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À l’Europe de montrer quelques concessions

Mis à jour le 01/03/2019 à 10:12 Publié le 01/03/2019 à 10:12
« Les élections nationales n’étaient pas un référendum pour l’Europe », estime Grinda en réponse à sa position « pro-Bruxelles » évoquée par Stéphane Valeri.

« Les élections nationales n’étaient pas un référendum pour l’Europe », estime Grinda en réponse à sa position « pro-Bruxelles » évoquée par Stéphane Valeri. J.-F.O.

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À l’Europe de montrer quelques concessions

Une semaine après l’annonce de l’avancée des négociations vers un futur accord d’association entre Monaco et l’Europe, Jean-Louis Grinda salue une « double bonne nouvelle » et se veut confiant

Pour faire écho à la dernière campagne pour les élections nationales, ce n’est pas depuis un bus de la place d’Armes mais bien depuis le terminal d’un aéroport, à Rome, que Jean-Louis Grinda (Union monégasque) a réagi, hier, « aux progrès » salués conjointement par le prince Albert II et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, dans l’avancement des négociations en vue d’un accord d’association entre Monaco et l’Europe.

Contrairement à la majorité Primo !, l’opposant UM de l’hémicycle a préféré le verbe à la plume pour exprimer sa satisfaction après la rencontre « très importante » entre le souverain et Jean-Claude Juncker. « Le fait nouveau, c’est que le président de la Commission européenne a demandé à ses services d’aboutir à un accord avant la fin du mois de juin. Ce qui montre une volonté d’avancer rapidement et nous donne d’autant plus de marge de négociations. Quand c’est l’autre qui veut avancer rapidement, en l’occurrence l’Europe, c’est justement à l’autre de montrer quelques concessions. Quel pas vers nous il est capable de faire. »

« Ces lignes rouges ont été comprises »

Alors que le président du Conseil national, Stéphane Valeri, campe sur ses « fermes » positions de campagne et un triptyque « prudence, vigilance et pragmatisme », Jean-Louis Grinda évoque sans détours une « double bonne nouvelle ».

« Les choses avancent et on a une fenêtre de tir qui me semble tout à fait opportune, fin juin, pour obtenir ce que nous souhaitons légitimement », se réjouit l’élu.

Juin, un timing prédit par le souverain ces derniers mois et donc conforté la semaine dernière à Bruxelles.

« C’était très théorique, aujourd’hui le politique prend le pas », note Jean-Louis Grinda, avant de poursuivre dans la symbolique. « Les négociateurs européens connaissent parfaitement nos lignes rouges, nous n’arrêtons pas de les ressasser. Le simple fait de dire qu’on veut aboutir à un accord sur les négociations fin juin signifie, en creux, que ces lignes rouges ont été comprises, absorbées, et que les négociateurs vont revenir avec un esprit positif pour conclure ces négociations. »

« Le même problème il y a 50 ans »

Un optimisme d’« Eurobéat », pour reprendre les termes du chef de file de Primo ? « M. Valeri est un homme politique, donc il crée des clivages même là où il n’y en a pas, balaye Grinda. Tout le monde est d’accord pour défendre ce que nous sommes. La différence est dans l’appréhension du problème et dans le fait que, de notre côté, nous n’avons jamais agité ça comme un chiffon rouge, notamment pendant la période d’élection. Nous n’avons pas tenu de propos anxiogènes censés faire peur aux gens, puisque les autres étaient des Eurobéats. Le “béat” qui, en principe, a une capacité de réflexion assez diminuée. Je ne pense pas faire partie de ces gens à la capacité de réflexion diminuée. »

L’élu de mettre aussi les actuelles négociations en relief avec celles du passé. « Cet accord sera bénéfique et c’était exactement le même problème, il y a 50 ans, quand on a traité avec la France pour l’accord de la TVA. Il y avait un énorme État et un tout-petit, Monaco, qui y a trouvé son compte. L’accord nous a été favorable jusqu’à nous permettre d’être ce que nous sommes aujourd’hui avec nos rentrées de TVA. »

Une Principauté qui, aujourd’hui, « connaît une grande réussite sans Traité », selon Stéphane Valeri. Le président du Conseil national, aux termes de nombreuses réunions d’information sur les avancées des négociations avec le gouvernement (lire ci-contre), note « des progrès atteints » mais, « sur certains points », « des divergences importantes subsistent entre la défense des intérêts des Monégasques et les exigences de l’Union européenne. »

