“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

9e planète : la traque se resserre

Mis à jour le 27/02/2016 à 05:15 Publié le 27/02/2016 à 05:14
Agnès Fienga est astronome au laboratoire Géoazur de Sophia Antipolis.

Agnès Fienga est astronome au laboratoire Géoazur de Sophia Antipolis. Dominique Agius

Je découvre la nouvelle offre abonnés

9e planète : la traque se resserre

À peine un mois après les révélations de deux chercheurs américains sur la possible existence d'une planète au-delà de Pluton, les travaux d'une astronome azuréenne précisent sa position

Elle serait grosse (1) comme dix fois la Terre, et pourtant, personne ne l'a jamais vue ! Depuis près de dix ans, l'hypothèse de l'existence d'une neuvième planète au sein de notre système, située à 150 milliards de kilomètres du Soleil, au-delà de Pluton, fait son bonhomme de chemin. Notamment grâce aux travaux de l'observatoire de la Côte d'Azur (nos éditions du 22 janvier).

Le 20 janvier dernier un article publié dans l'Astronomical Journal précisait même l'orbite possible de cet astre mystérieux et certaines de ses caractéristiques. À peine un mois plus tard, grâce aux travaux d'une chercheuse azuréenne, menés en collaboration avec l'observatoire de Paris, l'étau se resserre dans cette chasse au trésor interstellaire.

Prédire la position de Saturne à 75 mètres près

Les découvertes de deux chercheurs de l'institut de technologie de Californie, Mike Brown et Konstantin Batygin - qui fit d'ailleurs un passage par l'observatoire de Nice -, publiées en janvier dernier, n'ont guère surpris Agnès Fienga. Cette astronome du laboratoire Géoazur de Sophia Antipolis travaille depuis des années déjà sur la possible existence d'une 9e planète. « C'est d'ailleurs pour cela que nous avons pu réagir aussi vite », confie-t-elle. En début de semaine, Agnès Fienga et Jacques Laskar, directeur de recherche CNRS à l'Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides, ont donc publié à leur tour de nouvelles révélations sur cette hypothétique planète.

Depuis 2003, ils travaillent en effet sur les éphémérides célestes. Leur modèle mathématique, qui se base notamment sur les observations de la sonde Cassini et les données collectées sur plus de 150 000 objets célestes, a démontré sa fiabilité : ces scientifiques sont notamment capables de prédire à tout moment la position de Saturne avec une marge d'erreur de… 75 mètres !

Or, dans ce grand Meccano qu'est l'univers, le déplacement de chaque objet céleste est intimement lié aux autres qui, à cause de la gravitation, agissent sur lui comme des aimants. C'est d'ailleurs l'orbite atypique des astéroïdes de la ceinture de Kuiper, aux confins de notre système solaire, qui a permis à Brown et Batygin d'émettre leurs hypothèses sur l'orbite possible de cette 9e planète.

Si ce n'est que les travaux des deux chercheurs américains n'indiquent pas vers où regarder. « Pour la trouver, les observateurs auraient dû scanner le ciel à 360 degrés, résume Agnès Fienga. Or, rappelle cette scientifique prudente, on ne sera sûr qu'elle existe que lorsqu'on l'aura vue. »

Une campagne d'observation mi-mars ?

Cela aurait pu prendre des années, voire des décennies, cet astre éloigné étant de fait très peu éclairé par le Soleil et se déplaçant sans doute très lentement. Autant chercher une tête d'aiguille dans un ciel étoilé… Si ce n'est que les observateurs des grands télescopes terrestres savent désormais où pointer leur lunette. Plus exactement, ils savent où ne pas la pointer. Les travaux menés au laboratoire Géoazur ont en effet permis de réduire de moitié le champ des possibles.

Pour cela, Agnès Fienga et ses collègues ont introduit les caractéristiques de cette 9e planète telles que récemment définies par Brown et Batygin dans leur modèle mathématique. « Nous l'avons ensuite recalibré, poursuit l'astronome azuréenne, et nous avons testé différentes orbites. » Certaines positions du nouvel astre dégradaient les prédictions de leur éphéméride. Du coup, les chercheurs en ont déduit qu'il ne pouvait être là. « En revanche certaines positions améliorent le modèle », souligne Agnès Fienga. Notamment un arc d'une vingtaine de degrés. L'idée est bien sûr de scruter en priorité cette zone de l'univers. Ce qui pourrait être fait à partir du 16 mars.

« Nous avons demandé auprès du CFH (observatoire franco-canadien d'Hawaï) à pouvoir bénéficier de temps d'observation », révèle la scientifique azuréenne, qui continue à travailler d'arrache-pied pour pouvoir, d'ici là, indiquer une direction plus précise encore au supertélescope d'Hawaï qui, dans l'œil de sa « mégacam », accrochera peut-être la neuvième planète de notre système solaire.

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.