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17 salariés d'un restaurant du port Hercule brutalement licenciés en plein été

Mis à jour le 08/08/2017 à 10:41 Publié le 08/08/2017 à 10:39
Le restaurant Lété, sur la darse sud du port Hercule.

Le restaurant Lété, sur la darse sud du port Hercule. Photo Michael Alési

17 salariés d'un restaurant du port Hercule brutalement licenciés en plein été

Pas de préavis ! Le 20 juillet, le personnel quittait son lieu de travail pour ne plus revenir. Les employeurs considèrent qu'il est impossible de faire face à une trop grosse masse salariale.

Un restaurant qui ferme en plein cœur de la saison estivale sur le port de Monaco, voici qui est peu banal… Lété - ironie du sort mais pourtant bien le nom de l'établissement - ne sert plus de couverts sur la darse sud du port Hercule depuis le 21 juillet.

Stéphanie, chef de rang depuis un an, et déléguée du personnel, explique: "Le jeudi 20 juillet, on nous a soudainement remis une lettre nous dispensant dès le soir même d'effectuer un préavis."

 Le plan social a été lancé sans alerte ni concertation selon les trois délégués réunis, ce lundi matin, dans les locaux de l'Union des Syndicats de Monaco (USM).

"Du jamais vu!"

Là, Olivier Cardot, secrétaire général adjoint de l'USM, qui a l'habitude d'accompagner les salariés dans le cadre de nombreuses vagues de licenciements, se dit scandalisé par la situation. "Tous les plans sociaux depuis 2007 ont été négociés avec des indemnités supra légales."

 Un cadeau? Pas franchement quand on sait que les indemnités de licenciement sont fixées, dans la loi, à un cinquième de mois de salaire par année d'entreprise… "Mais là, c'est du jamais vu! L'employeur a demandé aux salariés de quitter l'entreprise le 20 juillet au soir assurant qu'il paierait le préavis - ce qui reste à démontrer puisque les salaires du mois dernier n'ont toujours pas été versés… On leur a mis un plan social sous le nez le 26 juillet. Ils ont tenté une négociation. En vain. Rien de rien. Niet! Dix-sept familles sont touchées. De nombreux enfants, des personnes handicapées. Ce n'est pas humain."

Aux arguments de Christophe Glasser, Roman Martsinkevich oppose les difficultés économiques. Lui, Russe résident monégasque, gérant depuis le 22 avril de la SARL Epatage qui chapeaute le restaurant et la boîte de nuit Le Monark, explique: "On n'est pas arrivé aux résultats escomptés. Monaco c'est particulier. On a essayé durant un an. La boîte de nuit fonctionne bien."

 La discothèque, elle, a démarré le 9 juin. Alors certes, on ne peut pas franchement dire que la direction a beaucoup de recul, mais la saison est bonne pour Roman Martsinkevich. "En juillet, le club a fait un chiffre d'affaires de 160.000 euros tandis que le restaurant ne totalise que 22.000 euros. La masse salariale est bien trop importante pour Lété."

Le gérant explique que, pour tenter de motiver davantage son équipe, il a proposé une rémunération distinguant un salaire fixe et un pourcentage à partir de mars. Les salariés insistent également sur cette modification du contrat.

C'est là, semble-t-il, que le bât blesse. Car là serait le début d'un bras de fer qui a opposé les deux parties… Les délégués du personnel montrent le contrat signé avec Epatage. Un contrat sur lequel ils étaient plutôt réticents initialement, selon leurs dires, préférant - et c'est la tendance actuelle - un salaire fixe qu'une rémunération variable.

Mais les contrats ont été signés et les salaires ont suivi. Et même bien suivi…

"ça ne peut plus durer"

"Une seule équipe a fait le travail jusqu'en juin, explique Roman Martsinkevich. Puis avec l'ouverture du Monark, nous avons embauché une nouvelle équipe. Or, les salariés du restaurant ont réclamé un pourcentage incluant le chiffre d'affaires de la boîte. En juin, c'est ma faute, je leur ai payé les primes qui intégraient le chiffre d'affaires de la boîte de nuit. ça ne peut plus durer. Alors oui, je licencie 17 personnes."

L'employeur aurait donc fait une "faute" (son bras droit, Karel Nespor, directeur des opérations, parle d'"erreur") en versant trop d'euros à ses salariés en juin… Ce qui justifierait, selon lui, et en plus du fait que l'entreprise se porte mal, qu'il ne compte pas verser un centime d'indemnités supra légales à ses salariés licenciés le 4 août.

De son côté, Massimiliano, délégué du personnel, explique: "Le vrai motif de licenciement c'est qu'ils ont été pris à leur propre piège. Ils nous ont forcés à signer un contrat qui, en réalité, s'avère plus avantageux pour nous que pour eux! Ce contrat est conclu avec Epatage, pas avec une des activités de l'entreprise."

 Olivier Cardot de l'USM souligne, quant à lui, que Lété et Le Monark ont le même RCI, preuve qu'il s'agit bel et bien d'une seule société. Cet aspect essentiel n'est pas le seul sur lequel les points de vue divergent entre les deux parties.

Rendez-vous jeudi

Prochaine étape après-demain jeudi. Les délégués du personnel seront reçus un par un à l'inspection du Travail dès 9 heures. Ils seront accompagnés de leurs collègues de Lété et de l'Union des Syndicats de Monaco.

En attendant une issue acceptable pour tous, la principauté pâtit également de cette situation car une partie des locaux de la Darse sud, propriété domaniale, a bien du mal à asseoir des activités économiques stables.

Quel lien avec le Miramar?

Les salariés ont espéré jusqu’au dernier jour qu’une solution soit trouvée. Stéphanie, chef de rang, explique: "Nous voulions conserver notre emploi; soit sur place, soit au Miramar où le toit-terrasse maintenant appelé le Roof est loué depuis un mois par Epatage. Ils font des sushis dans la cuisine de Lété qu’ils proposent aux clients du Miramar. Moi, j’ai travaillé trois ans au Maya Bay. Alors, les sushis, je connais."

Mais Karel Nespor souligne, de son côté, que l’Epatage "n’est pas ni propriétaire ni locataire du Miramar. Nous sommes juste prestataires de service et proposons une activité de traiteur pour des sushis. C’est pour cela que deux cuisiniers sont restés ici. Nous livrons seulement le Roof. En septembre, nous comptons également nous spécialiser dans le casher. Mais le restaurant, c’est terminé."

Le directeur des opérations souligne également qu’il a tenté de trouver des solutions d’emplois pour ses salariés. "Nous leur avons proposé de travailler en boîte de nuit. Ils ont refusé. Je leur ai proposé un travail à Menton etàNice. J’ai des relations. Ils ont refusé toutes formes de propositions."


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