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PORTRAIT - Le champion paralympique Ryadh Sallem au soutien de la Licra Monaco

Mis à jour le 03/04/2018 à 18:19 Publié le 03/04/2018 à 09:16
En l’absence du président-fondateur de la Licra Monaco (en 2013), Eric Fissore, Ryadh Sallem a été reçu par le vice-président, Olivier El Missouri, le trésorier Charles Oula Siehe, et le responsable de la commission Sports, Rachid Boudni.

En l’absence du président-fondateur de la Licra Monaco (en 2013), Eric Fissore, Ryadh Sallem a été reçu par le vice-président, Olivier El Missouri, le trésorier Charles Oula Siehe, et le responsable de la commission Sports, Rachid Boudni. Photo T.M.

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PORTRAIT - Le champion paralympique Ryadh Sallem au soutien de la Licra Monaco

Champion paralympique, figure du monde associatif et membre du Comité Paris 2024, le président de la commission Sports de la Licra a été séduit par le dynamisme de l’antenne monégasque

"Je vais être honnête, je n’ai pas une belle histoire à la Walt Disney. J’ai passé vingt ans dans les centres et les hôpitaux, et les gamins agités comme moi, on les mettait au sport. Les gamins trop mous aussi (rires). Je n’ai pas rencontré quelqu’un, ou eu une révélation, mais le week-end je sortais de l’hôpital et je rencontrais l’autre, sans lequel tu ne peux pas te construire."

Né en 1970 en Tunisie, sans membres inférieurs et avec une seule main, qui plus est atrophiée, Ryadh Sallem aurait pu vivre une vie à la marge. Dans l’indifférence et la souffrance de cette malformation à mettre sur le compte d’un médicament, la Thalidomide. Ryadh aurait pu baisser les bras s’il n’avait pas lu, dans le regard de l’autre, qu’en France plus qu’ailleurs les hommes naissent encore – et toujours – libres et égaux en droit et donc, en rêves.

"quand je sors du sport, je suis un bisounours"

Le sport (natation, basket, rugby…) lui apportera équilibre et valeurs, jusqu’à lui donner des ailes. «Je suis un artiste raté et le sport m’a sauvé.C’était ma soupape et, aujourd’hui encore, quand je sors du sport je suis un bisounours, mais quand je suis en manque de sport je suis un ours.»

Devenu champion paralympique, figure associative (CAPSAAA Paris), entrepreneur (Séquences Clés Productions)… Ryadh Sallem est aussi, depuis peu, président de la commission Sports de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). Une casquette qui l’a conduit à Monaco, la semaine dernière, pour rencontrer les membres de l’antenne monégasque de la Licra et porter leurs projets jusqu’au souverain lors d’une audience privée.

Un long entretien constructif avec le prince Albert II et son conseil Joël Bouzou – par ailleurs fondateur de Peace and Sport – toujours aussi attentifs aux moyens de véhiculer paix, sécurité et égalité par le sport.

"Le prince albert est un humaniste"

"Le prince Albert est un humaniste avec une âme de sportif de haut niveau et une grande ouverture d’esprit. C’est agréable de rencontrer des gens qui arrivent à un tel niveau et restent sensibles à des sujets qui pourraient paraître du monde des petites gens. Quand le souverain porte un projet, il l’élève d’un seul coup par sa stature, son positionnement et ce qu’il représente.Il lui donne ses lettres de noblesse."

Parrain des prochains Gay Games, impliqué dans le programme EducapCity ou encore dans le festival Eklore – "rendez-vous des managers qui œuvrent au quotidien au service de l’humain" –, l’international de rugby-fauteuil met également son image au service de grandes causes, voire d’événements planétaires en tant que membre du Comité Paris 2024.

L’obtention de l’organisation des Jeux Olympiques en France, un souvenir impérissable nourrissant des perspectives d’avancées sociales.

