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A quoi servira l'antenne de centre de résilience qui va se créer à Nice?

Il y aura bien une "antenne régionale de prise en charge globale du psychotraumatisme" à Nice. Le maire en a eu la confirmation par la ministre de la Justice, Nicole Belloubet.

Stéphanie Gasiglia Publié le 06/11/2018 à 20:05, mis à jour le 06/11/2018 à 19:57
La difficile résilience après un tel acte de barbarie. Photo Cyril Dodergny

"Je salue cette décision forte de sens et de symboles pour une ville qui chaque jour affirme sa résilience", s’est félicité Christian Estrosi.

Ce dispositif sera chargé d’améliorer la prise en charge des victimes quelle que soit l’origine du traumatisme.

Elles pourront bénéficier d’une véritable expertise en terme d’accompagnement thérapeutique. Et les professionnels auront la possibilité d’être formés à des techniques de prise en charge novatrices.

Par ailleurs, le centre offrira aux chercheurs un espace et des ressources pour développer leurs recherches dans le domaine du psychotraumatisme.

 

Ce centre sera, en fait, l’un des relais territorial du "centre national de ressources et de résilience [CNRR]" que Christian Estrosi appelait de ses vœux à Nice.

Mais le CNRR sera finalement géré par Paris et Lille. Sa création avait été annoncée dans le plan interministériel de l’aide aux victimes, fin 2017.

Le centre national sera un moyen, pour l’état, d’offrir une meilleure prise en charge psychologique à toutes les personnes impactées par le terrorisme, notamment psychiquement.

"Je continue donc à être déçue"

Une "simple" antenne à Nice, c’est une déception pour Anne Murris.

Une de plus. Elle qui avait tant œuvré pour que le mémorial-musée voulu par le président Macron prenne son sens à Nice. Tant espéré aussi. Mais, lui aussi, sera finalement construit à Paris.

"Je continue donc à être déçue", souffle la présidente de l’association Mémorial des Anges, touchée au plus près par l’attentat. "Il y a une forme de frustration, de blessure de voir que, quoi que l’on fasse, c’est toujours la capitale qui compte. Alors que le travail du professeur Florence Askenazy, chef de service à Lenval, a été salué par tous."

 

Et puis, ajoute Anne Murris, "je pense que l’on se prive d’un foyer d’étude important et intéressant en terme de traumatisme car nous avons, malheureusement, une population très importante et qui aurait pu être étudiée sur place".

Alors, elle se console, une fois de plus: "Il y a quand même cette ouverture: la possibilité d’accueillir le centre européen". La même déception est ressentie au sein de Promenade des Anges.

Cette association qui a vu le jour dans les larmes et le sang du 14 juillet 2016. Et qui œuvre, depuis, en faveur de tous ceux qui ont été touchés par l’attentat…

Quid du centre européen d’expertise pour les victimes?

Réunis à Paris, sept ministres européens de la Justice ont tenu une conférence sur la lutte contre le terrorisme. Avec cet engagement : améliorer l’assistance aux victimes dans les affaires transnationales, selon une déclaration politique commune.

Ils ont, notamment, prévu la création d’un centre d’expertise européen permettant un "partage des outils relatifs à l’aide aux victimes du terrorisme". Et Nicole Belloubet a assuré à Christian Estrosi que le gouvernement "soutiendrait, au nom de la France, la candidature de Nice auprès des instances européennes, pour accueillir ce centre». «Une marque de confiance et de reconnaissance dont Nice peut être fière", a réagi Christian Estrosi. Qui appelle les associations de familles des victimes, les partenaires locaux, nationaux et européens à soutenir la ville de Nice pour cette candidature.

L’objectif de cette structure européenne serait d’aider les autorités nationales "à se préparer à la prise en charge des victimes, mettre en place des lignes directrices et des formations, et créer une plateforme afin d’avoir accès aux experts dans le champ du psychotraumatisme en cas de crise".

 

Son rôle principal serait d’harmoniser l’application des directives sur la législation européenne sur la prise en soins et l’indemnisation.

Julian King, commissaire européen à la Sécurité de l’Union a d’ores et déjà annoncé le déblocage d’1 million d’euros pour mener une étude de préfiguration pour constituer ce centre européen.

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