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Après 30 ans passés au service de la Principauté, le colonel Luc Fringant nous raconte ses meilleurs souvenirs

Mis à jour le 14/09/2018 à 15:44 Publié le 14/09/2018 à 15:45
Après une carrière militaire et trois décennies au service de la Principauté, l’heure de la retraite a sonné pour le colonel Fringant (au centre).

Après une carrière militaire et trois décennies au service de la Principauté, l’heure de la retraite a sonné pour le colonel Fringant (au centre). Photo JFO

Après 30 ans passés au service de la Principauté, le colonel Luc Fringant nous raconte ses meilleurs souvenirs

Le commandant supérieur de la Force publique quitte ses fonctions après trois décennies au service de la famille princière et avec une valise pleine de souvenirs dans les coulisses du pouvoir.

S’asseoir devant un panaché et demander au colonel Fringant de raconter ses souvenirs de carrière n’est pas chose aisée. Difficile d’en placer une! L’homme est un infatigable orateur. Une source intarissable d’anecdotes.

Aussi bien à propos de Jeanne d’Arc - dont il est fervent admirateur et collectionneur - que sur les coulisses du pouvoir, alors qu’il a été pendant trois décennies au service de la famille princière: aide de camp puis chambellan du prince Albert II, chef de la compagnie des carabiniers et commandant supérieur de la Force publique.

Sa réputation de fort en gueule, Luc Fringant en joue plus qu’il ne l’entretient. "La colère, c’est rédempteur pour avancer, mais je ne m’énerve plus", assure-t-il. Sauf quand il considère que l’ordre ou les valeurs ne sont pas respectés.

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Un mantra acquis dans une carrière militaire démarrée en 1973. Une carrière dont lui, le premier, ne voulait pas. L’étudiant en philo post-soixante-huitard, né en 1953 à Maxéville et qui avait fait Mai-68 à Paris – sans jeter des pavés "mais plutôt des pots de peinture, ça faisait plus de dégâts", plaisante-t-il – ne se voyait pas mettre ses pas dans ceux cadencés de l’armée. Tout le contraire, à vrai dire.

Un philosophe à l’armée

Sa mère infirmière le rêvait médecin. Son père, chargé de relations publiques, l’espérait curé. Ni le crucifix ni le caducée n’ont guidé sa destinée après une enfance en Lorraine. Après s’être essayé aux arts du cirque dans l’école Annie Fratellini, il étudie la philosophie à la Sorbonne et se produit sur scène dans quelques pièces de théâtre.

"À vrai dire, la chose militaire je la détestais, raconte-t-il. Un jour, je suis convoqué pour effectuer les trois jours de service militaire car mon sursis a expiré." Lors de la visite médicale, le médecin, ami de la famille, ne l’examine pas et le déclare inapte. "Il avait cru me faire plaisir en m’exemptant. Mais par défi, je me suis dit que je voulais faire mon service. Et j’ai fait le choix de rejoindre les parachutistes au grand étonnement de l’instructeur. Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête. Je me suis dit: je vais leur montrer à ces paras, ce qu’un philosophe pense de leur manière de faire."

Photo Frédéric NEBINGER/Palais princier

En 1974, il entre au treizième régiment de dragons parachutistes de Dieuze. "Je déboule dans le régiment et là, c’est très dur physiquement, psychologiquement. Et je tombe sur des types extraordinaires, encore plus extraordinaires que mes profs de philo, qui me montrent que parler de la douleur dans les livres, c’est bien, mais quand on est dans des missions dingues sur le terrain, c’est autre chose. Je découvre que la vraie philosophie c’est avec des hommes qu’on la vit, sur le terrain."

Une leçon de vie pour un jeune homme qui se rêvait professeur de philosophie et se retrouve à enseigner les valeurs de l’armée dans une école d’officiers.

"J’ai eu la chance d’être là où battait le cœur véritable de l’armée, avec des hommes qui avaient la grâce. J’ai appris la vie à travers ces gens. J’ai essayé de me comporter comme eux, de transmettre le message, le flambeau, ces vertus. J’ai immédiatement compris que c’était ma voie. Ce que je recherchais dans la vie civile, je l’ai trouvé puissance dix dans l’armée."

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Ultime prise d’armes

Et 45 ans après, il en parle toujours avec la même ferveur. Une ferveur qu’il mettra en action une dernière fois le 17 septembre prochain, dans la cour d’honneur du Palais princier, pour une prise d’armes afin de transmettre le flambeau de commandant supérieur de la Force publique à Tony Varo. Une dernière, pour celui qui a en commandé des dizaines à l’occasion de la Fête nationale, chaque 19 novembre.

Le colonel Fringant conservera le titre de premier aide de camp du souverain. Fruit d’un attachement particulier à la famille princière et aux valeurs des Grimaldi transmises d’abord par le prince Rainier III. Ce dernier l’a choisi en 1988 pour assister son fils et préparer l’avenir du prince héréditaire.

Quand, en 1992, l’Armée française veut le rappeler dans ses rangs, Luc Fringant fait un choix professionnel lourd de sens pour lui. Il refuse et quitte le service de l’armée française pour devenir chef de la compagnie des carabiniers.

Bonne pioche pour lui: ce sera, pour les décennies suivantes, dans les rouages de la vie militaire monégasque qu’il exercera ses fonctions. Avant d’accompagner à nouveau le prince Albert, devenu souverain à partir de 2005.

Pèlerinage de Compostelle

Aujourd’hui, Luc Fringant regarde vers l’avenir. La prise d’armes du 17 septembre et son discours d’adieux à la force publique, il les peaufine depuis un an. La suite? Le personnage, qui fêtera son 65e anniversaire le 22 septembre, ne risque pas de souffrir d’inactivité.

À Dieuze, en Lorraine, il a racheté un ancien mess des officiers désaffecté par l’armée pour en faire un musée et sa résidence secondaire. Avec sa femme, la pianiste Elzbieta Ziomek, il compte aussi y organiser des concerts.

Et au printemps, il accomplira un vœu formulé dans sa jeunesse: réaliser à pied le pèlerinage de Compostelle. "Je compte partir depuis la cathédrale de Monaco et je me donne deux mois et demi pour le faire. Ce sera ma façon de remercier Deo Juvante et Malizia de cette belle carrière et de cette belle vie."


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