A Draguignan, des "ateliers du cœur" pour rompre l’isolement

à l’initiative de l’Épicerie et de la Brocante du cœur, Valérie Guyette vient de lancer de nouveaux rendez-vous, ludiques cette fois, destinés aux personnes isolées et fragilisées par la crise.

Carine Bekkache Publié le 28/05/2021 à 19:30, mis à jour le 28/05/2021 à 19:17
En parallèle aux ateliers, Valérie Guyette organise une série de manifestations, dont des foires aux livres. La prochaine se tiendra le 9 juin, devant la Brocante du cœur. (Photos Philippe Arnassan)

Sa générosité est sans limite. Fondatrice de l’Épicerie et de la Brocante du cœur, dans le centre-ville dracénois, Valérie Guyette vient d’accomplir un nouveau geste en direction des personnes précarisées, avec la création des "ateliers du cœur".

Accueillis dans un local, rue Mireur, ces derniers sont déclinables à souhait et destinés à être programmés une à deux fois par semaine.

"Il y aura de la couture, de la peinture, des activités manuelles, du sport, des jeux pour les enfants et beaucoup d’autres thématiques", dévoile la responsable.

Ces rendez-vous, qui répondent aux demandes et envies du moment, ayant pour objectif de "rassembler et créer du lien entre des personnes isolées qui, faute de moyens, n’ont pas accès aux activités de loisirs."

"Du jour au lendemain, certains ont disparu"

Une initiative qui tombe à point nommé, dans le contexte actuel… "Avec la crise, beaucoup de personnes, nouvellement précarisées, ont poussé les portes de l’épicerie et de la brocante, relève Valérie Guyette. Durant les deux premières vagues, nous avons vu arriver pas mal d’étudiants et d’auto-entrepreneurs, qui venaient de quitter leur travail pour se lancer de nouveaux défis professionnels." Et de fait, l’isolement des plus précaires s’est accentué.

 

"Du jour au lendemain, certaines personnes ne sont plus revenues, alors que nous avions l’habitude de les voir depuis le début, regrette Valérie. Nous avons essayé d’appeler, mais les téléphones étaient coupés. Cette situation m’a beaucoup touchée, livre-t-elle, un pincement au cœur. C’est à Noël que m’est venu le déclic.e jour du réveillon, énormément de personnes, seules ou privées de leur famille, m’ont fait part de leur détresse. C’est à ce moment-là que j’ai développé cette idée."

Accessibles aux adhérents de l’épicerie solidaire, les ateliers se mettent en place progressivement.

Prochain rendez-vous fixé le 3 juin

"Il y en a déjà eu deux: un dédié à la couture et un autre consacré à la plantation de graines, avec le concours du lycée agricole des Arcs. Le prochain est fixé au 3 juin et se concrétisera par une balade sur les hauteurs dracénoises. Rendez-vous est donné à 10h à l’épicerie."

À la recherche de bénévoles, Valérie Guyette en appelle aux bonnes âmes "pour animer les ateliers, mais aussi pour œuvrer au sein de la brocante et de l’épicerie".

 

Le message est lancé. Avec le cœur, toujours.

Accessibles aux adhérents de l’épicerie, les "ateliers du cœur" le sont aussi aux non-adhérents, moyennant une faible participation.

En parallèle, Valérie Guyette et son équipe ont mis en place, tous les quinze jours, des foires sur différentes thématiques, tenues devant la brocante du cœur, au 38 boulevard de la Liberté. La prochaine sera une foire aux livres, organisée le 9 juin à partir de 9h30.

"Il y aura également des tirages au sort une fois par mois, toujours devant la brocante (accessible à tous), précise Jouhaïna Hambli, qui permettront au gagnant de remporter un panier mêlant toutes sortes de produits, alimentaires ou non. Se dérouleront aussi des animations, à la même fréquence et au même endroit. La prochaine a lieu aujourd’hui, de 10h à 15h. Pour l’occasion, nous sortons la machine à barbe à papa devant la brocante."

L’adhésion à l’épicerie coûte 10 euros par an. Pour plus de renseignements, concernant notamment les ateliers, contacter le 06.58.53.24.29.

Naviguant entre les étals de l’épicerie, Laure, 43 ans, est une habituée des lieux. Déjà fragilisée financièrement, cette jeune maman célibataire n’a pas été épargnée par la crise.

"Au moment où la Covid est apparue, je venais de décrocher un CDD d’assistante bilingue, avec un contrat à durée indéterminée à la clé. Sauf qu’entre-temps, les écoles ont fermé et n’ayant personne pour garder mon fils, j’ai par conséquent été mise en difficulté dans mon travail. la fin du contrat, je n’ai pas été renouvelée. Avec un bac + 4, cette situation est dure à encaisser", soupire la Muyoise.

 

À l’Épicerie du cœur, Laure a retrouvé ce qu’elle était sur le point de perdre: l’espoir.

"Nous ne sommes pas dans un supermarché où tout est reluisant et impersonnel. L’équipe prend le temps de nous parler, et nous gâte régulièrement avec des petites attentions. Grâce à eux, j’ai pu m’acheter un réfrigérateur digne de ce nom. On trouve ici la plus grande des richesses: la générosité et le partage!"

Maman célibataire, Laure, 43 ans, a été fragilisée par la crise. (Photo Ca. B.).

C’était le projet de sa vie. En janvier 2020, après des années de préparation, Jouhaïna Hambli, 29 ans, quittait son emploi au sein d’une boulangerie de Cagnes-sur-Mer pour lancer sa propre entreprise spécialisée dans l’événementiel. Deux mois plus tard, la jeune femme était contrainte de tout stopper…

"La crise m’a littéralement coupé l’herbe sous le pied", déplore la Fréjusienne, qui a su rebondir en devenant responsable de la Brocante et de l’Épicerie du cœur. "Bénévole par le passé au sein d’une association niçoise, j’ai toujours eu l’envie de m’engager, explique Jouhaïna. Et puis, après cette désillusion professionnelle, j’ai pu trouver auprès de Valérie le soutien et le réconfort dont j’avais besoin, confie-t-elle. Aujourd’hui, j’ai repris confiance, ma société dans l’événementiel a, elle aussi, repris du poil de la bête du côté d’Agay, mais je consacre la majeure partie de mon temps et de mon investissement ici, à Draguignan, pour la Brocante et l’Épicerie du cœur." Le moyen, pour Jouhaïna, de faire perdurer ces valeurs qui lui ont tant apporté…

à 29 ans, Jouhaïna Hambli a vu son projet de vie voler en éclats.

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