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Apolline : et maintenant ? Des élus solidaires… mais pas que

Mis à jour le 24/06/2017 à 05:28 Publié le 24/06/2017 à 05:27
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Apolline : et maintenant ? Des élus solidaires… mais pas que

Le gouvernement opte pour la nécessité de fermer bloc par bloc la résidence pour refaire l'ensemble des canalisations. Une situation qui va nécessiter des relogements temporaires

La crise sanitaire dans l'immeuble domanial des Jardins d'Apolline est devenue une crise de société. L'affaire a été longuement évoquée jeudi soir au Conseil national (lire par ailleurs).

Depuis le 12 juin, l'eau n'est plus potable pour les quelque 800 résidents de cet immeuble domanial. La faute à des traces de fer relevées dans l'eau, pouvant être d'une toxicité aiguë.

« La situation subie par les résidents est insupportable et inacceptable. Elle a été évolutive et complexe depuis plusieurs années et nous avons recherché les solutions les plus adaptées possibles, après un énorme travail de diagnostic. Le gouvernement est scandalisé par cette situation et déterminé à la résoudre au plus vite et au mieux », a souligné le ministre d'État, jeudi soir en séance publique au Conseil national.

Serge Telle, dans la foulée, a annoncé la décision de refaire entièrement les systèmes de canalisation de quatre bâtiments de l'immeuble, bloc par bloc, et de remettre à neuf l'ensemble des appartements. En effet, les réseaux encastrés dans la dalle obligent à ouvrir toutes les chapes de béton pour dévier les réseaux vers de nouveaux systèmes encastrés dans les faux plafonds.

Une technique déjà réalisée dans 22 appartements de la résidence, lourdement touchés ces derniers mois par des dégâts des eaux. Une vingtaine d'autres est en cours. « Concernant la provenance précise, c'est en cours d'investigation », a confirmé Marie-Pierre Gramalgia. Les premières constations font état d'une inadéquation de matériaux qui conduisent à leur dégradation précoce dans cet immeuble livré en 2013.

Gratuité des loyers cet été

La décision, aujourd'hui, de refaire les réseaux des 237 appartements représente un chantier estimé pour l'heure à deux ans et demi. Il implique des mesures de relogement temporaires pour les résidents. Le gouvernement a choisi d'agir, bloc par bloc, en vidant à chaque fois soixante appartements. Autant de familles qu'il faudra reloger le temps des travaux. « Toutes les pistes sont en train d'être étudiées », a souligné le ministre d'État, notamment le secteur privé. Des appartements dans l'opération en cours de finition de l'Engelin seraient conservés en ce sens. « L'entrée de certains demandeurs de logements à l'Engelin sera différée mais la situation des occupants d'Apolline justifie qu'ils bénéficient de priorité de relogement temporaire. Cet impératif de solidarité sera compris par la communauté monégasque », assure Serge Telle.

Si, au départ de la crise, une seule réduction de 15 % du loyer avait été annoncée, finalement le gouvernement a décidé une gratuité des loyers et des charges avec effet rétroactif de juin au 31 août 2017. Puis une réduction de moitié des loyers jusqu'au relogement provisoire, et une gratuité pendant le relogement. Des mesures similaires seront appliquées aux bénéficiaires des contrats habitation-capitalisation. Une proposition notamment contenue dans la résolution votée jeudi soir par les élus.

Bactéries dans l'eau

Pour le volet sanitaire, pour l'heure, la distribution de bouteilles d'eau, entamée le 13 juin se poursuit. Des filtres en céramique sont en cours d'installation à tous les robinets de cuisine des particuliers. Un système de filtration pour retenir les particules et stériliser l'eau est en voie de pose aussi pour chaque bloc d'immeuble.

Concernant le risque sanitaire, le gouvernement a monté ses mesures de précautions d'un cran. En effet, parmi la vingtaine de prélèvements réalisés le 13 juin, l'un d'entre eux a montré une présence de bactérie dans l'eau. « Nous considérons qu'il est préférable de prendre des douches plutôt que des bains et de ne pas se brosser les dents à l'eau courante jusqu'à la mise en œuvre totale des mesures correctrices », a confirmé jeudi soir Didier Gamerdinger. Précisant que les résultats des analyses à venir seraient communiqués en priorité aux résidents.

