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Vélo et transition écologique, les priorités de l'association phare de la défense de l’environnement à Menton

Mis à jour le 07/09/2020 à 10:22 Publié le 07/09/2020 à 10:45
Quelques-uns des participants à la journée portes ouvertes.

Quelques-uns des participants à la journée portes ouvertes. Photo JFO et archives Aspona

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Vélo et transition écologique, les priorités de l'association phare de la défense de l’environnement à Menton

L’association de défense de l’environnement Aspona organisait samedi une journée portes ouvertes à Menton pour reprendre le contact avec ses adhérents et sympathisants. Retour sur un débat informel

Faute d’avoir pu tenir un stand au Forum des associations – annulé cette année – l’Aspona (Association pour la sauvegarde de la nature et des sites de Roquebrune-Cap-Martin, Menton et environs) organisait samedi des portes ouvertes à l’Orangeraie.

L’occasion pour les adhérents et leurs alliés d’échanger sur deux thèmes remis au goût du jour par la crise de la Covid: la place du vélo en ville, ainsi que les moyens de faire entrer Menton et la Riviera française en transition (écologique).

Tout au long de la matinée, les participants ont ainsi débattu de manière collégiale pour poser les jalons des futurs combats de l’association. Avec un atout de leur côté : à toutes les échelles, l’heure est désormais à la pensée verte.

Pourquoi il faut des pistes cyclables à Menton

Dans le Plan de relance fraîchement annoncé par le gouvernement, un gros volet concerne les mobilités douces. 1,2 million d’euros seront ainsi consacrés au vélo et aux transports collectifs. "Assurer à nos concitoyens de pouvoir se déplacer facilement et en sécurité par des modes respectueux de l’environnement présente un enjeu majeur pour le pays. La crise récente a permis de confirmer tout le potentiel du vélo pour la mobilité du quotidien, qui doit désormais être pérennisé via la réalisation d’aménagements définitifs", explique-t-on dans la fiche de présentation du Plan.

Parmi les trois axes envisagés côté transports doux, le premier vise "une accélération sans précédent de travaux d’aménagement de réseaux cyclables, en multipliant les moyens au moins par deux". D’après l’État, la disponibilité d’un réseau cyclable "suffisamment dense" est une condition primordiale au développement de la bicyclette. De même, des places de stationnement sécurisé des vélos à proximité des pôles d’échanges doivent être développées, suggère-t-on.

Si l’Aspona milite depuis des années pour une meilleure intégration du vélo en milieu urbain, ces mesures l’incitent à pousser à la roue. Aperçu de la discussion engagée samedi.

Les adhérents croient bon distinguer deux grandes catégories : les déplacements personnels (domicile, scolaire, vélobus, personnes âgées boudant les bus bondés) qui supposent une complémentarité avec les autres modes de transport, et ceux relevant du loisir. Du vélo plaisir, en somme, permettant de profiter du cadre de vie.

Quels sont les bénéfices du vélo ? Diminuer la circulation motorisée intra muros, limiter les émissions de CO2 et les particules fines, contribuer à la valorisation touristique, ou encore réduire le bruit (notamment en bord de mer).

"Dans nos propositions, nous devons faire preuve d’imagination et d’adaptation à la situation locale", souligne Norbert Veran, vice-président de l’Aspona. Insistant sur l’importance de mener une concertation avec les habitants et acteurs du territoire, en vue de monter un plan vélo "digne de ce nom". La nécessité, aussi, de bénéficier d’une réelle volonté politique.

Les suggestions faites? Instaurer la gratuité des parkings pour les automobilistes disposant de vélos, concilier vélo et voiture, avoir une vision spatiale (et élargir la zone d’action à Monaco et Vintimille), commencer par une piste cyclable en bord de mer, "puisque le maire le propose et qu’il s’agit d’une demande départementale". L’institution souhaite en effet que soit créée une grande piste entre Théoule et Menton.

