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‘‘Charlot’’, ce héros !

Mis à jour le 09/09/2019 à 10:37 Publié le 09/09/2019 à 10:37
Après 53 tours en apnée, Jean Alesi brandit le drapeau à damier devant la Ferrari n°16. Charles Leclerc exulte. Toute l’Italie aussi...

Après 53 tours en apnée, Jean Alesi brandit le drapeau à damier devant la Ferrari n°16. Charles Leclerc exulte. Toute l’Italie aussi... Georges Decoster et EPA/MAXPPP

‘‘Charlot’’, ce héros !

Une « libération » pour lui et pour les tifosi : Charles Leclerc a résisté hier à toutes les pressions pour offrir à Ferrari un retentissant triomphe à domicile

En Italie, on le surnomme désormais « Carletto » (le petit Charles). À Monaco, pour sa famille, ses proches, ses potes, c’est « Charlot » depuis toujours !

Le « Chant des Italiens » n’avait plus retenti à Monza depuis la victoire de Fernando Alonso en 2010. C’est finalement un jeune homme de bientôt 22 ans - plutôt que son quadruple champion du monde d’équipier, Sebastian Vettel, pourtant arrivé en homme providentiel à Maranello en 2015 - qui offre aux rouges leur hymne victorieux.

« Cela dépasse tous mes rêves d’enfant, de voir ces gens acclamer et chanter », a confié Charles Leclerc une fois descendu du podium suspendu au-dessus des fans. « Ce week-end, c’était la première fois de ma carrière que tout ce à quoi je pouvais penser était de gagner. C’est parce que nous étions tellement soutenus. »

Cette victoire, raconte le Monégasque, fut encore « plus dure » à conquérir que sa première en F1, la semaine dernière en Belgique, dans des circonstances dramatiques, après le décès en course la veille de son ami le pilote français de Formule 2 Anthoine Hubert.

« ça m’a semblé durer beaucoup plus que 53 tours ! C’est parce que, derrière moi, on me mettait constamment la pression », a-t-il encore expliqué à propos des Mercedes de Valtteri Bottas et Lewis Hamilton, qui l’accompagnent sur le podium.

Contraste saisissant avec Vettel

Le pilote Ferrari, qui s’est élancé en pole position, a d’abord dû contenir les assauts d’Hamilton, avec qui il partageait la première ligne. Puis c’est Bottas qui s’y est collé, le quintuple champion du monde ayant commis une erreur qui a permis à son équipier de le dépasser.

Pour garder sa position, Leclerc a souvent flirté avec la limite. Lors de cette défense musclée sur le Britannique au 23e tour, qui a conduit les commissaires de course à lui présenter un drapeau noir et blanc, équivalent à un carton jaune, ou quand il a bloqué ses roues au 36e tour.

Être plus agressif sans commettre d’erreur irréparable, c’est le métier qui rentre.

Dans un contraste saisissant, Vettel, lui, n’est que 13e alors qu’il était 4e sur la grille. L’Allemand est parti en tête-à-queue au 6e tour et, comme si une erreur ne suffisait pas dans son CV déjà chargé ces deux dernières années, il a harponné le Canadien Lance Stroll (Racing Point) en reprenant la piste.

Depuis que Leclerc a rejoint la Scuderia en début de saison, après son année de « rookie » chez Alfa Romeo-Sauber, on sent entre les deux équipiers le pouvoir changer de main. L’enfant terrible de la Principauté domine désormais l’Allemand deux victoires à zéro - dont la plus importante de toutes en Italie - et quatre pole positions à une. Il lui chipe aussi désormais la 4e place au classement des pilotes.

Et la Gazzetta dello Sport de résumer, en Une de son site web, le sentiment général : « Là-haut, sur le podium de Monza, au-dessus de la marée rouge, il y a un garçon de 21 ans qui en à peine plus de six mois a tout conquis : la Scuderia, l’amour du peuple Ferrari et sans doute l’avenir. »


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