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A Monaco, les juillettistes ont fait "oublier" la crise

Après avoir souffert de la pandémie de Covid-19, les professionnels du tourisme monégasques revivent. Les chiffres de l'hôtellerie démontrent que le mois de juillet a été très qualitatif. Les étrangers, notamment les Américains, sont de retour en masse. Explications.

Thibaut Parat Publié le 06/08/2022 à 05:04, mis à jour le 06/08/2022 à 11:01
Les lieux emblématiques de la Principauté sont noirs de monde depuis le début de l’été. Photo Cyril Dodergny

Parmi les secteurs les plus impactés par la pandémie de Covid-19, et par les mesures sanitaires qui en ont découlé, le tourisme revit. Un simple constat visuel, au cœur des lieux phares de la Principauté, permet de confirmer ce rebond économique tant espéré par des professionnels usés par deux années de crise sanitaire. Les indicateurs sont au vert, donc, et se rapprochent, voire dépassent, le millésime 2019, année précédant l’apparition du coronavirus.

Sandrine Camia, directrice adjointe de la Direction du Tourisme et des Congrès, fait le point à mi-saison estivale.

Les hôtels
font recette

Indicateur précieux pour mesurer la fréquentation touristique, l’hôtellerie a affiché un taux d’occupation de 76 % en juillet (1), soit dix points de mieux qu’en 2021. "Il était de 79 % en juillet 2019, donc plus élevé certes, mais le prix moyen d’une chambre était alors de 472 euros, contre 630 euros cette année."

 

Ce qui, par un calcul technique, donne un indicateur de performance commerciale en augmentation de 27 % entre 2019 et 2022.

Les Américains sont de retour

En tête des nationalités qui séjournent en Principauté : les Américains. Une clientèle historique, au pouvoir d’achat conséquent.

Un grand retour favorisé par plusieurs facteurs, couplés à une communication intensive sur la destination Monaco. "Leur appétence à voyager est très forte, d’abord. Le taux de change est particulièrement attractif avec une parité entre le dollar et l’euro, ce qui n’était pas arrivé depuis plus de vingt ans. Enfin, il y a une très bonne desserte aérienne avec 17 vols hebdomadaires entre New York et Nice", argumente Sandrine Camia.

Sur le segment des Anglo-Saxons et du Moyen-Orient, les progressions de fréquentation s’avèrent fulgurantes, bien aidées, là aussi, par les nombreuses liaisons aériennes. "Ces nationalités étaient des habituées avant la crise Covid. Pour les Anglo-Saxons, il n’y a plus la quarantaine au retour qui pouvait freiner les envies de voyage. Pour le Moyen-Orient, on a constaté un phénomène lié à la rénovation de l’Hôtel de Paris, une très belle vitrine. L’arrivée d’Em Sherif, marque reconnue notamment au Liban, joue également."

Le conflit
russo-ukrainien
ne pèse pas

 

L’absence des Asiatiques, encore frileux à voyager, et le conflit opposant l’Ukraine et la Russie ne semblent pas peser sur l’économie de la Principauté. "Avec une guerre aux portes de l’Europe, on craignait que les touristes n’osent plus venir dans notre région. Ce ne fut pas le cas. On a même des Australiens, des Brésiliens, des Mexicains", confie Sandrine Camia.

Sans surprise, les Russes et les Ukrainiens, déjà absents depuis 2020, manquent à l’appel : -70 % de fréquentation pour les premiers par rapport à la période d’avant crise sanitaire, -35 % pour les seconds.

Le retour salutaire des croisières

Le retour des bateaux de croisière dans le port Hercule, début avril, était attendu tant leur absence a pesé sur l’économie locale, notamment sur les commerces du Rocher. Sur le sujet, la Principauté a revu sa stratégie et privilégie désormais l’accueil des catégories luxe et premium avec des bateaux n’excédant pas 250 mètres et 1 250 passagers à bord.

Une volonté de réduire l’empreinte carbone laissée par ces mastodontes des mers. "Par rapport à 2019, il y a moins de bateaux [137 navires programmés en 2022, ndlr] donc moins de gens mais ils restent plus longtemps et les retombées économiques sont plus fortes. On privilégie aussi le fait d’avoir des bateaux en tête de ligne", explique Sandrine Camia. Traduction : que Monaco soit le point de départ ou d’arrivée, et non plus qu’une furtive escale.

Une riche offre culturelle 

En plus de l’ouverture récente de nombreux restaurants (The Niwaki, La Môme, Giacomo, Pavyllon Monte-Carlo, Em Sherif…), la Principauté peut compter sur une offre culturelle très qualitative cet été. "Les Grands appartements du Palais princier ont rouvert, la Collection de voitures de S.A.S. le Prince de Monaco a déménagé sur le port Hercule, la Villa Sauber abrite l’exposition Newton, Riviera tandis que le Grimaldi Forum a accueilli 10 000 visiteurs en deux semaines pour l’exposition sur Christian Louboutin. On a également un Monte-Carlo Summer Festival sans restrictions avec de grands noms : James Blunt, The Black Eyed Peas, Christina Aguilera, Simple Minds, liste Sandrine Camia. Les différents établissements nous disent qu’ils enregistrent de très belles fréquentations."

Le Musée océanographique, par exemple, connaît un rebond de 60 % par rapport à 2021. En juillet 2022, 93 000 personnes ont passé les portes de l’institution. Comme en 2019.

 

(1) Cela comprend dix établissements de la Principauté, entre 3 et 5 étoiles.

Les lieux emblématiques de la Principauté sont noirs de monde depuis le début de l’été. Photo Cyril Dodergny.

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