"Nous avons besoin de pédagogie, c’est le seul moyen d’être entendus. Les jeunes couples avec enfants, les personnes âgées ou les travailleurs sont nombreux à être intéressés par le vélo. Cela va dans le sens de l’histoire. Il y a urgence", concluent les participants à cette réflexion collégiale.

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Illustration Photo JFO et archives Aspona
Vers quelle transition écologique ?

L’entrée du territoire dans la transition écologique passera vraisemblablement par de petites choses, selon l’Aspona. De petits changements de comportement. Dans la salle, Elisa Deville insiste sur le problème de la gestion des déchets.

"Cela passe par la réduction des besoins. Il faut renouer avec la philosophie des années 50-60, sans pour autant revenir en arrière. Une grande part de la transition peut être faite par les gens. On nous dit souvent que c’est le combat de David contre Goliath, mais dans l’histoire c’est David qui l’emporte", analyse la jeune femme.

En matière de réduction des déchets, Marjorie Jouen, secrétaire générale de l’Aspona, note un problème: les produits vendus en vrac sont souvent contaminés par la vermine. Norbert Veran pointe du doigt un enseignement de la crise: cette année, le jour du dépassement (jour où la Terre a consommé plus de ressources naturelles qu’elle ne peut en renouveler en un an) a été fixé le 22 août.

Soit trois semaines de plus par rapport à 2019, en raison du ralentissement économique. Rappelons néanmoins qu’en 1970, il s’agissait du… 19 décembre!

De son côté, Géraldine regrette qu’il n’y ait pas assez de promotion de l’écologie, les films préférant souvent le catastrophisme. "Dans les grandes écoles, il n’y a rien sur l’environnement, même à Sciences Po. Les élèves sont voués à être de futures élites mais on ne leur inculque aucune notion d’écologie…"

Pour Frédérique Lorenzi, des solutions sont à trouver du côté des nouvelles technologies. Et du solaire, ne serait-ce que pour la climatisation. Elle suggère qu’à Menton Saint-Roman, il serait possible de travailler sur la notion de forêt en transformant un terrain du vallon le plus au sud en zone de régénération.

D’après ses sources, une serre devrait par ailleurs voir le jour à Roquebrune, dans l’ancienne base 943. "On pourrait y faire une nurserie pour végétaux locaux."

Illustration
Illustration Photo JFO et archives Aspona
Les autres combats à mener

Digues marines
Dans la baie est de Menton, la réhabilitation des épis et de la butée de pierre sous-marine pour les secteurs les plus endommagés est quasi actée. "L’Aspona ne conteste pas l’utilité de ces opérations de confortement. Elle s’interroge toutefois sur leur pertinence: modifier la pente des plages et rigidifier le trait de côte ne conduira-t-il pas à accroître leur exposition aux déferlements de houle?" réagissent les adhérents. Qui continuent à considérer que dans la baie ouest, les plages ne doivent pas, en revanche, être aménagées. "Elles pourraient être dédiées à la baignade et à un usage dynamique", et conduiraient à une meilleure qualité de l’eau, estime l’Aspona.

Plateau Saint-Michel
Les résultats du questionnaire relatif au plateau et au camping (notre photo), soumis par l’association, sont sans appel : sur les 130 personnes ayant répondu, 88% déplorent une dégradation du plateau, et suggèrent un programme de reboisement, avec quelques équipements légers et des chemins réaménagés.

72% considèrent par ailleurs que les changements ont été négatifs depuis que le camping est passé en délégation de service public - en 2016. Les sondés demandent qu’il soit repris en main par la municipalité pour en faire un espace de grande qualité environnementale. L’Aspona se dit prête à engager un recours dans le cas où la mairie ne dénoncerait pas la DSP.

Pinèdes du cap Martin
Alors que la ville d’Antibes vient de signer un partenariat avec le lycée horticole pour l’aménagement, l’entretien et la renaturation de ses espaces naturels, l’association juge que Roquebrune aurait tout intérêt à contracter un accord similaire pour la gestion de ses pinèdes littorales - "affaiblies" - avec l’aide du Département, gestionnaire du site Natura 2000 "Corniches de la Riviera".


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