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5 questions pour tout comprendre à la gestion de la crise du coronavirus à Monaco

Mis à jour le 30/03/2020 à 12:09 Publié le 30/03/2020 à 11:59
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5 questions pour tout comprendre à la gestion de la crise du coronavirus à Monaco

Pic épidémique à venir, suivi médical des patients positifs, préemption et utilisation de l’hydroxychloroquine, dépistage… On vous donne toute les réponses à vos interrogations.

À la télé ou à la radio, comme sur la Toile, le sujet du Covid-19 est omniprésent, inonde l’espace médiatique. Quitte, sans doute, à perdre le consommateur d’actualité dans un flot continu d’informations, parfois pollué par des fake news (1) relayées, volontairement ou naïvement, sur les réseaux sociaux. La Principauté ne déroge pas à ces pratiques malveillantes en ligne. Et les questions pullulent sur la gestion de la crise sanitaire. On vous éclaire.

Un pic épidémique est-il prévu à Monaco ?

Oui. Pour l’heure, les Alpes-Maritimes et Monaco sont relativement préservés si l’on compare la situation inquiétante en Île-de-France et dans le Grand-Est. Ces derniers jours, selon le décompte gouvernemental, les patients déclarés positifs à Monaco ont toutefois considérablement augmenté. 28 cas supplémentaires entre le 21 et le 29 mars - contre 18 les trois semaines précédentes. Et la vague approche, selon les experts. "Les études annoncent un orage épidémique, concernant la région Paca, dès ce week-end avec un pic entre le 1er le 15 avril", déclarait, vendredi, le Dr Christophe Perrin, chef du service de pneumologie au centre hospitalier Princesse-Grace (CHPG) de Monaco.

Quel est le suivi de la maladie au CHPG ?

Lorsqu’un patient y est admis avec une suspicion de Covid-19 due à une gêne respiratoire, celui-ci est d’abord cantonné aux urgences Covid-19. Une unité dissociée des urgences traditionnelles pour éviter une contamination des autres patients. "Il est complètement ‘‘bilanté’’, vu cliniquement, et biologiquement documenté. Il bénéficie d’un scanner thoracique, celui-ci finit par avoir une place importante dans le diagnostic de cette infection, associé au diagnostic microbiologique [le prélèvement]", détaille le Dr Perrin.

En cas de positivité, le patient est hospitalisé dans les murs du service pneumologie, lequel s’est transformé en unité Covid-19, où une équipe pluridisciplinaire officie : cardiologues, pneumologues, infectiologues, urgentistes, internistes… Quelle est ensuite la prise en charge ? "Le danger vient de l’insuffisance respiratoire. C’est ça qui peut menacer le pronostic vital. On surveille donc de façon attentive le niveau respiratoire. D’emblée, on propose de l’oxygène dès que c’est nécessaire. Ensuite, le traitement est largement symptomatique, à côté des soins nécessaires en fonction de leur situation et de leur état clinique. C’est au cas par cas et de façon collégiale qu’est décidé de proposer et de recourir à un traitement thérapeutique type hydroxychloroquine." Seuls les cas sévères se voient administrer la molécule. Environ 50 lits d’hospitalisation sont prêts à recevoir des patients et 26 lits de réanimation sont armés.

Pourquoi ne pas prescrire l’hydroxychloroquine à tous les patients positifs au Covid-19 ?

Réponse assumée du Dr Perrin : "Les travaux du Pr Raoult sont certes intéressants, donnent une orientation thérapeutique mais ne démontrent pas l’efficacité de ce produit. En médecine, on évalue toujours les choses en balance bénéfice-risque. Pour un patient peu symptomatique, avec de la fièvre, de la toux mais sans gêne respiratoire, recevoir ce médicament ne permettra pas de dire si son évolution sera bonne ou mauvaise car dans 99 % des cas, la maladie évoluera spontanément. Il aurait plus de risques d’avoir des effets indésirables que des bénéfices."

Pourquoi les stocks d’hydroxychloroquine ont-ils été préemptés par l’État ? Pourquoi une seule pharmacie en vend-elle ?

Première raison : pour que le CHPG ne connaisse pas de pénurie en ces temps de crise sanitaire. Deuxième argument invoqué par le gouvernement : éviter une ruée de la population sur les officines monégasques et une automédication qui pourrait s’avérer dangereuse avec des conséquences cardiaques ou rénales. "On a vu des patients qui ont obtenu ce médicament par Internet, sans prescription et de façon sauvage, et qui l’ont utilisé de façon désordonnée et de manière inappropriée, argumente le Pr Yann-Erick Claessens, chef de service des urgences au CHPG. Et cela se fait au détriment des patients qui en ont vraiment besoin." Comme ceux souffrant de polyarthrite rhumatoïde. Lesquels peuvent, avec présentation d’une ordonnance, s’en procurer dans une seule officine en Principauté, située dans le quartier de la Condamine.

Présentant des symptômes du Covid-19, mais pas officiellement testé, combien de temps dois-je être confiné ?

Les prélèvements pour déceler, ou non, la présence du virus n’étant pas systématiques (lire ci-dessous), la question a tout son sens. "On considère qu’il faut un minimum de quatorze jours, amorce le Dr Christophe Perrin. Une personne peut reprendre une activité normale après trois jours sans aucun symptôme. C’est quelque chose qui peut rester relativement grossier mais qui fonctionne et qui fait sens par rapport à une réalité médicale."

En Principauté, "10 à 40 prélèvements", décidés par le corps médical du CHPG, sont effectués chaque jour pour tenter de déceler le virus, comme l’a rapporté Didier Gamerdinger, conseiller de gouvernement-ministre des Affaires sociales et de la Santé, sur l’antenne de Monaco Info. Pourquoi le dépistage n’est-il pas systématique ? Bon nombre de personnes, présentant de faibles symptômes et s’étant vus refuser ces tests, se posent cette question.

"Une fois effectué, le prélèvement est adressé à un laboratoire spécialisé en France [Nice, Marseille ou Paris]. Pour pouvoir faire ce test, il faut mettre le prélèvement en culture, c’est-à-dire amplifier le virus. C’est dangereux et cela est réalisé par des intervenants portant des scaphandres. Cela prend quatre heures." Sans compter le temps de transport. "Il est donc relativement limité dans ses spécificités." C’est pourquoi une priorité est donnée à certains patients. "On ne teste que les gens pour lesquels la connaissance de l’infection est importante. Il y a les patients hospitalisés, à hospitaliser, ou présentant des comorbidités sévères et qui vont donc devoir faire l’objet d’un suivi médical très rapproché. La deuxième catégorie, ce sont les personnes essentielles dans la gestion de cette crise que sont les professionnels de santé, la police et les pompiers", confie Benoîte de Sevelinges, directrice du CHPG.

La généralisation des tests pourrait se faire en Principauté avec l’obtention prochaine d’automates, de réactifs - isolant le Covid-19 - et de petites machines italiennes permettant d’analyser directement au CHPG. Avec une fiabilité identique au test manuel. Le gouvernement est en attente de l’homologation de ces procédés français et italiens. Toutefois, il n’est pas envisagé un dépistage de la totalité de la population résidente à Monaco.


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