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À Roquebrune-Cap-Martin, les ânes de Serge débroussaillent les espaces publics du village

Serge Alarcon est un nom bien connu à Roquebrune-Cap-Martin. Il possède plusieurs ânes, dont le travail principal est de débroussailler plusieurs milliers d’hectares dans la commune.

Lucas Dupont Publié le 27/07/2021 à 12:30, mis à jour le 27/07/2021 à 13:24
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Serge Alarcon s’occupe de ses ânes avec la plus grande bienveillance. Photo Cyril Dodergny

L’heure du repas a sonné. Le menu est copieux. Serge Alarcon dépose un bloc de sel, "pour donner de l’énergie", et du pain. Les animaux accourent.

Au milieu des pâturages de Roquebrune-Cap-Martin, sept petits ânes viennent chercher leur nourriture. Ils s’appellent Ferry, Spirit, Ninon, Magie, Sucrette, Utopia et Hina. Et ils possèdent une histoire particulière.

Serge Alarcon est leur propriétaire. Cet ancien commerçant a tout plaqué pour adopter une nouvelle vie. Un choix payant pour l’intéressé: "Je m’épanouis dans ce que je fais aujourd’hui. Les ânes ont une place énorme dans ma vie."

 

Et pas seulement dans la sienne. Les sept animaux ont… un travail grâce à la mairie. "Ils permettent de débroussailler les espaces publics." Leur job s’effectue sur plusieurs hectares, à de nombreux endroits dans le village.

Elever des ânes est 'une véritable passion" Photo Cyril Dodergny.

Un amour de jeunesse

Serge Alarcon a toujours vécu avec la passion des ânes. Cet amour, il l’a cultivé dès sa jeunesse: "Lors d’une fête agricole, j’avais vu un ânon qui m’avait profondément marqué. Je l’avais trouvé très beau."

Forcément, les années sont passées mais les rêves ont perduré. "Lorsque j’ai eu la possibilité d’avoir des animaux, l’âne m’est apparu comme une évidence."

Serge Alarcon a donc sauter le pas il y a une dizaine d’années. Un premier âne, Ferry, suivi d’un deuxième, puis d’un troisième… Le rêve est en marche.

 

Posséder des ânes est une chose. Mais il faut aussi s’en occuper. Un entretien régulier, qui pèse sur la vie de l’éleveur. "Toute la famille a été impliquée, reconnaît l’intéressé. C’est un choix de vie, qui comporte très peu de possibilités de partir en vacances."

La famille est l’un des moteurs de Serge Alarcon. Son élevage s’appelle même "Les ânes d’Anaïs", en référence au nom de sa fille.

Véritable amoureux de la nature, l’éleveur roquebrunois vit un rêve éveillé. Au milieu de ses ânes, attendrissants et chaleureux, il assume ses choix. Et il ne faut surtout pas lui parler du mot travail: "Je ne me sens ni au travail ni en vacances. C’est une véritable passion, et une chance."

Serge Alarcon et les ânes, il s’agit de la belle histoire de Roquebrune-Cap-Martin. Et cette histoire, elle touche tout le village, comme le confirme l’éleveur: "Quand j’enlève les ânes d’un endroit, il y a des enfants qui pleurent. Il y a quelque chose qui va au-delà du simple débroussaillage."

 

 
Les ânes de Serge Alarcon suscitent la curiosité de tous les villageois à Roquebrune-Cap-Martin. Ils sont en outre très sympathiques. Photo Cyril Dodergny.

Rencontre avec ces ânes de Provence, des animaux chers à Serge Alarcon

Les sept compagnons de Serge Alarcon sont des ânes de Provence. Il y a deux mâles castrés et cinq femelles.

Leur âge est variable. La plus jeune, Hina, n’a que trois ans, tandis que les plus âgés ont 20 ans. Leur espérance de vie peut atteindre une trentaine d’années. "C’est une race reconnue par les haras mais c’est une race menacée…", avoue l’éleveur.

En termes de gabarit, un âne de Provence doit mesurer a minima 1,17 mètre au garrot. Leur poids est fixé aux alentours de… 300 kg! De beaux bébés, donc.

Des tonnes de souvenirs

Et parmi ses sept ânes, Serge Alarcon possède son chouchou: Ferry, son premier âne. "C’est par lui que tout a commencé. J’ai été le chercher à Ginasservis, chez un éleveur de moutons."

Les ânes de Serge Alarcon possèdent de bons caractères. Plutôt possessifs, ils n’hésitent pas à réclamer de nombreuses caresses à leur maître. Ce qui fait sourire l’éleveur roquebrunois: "Une fois, l’un d’entre eux a voulu me monter sur les genoux, mais il n’avait pas conscience qu’il pesait 300 kg!"

Forcément, cela laisse de très belles anecdotes: "J’ai plein de bons souvenirs, entre les naissances, l’arrivée de Ferry, ou les événements avec les enfants…" A contrario, les souvenirs les plus délicats touchent "à la mort".

Mais, en plus d’avoir laissé de bons souvenirs au village, les ânes se sont également distingués dans le septième art. Ils ont participé au court-métrage de Muriel Deconinck-Brunier, intitulé Burnt, et dont l’essentiel du tournage s’était déroulé au niveau local.

Si leur célébrité n’a pas encore atteint la scène internationale, les ânes de Serge Alarcon jouissent en tout cas d’une belle cote de popularité à Roquebrune-Cap-Martin.

Trois des sept ânes de Serge en plein travail Photo Cyril Dodergny.

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