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70 emplois menacés par la fermeture de l'entreprise Atos, tensions entre la direction et les employés

Les 52 salariés ont manifesté ce vendredi devant l'entrée de l'entreprise dans le parc d'activités de Carros. L'arrêt de l'activité aura aussi un impact sur une quinzaine d'emplois dans des entreprises sous-traitantes.

Laurent Quilici Publié le 25/11/2018 à 21:28, mis à jour le 25/11/2018 à 21:39
Les salariés d'Atos ont débrayé, ce vendredi matin, avant d'aller tous rencontrer le PDG de leur groupe lors d'une réunion Photo DR

"Atos-Carros est viable et doit continuer."

C'est ce qu'affirmait une banderole, ce vendredi matin, à l'entrée de cette société de la zone d'activités de Carros devant laquelle tout le personnel a manifesté. Avant d'en parler avec le PDG.

Spécialisé dans la conception, le développement et la fabrication d'équipements d'habillage pour l'industrie électronique, Atos devrait fermer au printemps. La nouvelle a été annoncée en comité central d'entreprise.

Cet établissement industriel appartient à l'entreprise Atos qui a été rachetée en 2014 par le groupe Fideve.

 

Atos-Carros emploie 52 personnes sans compter les intérimaires. Et sans compter "une quinzaine d'emplois qui en dépendent dans des entreprises sous-traitantes", selon l'intersyndicale FO-UNSA.

"Des postes à l'autre bout de la France"

"La direction du groupe propose de reclasser pratiquement tout le personnel mais à Lisieux et Strasbourg. Comment vont faire les couples et les familles?", s'insurgent les syndicats et les salariés.

"La direction d'Atos et de Fideve nous a parlé de la fermeture début octobre. Les salariés ont pris connaissance du plan de fermeture le 24 octobre dans le compte rendu du comité central d'entreprise. Nous avons fait un premier débrayage le 12 novembre. Nous avons informé par courrier le maire de Carros, le président de la métropole, le président du conseil départemental, l'Union des industries et métiers de la métallurgie Côte d'Azur, le club des entreprises de Carros-Le Broc, ainsi que la Fédération de la métallurgie FO qui s'est rendue sur le site", expliquent-ils.

Ce vendredi matin, les personnels d'Atos-Carros ont de nouveau débrayé, "à partir de 7h30". Dès 9 heures, ils étaient tous en réunion avec Serge Schlienger, PDG du groupe Fideve.

Une réunion "tendue" selon les syndicalistes. Pour le PDG, la cause était entendue: le site ATOS de Carros va fermer.

Le personnel: "C'est viable"

Les syndicats d'Atos-Carros s'étonnent: "En juin, on avait posé la question au comité d'entreprise. On nous avait répondu: ''Non, ce n'est pas d'actualité''. La direction affirme qu'Alstom veut récupérer l'intégration des cartes électroniques. Mais cela n'occupe que trois personnes sur le site de Carros. Et les représentants syndicaux d'Alstom nous ont dit que leur direction voulait continuer avec Atos. Le personnel de Carros a des compétences que celui du site de Normandie n'a pas." 

 

"Il y a deux ans, j'avais alerté la direction d'Atos et du groupe et j'avais démontré qu'il existait des solutions, regrette le directeur de l'établissement Atos de Carros Alexandre Guilhem. J'avais été recruté comme directeur technique et du marketing. J'avais averti qu'Alstom allait baisser ses commandes, alors qu'il représente 40% de notre activité. Je proposais de trouver d'autres clients et, de ne plus travailler à 60% pour le ferroviaire. C'est vrai que le rack mécano-vissé est en fin de vie face au soudé automatisé. Mais il y a encore un marché et de moins en moins de concurrence. J'ai l'impression que le PDG est surtout intéressé par la tôlerie et pas vraiment par le reste."

La direction: "Arrêt au printemps"

Quand le site va-t-il fermer?
"Le bail court jusqu'en octobre 2019. Mais nous allons fermer avant, au printemps. La date exacte dépendra des démarches et délais obligatoires pour cela", répond le PDG du groupe Fideve, Serge Schlienger.

Pourquoi fermer?
"Ce n'est pas de gaieté de cœur. Je suis un industriel, pas un financier qui veut toujours plus de profit. Si je ne l'avais pas racheté en 2014, Atos aurait été liquidé. Si je l'ai racheté, c'est pour le développer, pas pour le fermer. Mais nous n'avons pas le choix. Depuis 2017, le site perd de l'argent. Et il va en perdre de plus en plus à cause de la baisse d'activité dans le domaine des racks pour les armoires électriques et électroniques. Nos clients veulent les acheter 20 à 40% moins cher et nous ne pouvons pas suivre. Nous avons redressé l'autre site, en Normandie, qui est à nouveau bénéficiaire, mais on ne peut pas mettre en danger le groupe."

Pourquoi avoir arrêté la tôlerie à Carros?
"L'outil de production était dépassé. Mais un outil moderne n'aurait pas eu assez à produire pour être rentabilisé et ce n'était pas vraiment le métier de Carros."

Ne pouvez-vous pas lancer de nouvelles activités dans le cadre de l'Eco-Vallée et du projet gouvernemental "Territoire d'entreprise"?
"Redresser, je sais faire. Mais lancer de nouvelles activités, non. Et nous n'avons pas les moyens de le faire."

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