémentaires. On va aussi mieux équiper la digue en amenant plus de puissance électrique et en élargissant les défenses d’accostage", détaille Olivier Lavagna.

Enfin, la SEPM vise à développer le concept de "tête de ligne", c’est-à-dire que Monaco ne soit pas seulement une escale, mais que le pays se place comme le point de départ ou d’arrivée d’une croisière.

"Cela aurait des retombées économiques plus importantes, notamment pour les hôtels. En étant la ville de départ les passagers viennent généralement la veille, louent une chambre et consomment dans les restaurants. Cela leur donnerait aussi envie de revenir, plus tard, en Principauté", argumente-t-il.

Objectif affiché, donc: devenir plus attractif.

Durant deux années, les commerçants de Monaco-Ville ont été privés des croisiéristes, très friands des monuments et des boutiques du Rocher. Photo drone Sébastien Botella.

"Une bouffée d’oxygène" pour les commerçants du Rocher

Depuis plus deux ans, l’absence des croisiéristes se faisait cruellement sentir au cœur des étroites venelles de Monaco-Ville. Les mesures financières de l’État ont, certes, permis aux commerçants du Rocher de survivre à cette traversée du désert, mais avant ce retour tant espéré, les caisses des échoppes peinaient toujours à se remplir.

"En décembre dernier, les magasins de souvenirs avaient 80% voire 90% de chiffre d’affaires en moins par rapport aux années pré-Covid", confirme Christophe Vestri de la Maison du Limoncello, fraîchement élu président de l’association des commerçants du Rocher.

"On voit la différence
depuis quelques jours"

Si la prudence est devenue une seconde nature avec la pandémie, les commerçants voient naturellement d’un très bon œil la déambulation de ces croisiéristes menés par des guides.

"C’est une bouffée d’oxygène. ça nous permettra de payer les charges", réagit Alida Gallorini, gérante d’un magasin de souvenirs.

"On voit la différence depuis quelques jours, ça porte déjà ses fruits, embraye Alexandra Rinaldi, à la tête de la boutique Les 5 Saveurs qui, comme beaucoup, apprécie le retour salutaire des Américains.

"C’est une bonne nouvelle car ils ont un pouvoir d’achat plus important. On a aussi des bus d’Allemands, des Espagnols et beaucoup d’Italiens en individuel. On n’est pas au niveau de 2019 mais la clientèle semble plus aisée. C’est peut-être mieux d’avoir moins de quantité mais plus de qualité."

"Nous sommes loin d’avoir sorti la tête de l’eau"

Même sentiment de soulagement chez Gilliane Médecin, responsable du Coin du Souvenir niché sur la place du Palais princier, qui se montre toutefois plus tempéré: "Même s’il y a un peu de monde, après ce que l’on a traversé, nous sommes loin du compte et loin d’avoir sorti la tête de l’eau."

Pour dynamiser le Rocher et "draguer" la clientèle locale, le nouveau bureau présidé par Christophe Vestri envisage de faire venir un maraîcher tous les samedis mais aussi, si l’autorisation est donnée, d’organiser un pique-nique, près de la cathédrale, en lien avec les commerçants du Rocher et un orchestre.

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