La théorie du « rhinocéros blanc »

Grinda riposte alors avec sa théorie dite du « rhinocéros blanc ». « ça ne me dérange pas que les Monégasques soient considérés comme des rhinocéros blancs, une espèce qui mérite d’être protégée parce qu’elle est minoritaire dans son pays. C’est un cas unique en Europe et l’argument me paraît plus “absorbable” par l’Europe que celui de dire qu’il faut nous reconnaître une priorité nationale. »

Bref, un désaccord de forme mais pas de fond entre élus, tous poursuivant la défense des spécificités monégasques et des Monégasques.

« Si le résultat est mauvais, je serai le premier à dire qu’il ne faut pas le signer, poursuit Grinda. Mais c’est là que je ne suis pas d’accord avec M. Valeri. Comment peut-on imaginer que le Prince puisse présenter au Conseil national un texte qui irait à l’encontre des intérêts de ses sujets ? C’est absurde. »

« Nous sommes déjà prisonniers »

Quant à la crainte que des dérogations accordées à Monaco soient « temporaires », l’élu UM n’y voit rien de « gênant » si le « cadre » et les « conditions » ne sont pas « absurdes ».

En revanche, Jean-Louis Grinda refuse d’acter que tout ira toujours aussi bien sans accord avec une Union européenne, par ailleurs de plus en plus contraignante pour ses États membres. « Nous sommes nous-mêmes déjà prisonniers d’une Convention avec la France. Or, aujourd’hui, nous sommes obligés de négocier avec l’Union européenne parce que la France - encore plus demain - n’a plus le pouvoir de négocier certaines choses pour nous. »

L’élu préférait donc avoir affaire - dans certains cas - avec Dieu plutôt que ses Saints. Béatitude ? « On ne peut pas toujours vivre dans les trente dernières années. On peut dire aujourd’hui que tout va très bien, sauf que les conditions pour que ça aille très bien ne seront peut-être plus réunies à l’avenir pour des raisons juridiques. »

« Heureusement que les exportations industrielles monégasques existent pour faire de l’emploi, du chiffre d’affaires et des bénéfices sur l’impôt des sociétés », lance Jean-Louis Grinda, qui note que « le prince Rainier et le prince Albert ont toujours souhaité avoir un pays avec des rentrées très différentes (tourisme, banques, industries…) ».

Vantant une association avec l’UE, le directeur de l’Opéra de Monte-Carlo donne l’exemple concret de l’export de la culture locale.

« Vous n’avez pas idée, tant pour les Ballets que pour l’Opéra, des tracasseries que nous rencontrons parce que nous n’avons pas d’accord d’association avec l’Union européenne. Nous avons des surtaxes de 20 à 30 % dans tous les pays dans lesquels nous passons sans accord bilatéral. Monaco est grand aussi parce que sa culture s’exporte, ça me semble important d’avoir le soft power au maximum de ses capacités. »

Tant que le Palais princier n’aura pas transmis d’accord d’association au gouvernement, et que ce dernier ne l’aura pas soumis à ratification au Conseil national (article 14 de la Constitution), les élus n’ont pas à intervenir dans les négociations menées par le corps diplomatique, en tête duquel le souverain, bien sûr, et le conseiller de gouvernement-ministre des Relations extérieures, Gilles Tonelli.

Pour autant, le gouvernement fait acte de transparence en présentant « régulièrement des points d’avancée des négociations à un groupe restreint d’élus », d’après Jean-Louis Grinda.

« Ce qu’il fait d’une façon remarquable ; nous pouvons faire part de certaines réserves et inquiétudes, et ils peuvent éclairer notre lanterne sur des points qui paraissent obscurs. C’est un élément de pédagogie très important entre le gouvernement, M. Tonelli et les conseillers nationaux. Nous sommes d’ailleurs les seuls parlementaires des trois petits États ainsi tenus au courant des avancées. »

À l’export, Opéra et Ballets de Monte-Carlo payent l’absence d’accord selon Grinda.
À l’export, Opéra et Ballets de Monte-Carlo payent l’absence d’accord selon Grinda. C.D.

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