Rubriques




Se connecter à

4 innovations au service d’un Monaco intelligent

Avec son programme Extended Monaco, la Principauté affiche une ambition très claire : développer un numérique responsable et protecteur au service de l’humain. Pour cela, elle a fait de son territoire un lieu où les innovations se développent et se financent. Focus sur quatre solutions qui rendent le pays plus smart.

Textes : Marie Cardona et Cédric Vérany Publié le 27/04/2022 à 14:30, mis à jour le 27/04/2022 à 14:48
Avec une volonté affichée de s’inscrire pleinement dans la transition numérique, la Principauté est devenue un véritable laboratoire pour les entreprises porteuses d’innovations. Jean-François Ottonello
Julien Piacentino, lors de la présentation du module Covid-19 d’Onhys à Dubaï. DITN.

Simuler et gérer les comportements piétons

Imaginez : une forme d’intelligence artificielle intégrée dans un logiciel permettant de simuler les comportements des piétons dans des espaces urbains et leurs infrastructures.

C’est exactement ce que propose la société Onhys, basée à Sophia-Antipolis, pour la Principauté.
« Monaco est notre premier client historique qui nous a permis de développer beaucoup de fonctionnalités », confie Julien Piacentino, responsable commercial et marketing chez Onhys.

Un afflux d’usagers dans les allées de la gare SNCF à la sortie d’un TER à l’heure de pointe, une évacuation d’urgence à Carrefour Fontvieille en cas d’incident, les conséquences d’un ascenseur en panne ou d’un chantier sur les flux piétons… Grâce à des données anonymisées, chaque individu est simulé individuellement dans un espace donné. « On peut anticiper tous les types de scènes, selon différents scénarios, afin de représenter précisément les interactions des usagers avec leur environnement. Cela permet deux choses : à la fois travailler sur le futur, pour la planification urbaine, mais aussi sur l’existant pour améliorer les procédures en cours. »

Dans le cadre du déplacement à Dubaï avec la DITN, Onhys a présenté sa dernière innovation : un module Covid-19 permettant d’analyser la propagation du virus dans un lieu donné (intérieur ou extérieur) et les conditions optimales pour garantir la sécurité sanitaire des usagers.

 

Monaco a bénéficié de la première utilisation industrielle de cette nouveauté à l’occasion de la reprise de la relève de la Garde en public sur la place du Palais, au sortir du confinement de mai 2020. « Nous avons représenté divers scénarios en simulant l’arrivée, la stagnation et le départ des spectateurs. Nous avons étudié plus de 40 scénarios différents, avec plusieurs jauges de public. » Ainsi que le ratio de personnes portant ou non le masque. Le but ? Fournir des données fiables permettant au gouvernement d’adapter ses mesures sanitaires pour que ce rendez-vous puisse se tenir à nouveau dans les conditions les plus sûres. Parce que « gérer c’est prévoir ».

Des capteurs pour diminuer
les nuisances
du quotidien

Jean-Baptiste Poljak, fondateur d’Upciti. DITN.

Livrici, vous connaissez ? C’est la dernière innovation développée par la société Upciti grâce à son maillage de capteurs d’images et de son en temps réel installés à Monaco.

Lancée la semaine dernière, et présentée au Pavillon Monaco dans le cadre de l’exposition universelle de Dubaï, cette plateforme est dédiée aux livreurs de La Poste, Monaco Logistique et le Service des seniors et de l’Action sociale de la mairie de Monaco. Elle a pour objectif de faciliter la logistique urbaine et la distribution de marchandises dans le pays.

« La plateforme indique en temps réel la disponibilité de ces places aux livreurs ainsi que la taille de la place. Et ce, dans une optique de fluidification du trafic en évitant aux livreurs de stationner en double file ou de s’engager dans des rues où aucun stationnement n’est disponible », explique Jean-Baptiste Poljak fondateur d’Upciti.

 

Comment ça fonctionne ? Il suffit de se rendre sur le site livrici.gouv.mc - optimisé pour une utilisation sur mobile - pour connaître la localisation et la disponibilité de ces zones de stationnement. Ainsi que l’itinéraire pour s’y rendre.

Le dispositif cible, pour l’heure, neuf secteurs stratégiques de la Principauté et devrait être étendu à d’autres quartiers d’ici la fin de l’année 2022, a annoncé le gouvernement. Pour cela, Upciti va élargir son maillage du territoire. « Nous avons 23 capteurs à ce jour. À terme, nous allons installer 60 capteurs pour équiper d’autres aires de livraison », détaille Jean-Baptiste Poljak, soulignant qu’aucune donnée personnelle ne peut être traitée avec ce dispositif. « Ce sont des données anonymes, par essence. »

Le fondateur d’Upciti ne cache pas son ambition « d’aller plus loin » et de démocratiser cette plateforme novatrice. Pour cela, il a déjà une piste : « Intégrer les données de nos capteurs dans l’application Monapass afin de permettre à tout automobiliste qui cherche une place de bénéficier de cette plateforme. On devrait tester cela prochainement », espère-t-il.

D’autres usages sont déjà faits des données récoltées par Upciti : connaissance du trafic routier et piéton en temps réel, gestion des feux de signalisation, mesure du niveau sonore des chantiers…

Monapass
le couteau suisse
de la mobilité

Frédéric Laithier à Dubaï. DITN.

Cette innovation-là est sûrement la plus concrète dans la vie des utilisateurs puisqu’elle tient dans leur poche. Dans leur smartphone, plus exactement, puisqu’il s’agit de l’application Monapass. S’il est encore nécessaire de la présenter, il s’agit d’une appli pour smartphone tout-en-un permettant aux usagers de transports monégasques de centraliser leurs pass mobilité en un seul et même endroit. Objectif : « Simplifier le parcours utilisateur et faciliter l’accès à l’offre mobilité du territoire », souligne Frédéric Laithier, MaaS (Mobility As A Service) product manager chez Flowbird.