À l'occasion de sa séance publique, jeudi soir, le Conseil national avait ajouté à son ordre du jour le vote d'une résolution demandant au gouvernement la mise en œuvre de mesures exceptionnelles d'urgence en faveur des occupants des Jardins d'Apolline.

Si pour le président Christophe Steiner, « l'important est de trouver des solutions », la séance s'est transformée en tribune pour des élus impatients de s'exprimer sur ce dossier.

Avec notamment beaucoup de reproches au gouvernement, accusé d'avoir agi tardivement. « Parce que le souverain a froncé les yeux et fait la grosse voix, on a l'impression que tout le monde est à plat ventre depuis trois jours et que l'on prend enfin de vraies décisions. Pourquoi avoir attendu autant ? » tance Jean-Charles Allavena.

« Il y a des doutes et de la colère chez les résidents, la réunion a permis un premier pas en avant pour donner confiance à tout le monde », plaide Daniel Boéri. Pour Laurent Nouvion, « nos compatriotes ont besoin d'être rassurés. C'est une crise pour 750 familles comme il n'est jamais arrivé en Principauté ». Et Jean-François Robillon d'espérer « que les solutions atténueront leur détresse ».

À la question de Jean-Charles Allavena s'étonnant du « silence assourdissant du constructeur », Serge Telle a affirmé que « le gouvernement a demandé des actions judiciaires à l'encontre de l'ensemble des acteurs concernés. Nous avons notre part de responsabilité et nous l'assumerons ». Un expert en contentieux immobilier doit être désigné ces jours-ci par le gouvernement pour l'accompagner dans ce volet juridique.

Pour le président de la commission du logement, Jean-Michel Cucchi, « la situation n'aurait pas dû en arriver là ». Il espère que des efforts seront faits pour trouver des appartements disponibles dans le secteur libre. « Ça ne sert à rien de se reposer sur l'Engelin. On est dans une situation de pénurie épouvantable qui ne ferait que s'aggraver. »

La nature politique est ainsi faite que le vote de cette résolution a été marqué par une passe d'armes entre Béatrice Fresko, d'Horizon Monaco, et plusieurs élus de la majorité. En substance, l'élue a reproché le manque d'investissement des membres de la Nouvelle Majorité. « Vous avez dépensé votre temps en basses manœuvres, votre énergie en attaques systématiques concentrées sur votre côté gauche et en remerciements obséquieux pour ceux qui se trouvent face à vous. »

Une déclaration jugée « lamentable » par Jean-Michel Cucchi : « Utiliser la détresse des gens pour faire de la récupération politique, ne vous honore pas. » Et Béatrice Fresko de répondre au président de la commission logement qu'il n'a jamais inscrit la situation des Jardins d'Apolline à l'ordre du jour des réunions de sa commission.

Un échange électrique qui a cristallisé un peu plus encore l'animosité entre élus dans l'hémicycle. Fausse note pour une résolution adoptée finalement à l'unanimité.

Entre les déclarations du gouvernement et les saillies des élus, eux sont au milieu. Oscillant entre « l'espoir et le désespoir », assume Franck Lobono qui préside l'association des habitants des Jardins d'Apolline.

« L'espoir car notre situation est enfin prise en compte, le désespoir car c'est un coup sur la tête d'apprendre qu'il va falloir quitter son appartement. Nous sommes dans la pire période, en attente de solutions. »

Sa préoccupation aujourd'hui : « Rassurer les gens sur un plan sanitaire. Nous demandons la création d'un observatoire médical et d'un numéro vert pour que les habitants puissent se renseigner ou se confier sur d'éventuelles pathologies. »

Derrière, vient la question le bien-être humain pour la question du relogement provisoire : « Quelles seront les conditions ? Les travaux seront-ils réalisés de manière pérenne ? Il y a des questions aussi à se poser sur le bâtiment construit aux normes HQE, peut-être mal maîtrisées ? ».

Lundi soir, l'association organise une réunion à 18 h 30 à l'auditorium du Lycée technique, pour écouter les attentes des résidents sur les mois à venir.


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