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Aïtor était mort... et son coeur est reparti

Mis à jour le 14/06/2019 à 10:20 Publié le 14/06/2019 à 10:20
Le docteur Frédéric Brod sur le green du golf de la Nivelle, près de Saint-Jean-de-Luz.

Le docteur Frédéric Brod sur le green du golf de la Nivelle, près de Saint-Jean-de-Luz. DR

Aïtor était mort... et son coeur est reparti

Alors qu’il participait à une compétition de golf dans le Pays basque, le Dr Frédéric Brod, chef de service adjoint des Urgences du CHPG, a sauvé la vie du patron du club house. Un miracle !

Avec l’infarctus, on dit toujours que chaque minute écoulée c’est 10 % de chance de survie en moins. »

Vendredi 7 juin, alors qu’il achevait sa semaine de compétition de golf, le docteur Frédéric Brod, chef de service adjoint aux Urgences du Centre hospitalier Princesse-Grace (CHPG), a fait repartir le cœur d’Aïtor Barainca qui s’était écroulé quelques minutes plus tôt derrière le bar de son club house.

Une prouesse qui a relevé du miracle, puisque le restaurateur de 50 ans, papa d’un petit garçon de 10 ans, s’est réveillé le lendemain sans séquelle !

« Après le choc, le cœur est reparti »

C’était la 30e édition des Caducées du Golf, une rencontre qui rassemble exclusivement des professionnels de la médecine dans le Pays basque. Ils étaient 200 et, parmi eux, un seul urgentiste : Frédéric Brod. « C’est une compétition qui dure cinq jours et au cours de laquelle sont organisées des soirées d’information médicale. J’ai ainsi animé deux séances sur “les gestes qui sauvent”. » Le Dr Brod ne savait pas encore qu’il aurait à mettre en pratique, quelques heures plus tard, ses explications.

« Depuis vingt-huit ans, je vais chaque année au Golf de la Nivelle, près de Saint-Jean-de-Luz. Aïtor Barainca m’a servi un café à 8 h 20 et je suis aussitôt parti sur le green. Soudain, j’ai vu la directrice du golf venir vers moi en voiturette pour me dire que le patron du restaurant s’était effondré. Panique générale. En deux minutes, nous étions sur place. Quand je suis arrivé, Aïtor Barainca était mort. Il était en arrêt cardiaque. J’ai aussitôt arraché le défibrillateur du mur. Je l’ai massé. Je lui ai mis les électrodes. Avec le choc, le cœur est reparti. Les pupilles qui étaient dilatées se sont rétrécies. »

« Une immense satisfaction »

Sans l’intervention du docteur Brod, les pompiers seraient certainement arrivés trop tard. « Il faut masser et choquer le plus rapidement possible. C’est l’essence même de mon métier. Mon quotidien. J’ai vu autour de moi des médecins qui pleuraient. Ils étaient incapables de faire un geste. Devant l’événement, il y a toujours une angoisse. Mais pour celui qui connaît les gestes qui sauvent, c’est de l’automatisme. C’est facile. Quand ça marche, c’est une immense satisfaction. »

Les pompiers se sont rendus très vite sur place. « L’équipe avait un cardioscope qui permet de rendre compte des battements du cœur. J’ai bien ventilé Aïtor avec l’oxygène. Il a repris très vite une bonne tension. Mais il ne se réveillait pas… Puis le Samu a atterri en hélicoptère sur le green. Et l’équipe est partie vers l’hôpital de Bayonne. »

La chaîne médicale a continué, sans faille. « Comme je connais bien le chef de service des Urgences de Bayonne, je lui ai téléphoné. Il a posé trois stents au patient. Le lendemain, Aïtor s’est réveillé sans séquelle. »

Quant au Dr Brod, il a repris le chemin du green après le départ de l’hélicoptère. Presque comme si de rien n’avait été. « J’étais un peu fatigué, mais j’ai quand même fini troisième de la compétition ! »

C’est dans le club house du golf qu’Aïtor Barainca s’est écroulé.
Aïtor Barainca a été sauvé après un massage cardiaque et le choc du défibrillateur.

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