C’est à cette société française, spécialisée dans les solutions facilitant les déplacements, qu’a été confié le développement de cette application dans le cadre du programme d’Extended Monaco.
Prix de la mobilité numériqueDéployée en mai 2021, l’application recense aujourd’hui plus de 8 000 utilisateurs qui peuvent « acheter un titre de bus CAM, déverrouiller un vélo Monabike ou bien encore payer leur stationnement en voirie ». « Elle fournit également des informations en temps réel pour chacun des services comme la disponibilité des vélos par station, l’heure de passage des bus pour chaque arrêt… »

 

Dernièrement, Flowbird a également déployé sa solution d’ “open payment” permettant aux usagers de la CAM (Compagnie d’Autobus de Monaco) de payer leur ticket par carte bancaire sans contact à bord des véhicules. « Le but est de donner la possibilité à quiconque de monter à bord d’un bus », rappelle Jean-Charles Caulier, directeur d’activité transport chez Flowbird.

Cette plateforme, qui a obtenu le prix de la « mobilité numérique » par le magazine Ville rail et transports, a vocation à évoluer encore en intégrant de nouveaux services de billetterie tels que le cinéma, le Musée océanographique, le bus touristique ou encore l’AS Monaco. « Ces évolutions sont prévues au cours de cette année », précise Frédéric Laithier. Ce qui fera de l’application Monapass une des offres MaaS les plus abouties au service des résidents monégasques, des pendulaires et des touristes.

Un « Airbnb »
de l’affichage numérique

Glooh met à l’écran les commerçants locaux. DITN.

Proposer aux entreprises de créer une campagne de pub digitale hyper locale dans la rue aussi simplement qu’un post sur les réseaux sociaux ? Voilà ce que propose la société belge Glooh. Comment ? En permettant aux commerçants et autres professionnels locaux de digitaliser leur communication via des courts formats vidéo diffusés sur les écrans connectés des abribus (déployés par Clear Channel) de la Principauté.

« Après la télévision, l’ordinateur et le smartphone, le dernier écran à conquérir était celui de la rue », explique Dimitri Themelis, fondateur de Glooh.


Rendre les panneaux d’affichage accessibles aux PME Partant du constat que ce type de communication était encore souvent réservé qu’aux gros annonceurs à gros budget, le Liégeois a voulu « rendre cet affichage accessible aux PME qui souffrent de la compétition du commerce en ligne et de la crise » en leur permettant de s’offrir une communication digitale digne d’une agence mais sans craquer leur budget.

Pour cela, Glooh mise sur l’autonomie des annonceurs. Sur sa plateforme, la société permet à ses utilisateurs d’importer leurs visuels ou de choisir parmi une bibliothèque de gabarits afin de créer leur propre clip de quelques secondes. Ils peuvent ensuite choisir, sur une carte, les écrans sur lesquels ils souhaitent diffuser leur publicité ainsi que le(s) jour(s) et heure(s) de diffusion. « On nous dit souvent qu’on est un peu le “Airbnb de l’affichage numérique”. »

 

Il ne reste plus qu’à payer la prestation (entre une centaine et quelques milliers d’euros selon les conditions choisies). Glooh permet aussi aux services de l’État de diffuser leur contenu institutionnel à destination des résidents.

Francis Tuffy de la société Reconnaissance, a remis le trophée au délégué interministériel pour la Transition numérique, Frédéric Genta. DR.

Objectif 2024 : une identité numérique pour tous

C’est la volonté affichée alors que les équipes du gouvernement ont obtenu un prix récompensant le travail mis en place pour les nouvelles cartes d’identité et cartes de résidents.

Le nom peut paraître abscons : le High Security Printing Award, désigne un prix - imaginé par la société Reconnaissance avec des spécialistes du domaine - qui salue la performance dans la conception de documents d’identité et documents de voyage. Cette année, la délégation interministérielle chargée de la Transition numérique en est la récipiendaire pour son travail sur l’identité numérique nationale et particulièrement pour les documents d’identité.

Amorcé le 28 juin dernier, le déploiement de l’identité monégasque numérique est passé par une nouvelle carte nationale d’identité et une nouvelle carte de résidents. Deux documents qui offrent un panel plus large pour pouvoir entamer des démarches administratives en ligne par exemple. « Avoir réussi à se mettre en dix-huit mois aux plus hauts standards mondiaux sur des sujets régaliens montre la force d’un pays », résume Frédéric Genta, délégué interministériel pour la Transition numérique qui prône une administration « à portée de doigt » pour les usagers et entend faire de Monaco « le Singapour de l’Europe. »

"Aux plus hauts standards mondiaux"

Dans les faits, pour l’heure, 6 000 résidents ont activé leur identité numérique via leur carte de séjour. Et les cartes d’identité nouvelle génération sont distribuées aux nationaux progressivement. « L’objectif pour 2024 c’est de s’assurer que 100 % de la population vivant sur le territoire monégasque dispose de sa propre identité numérique et puisse ainsi en tirer au mieux parti de la transformation numérique dans laquelle Monaco s’est résolument inscrite », espère Christophe Prat, directeur général du département de l’Intérieur, montrant sa satisfaction de voir s’installer un « projet structurant, moderne et d’envergure dans des délais particulièrement contraints ». Le vote de la loi permettant les démarches pour l’identité numérique ne remontant qu’au 17 décembre 2019.

Offre numérique MM+

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.