" c'est un rêve
de gamin"

"C’est un rêve de gamin. Un siècle après, on a les Jeux à la maison! Ça va être un outil exceptionnel car j’ai vu des villes avant et après les Jeux Olympiques [Ryadh Sallem a participé à quatre olympiades en tant que joueur de l’équipe de France de basket, NDLR]. J’ai vu les évolutions en terme d’infrastructures, mais j’ai vu quelque chose d’encore plus fondamental: l’accessibilité des esprits. Les passerelles qui se créent entre des personnes de différentes cultures. On a besoin de ça en France parce qu’on a inspiré le monde avec les Droits de l’’Homme, fait renaître les JO de leurs cendres grâce à Pierre de Coubertin et, maintenant, on a besoin de recevoir par rapport à toutes ces valeurs qu’on a portées."

Besoin, aussi, de devenir exemplaire dans le traitement audiovisuel des Jeux Olympiques et paralympiques.

"On n'est pas un moteur en France"

"On n’est pas un moteur en France, il faut être clair.On a des pays en développement qui nous donnent la leçon et diffusent les Jeux Olympiques et paralympiques au même niveau ( ...) Pour autant, je ne suis pas pour la fusion des Jeux Olympiques et paralympiques, parce qu’on a trouvé notre place. Aujourd’hui on est le deuxième plus grand événement planétaire, devant la Coupe du monde de foot. Et on n’est pas dans les mêmes cadres philosophiques, “un esprit sain dans un corps sain”, chez nous il y a des gens qui ont des trucs bizarres dans le corps. Moi, il me manque des morceaux."

L’égalité. Un combat du quotidien quitte à revenir sur ses positions et tenter l’aventure politique, en 2017, lors des Législatives à Paris sous la bannière socialiste.

"Quand t'es amputé, t'as du mal à couper (rires)"

"Ce n’était pas par peur que je m’y refusais mais je me disais que ce n’était pas mon job. J’y suis allé parce que ma maman me disait toujours: “Quand quelque chose ne te plaît pas, fais-le toi-même”."

Il acceptera l’étiquette PSpar amitié pour Anne Hidalgo. Non sans conditions: "Je lui ai dit que je ne voulais pas prendre de carte du parti, que je voulais rester indépendant.Et qu’elle ne me demande pas de me couper les cheveux! Quand t’es amputé, t’as du mal à couper (rires)."

Crédité de 9,1 % des scrutins dans la 10e circonscription, Ryadh Sallem n’aura pas atteint le second tour mais vécu "une des plus belles expériences de [sa] vie".

"Il y a un monde invisible"

"J’ai été épaté de voir tous ces gens qui s’entraident sur le territoire. On parle très peu de la fraternité dans la République mais elle est bien présente.Il y a un monde invisible, des héros du quotidien, qu’on ne voit pas. C’est le danger qui nous guette demain, car ce tissu est fragile alors qu’il est l’identité de ce pays et garantit son unité."

Un pays – très – cher à Ryadh. "Je ne serais peut-être pas vivant si j’étais resté en Tunisie. Ma mère m’a fait naître et ma mère adoptive, la France, a fait de moi un homme. J’ai eu cette chance et je ne veux pas que cet héritage s’effrite, je veux le transmettre."

Un sacerdoce véhiculé par les valeurs du sport et le prisme de l’associatif. "Ce que je fais à la Licra, c’est de la politique bio, pure et dure.On n’utilise pas de pesticides idéologiques.On est des “faiseux” comme dirait Alexandre Jardin."

"La bêtise est une matière qui se renouvelle"

Le credo de Ryadh? "L’intégration ne doit pas se faire des personnes handicapées vers le monde ordinaire, mais dans les deux sens." Quant aux dérives de la société et de ses individus, à la Licra, parmi d’autres, de tenir un rôle de garde-fou.

"Il y avait plus d’actes racistes violents avant. Les choses ont évolué, sauf qu’on devient très irrité par un amplificateur terrible, et en même temps génial, que sont les réseaux sociaux et les médias qui s’appuient dessus. C’est notre rôle d’être des garde-fous sans nier ce qui existe.On peut diminuer la bêtise mais on ne pourra jamais l’arrêter, car c’est une matière qui se renouvelle. C’est un travail sur nous-mêmes."


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