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Airbnb a-t-il pris ses quartiers à Monaco ?

Mis à jour le 10/08/2016 à 05:04 Publié le 10/08/2016 à 05:04

Airbnb a-t-il pris ses quartiers à Monaco ?

Le service de location est discret en Principauté. À l'heure d'Uber et des plateformes collaboratives sur internet, le système monégasque ne semble pas forcément adapté à ces offres low-cost

Pourquoi entend-on parler d'Airbnb ?

Depuis le 1er août, Airbnb a étendu la collecte de sa taxe de séjour à une vingtaine de villes. La société s'engage à déployer le mécanisme à davantage de villes à partir de 2017.

De nombreuses communes sont d'ores et déjà en train de mettre en place les formalités et s'approchent des hébergeurs.

L'enjeu est de taille puisque l'administration française doit constituer un fichier permettant d'identifier les communes et les taux applicables.

L'objectif : disperser les bénéfices du tourisme dans les territoires.

Depuis 2014, Airbnb a collecté et reversé près de 100 millions d'e de taxe de séjour à travers le monde.

Qu'en est-il à Monaco ?

Dans un récent rapport sur « l'ubérisation de l'économie », le gouvernement princier précise que « l'utilisation de toutes les plateformes collaboratives n'est pas possible à Monaco. »

Par exemple Uber ne permet pas de commander un VTC sur le territoire princier. Drivy n'offre pas non plus la possibilité de louer la Rolls ou la Porsche d'un particulier monégasque. Stricto sensu, le système Airbnb n'est pas transposable en Principauté.

Pourquoi la législation n'est-elle pas applicable ?

En plus du versement d'une taxe de séjour, la deuxième obligation des hébergeurs Airbnb est de se déclarer en mairie.

Or, aucune équipe, à la mairie ou au gouvernement n'est attachée au dossier.

Autre singularité monégasque : les catégories de logements. Les appartements « domaniaux », des T2 à T5 dispersés de Fontvieille à la tour Odéon, sont loués par l'État. Ils ne peuvent pas rentrer dans le « jeu » Airbnb, sinon cela s'apparenterait à une sous-location… ce qui est illégal.

Les logements privés sont quant à eux situés en nombre sur le Rocher et dans le quartier de Monte-Carlo. Au vu de la valeur foncière de ces zones, le prix d'une location à la journée n'entrerait plus dans l'esprit « low-cost » de Airbnb. Enfin, la TVA ne serait même pas applicable, les logements appartenant à des personnes privées. La fiscalité particulière de Monaco rend donc nulle la possibilité de récolter des taxes et de gérer un système comme celui de Airbnb. Le système de perception des impôts monégasques concerne les personnes morales. Par essence, AirBnb ne touche que les personnes physiques.

Sans réglementation, quels sont les garde-fous du gouvernement ?

Le gouvernement souhaite « rester vigilant face à l'évolution des habitudes de consommation des plateformes collaboratives qui peuvent, dans certain cas, s'affranchir des règles en vigueur dans le pays. » Mais le phénomène se développe et connecte les particuliers sur internet, le pouvoir de réglementation du gouvernement « reste donc très limité. »

Pour pouvoir surveiller l'essor du collaboratif à Monaco, « les personnes qui proposent leurs services ou leurs biens sur ces plateformes devront se soumettre à des déclarations d'activité pour pouvoir exercer sur le territoire monégasque. » Une procédure qui n'est pas encore mise en place aujourd'hui.

Quelle est l'implantation d'Airbnb à Monaco ?

Malgré ce flou juridique, l'entreprise américaine compte 250 logements en Principauté, soit le double par rapport à l'an passé. Entre juillet 2015 et juillet 2016, deux fois plus de voyageurs ont séjourné dans des locations Airbnb. Les périodes d'accueil privilégiées : le Grand Prix à la fin mai, les rencontres sportives (football, meeting Herculis, boxe…) et l'été en général. Les hébergeurs, comme pour accentuer l'idée d'une singularité monégasque, proposent des chambres ou des appartements « customisés » : posters de Formule 1, écussons automobiles, des pans entiers de mur dédiés à Grace Kelly ou à la dynastie Grimaldi… Certains propriétaires proposent des concepts plus originaux, comme une chambre décorée sur le thème d'Alice au Pays des Merveilles.

De nombreuses annonces font état de logements monégasques, « à deux pas du Casino » ou « à 5 minutes du centre-ville », mais se trouvent en réalité à Beausoleil ou à Cap-d'Ail. Une ambiguïté sur laquelle de nombreux hébergeurs jouent volontiers.

Airbnb est-il en guerre contre les palaces monégasques ?

En France, une guerre symbolique a lieu entre les hôtels, taxés de toute part, et Airbnb, qui jusque-là ne devait pas reverser grand-chose à l'État ou aux communes.

Beaucoup d'hôteliers criaient ainsi à la concurrence déloyale. Mais à Monaco, les palaces affichent un taux d'occupation oscillant entre 60 et 75 %, d'après les chiffres de la Direction du tourisme et des congrès. Si les hôtels sont rentables, le concept de concurrence n'est donc pas pertinent.

Quelle est la position d'Airbnb face à des territoires comme Monaco ?

Dans un récent communiqué, Airbnb fait le bilan de la collecte de la taxe de séjour depuis deux ans. Mais la société se désole du manque de réglementation de certains marchés. « Dans certains territoires, Airbnb ne dispose pas de l'autorité légale pour collecter et reverser les taxes. »

En cause selon eux, des « lois désuètes » conçues « pour les grands hôtels pouvant faire appel à une équipe experte d'avocats et de comptables, et non pas les personnes normales qui partagent tout ou partie du foyer dans lequel ils vivent ».

Et de préciser : « nous sommes prêts à nous associer avec davantage de juridictions pour faire appliquer ces règles dans le monde entier ».

Monaco est-elle prête à adapter son système légal et fiscal pour faire face à l'ouragan Airbnb ?


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