Deux petits Ivoiriens malades du cœur pris en charge par le Monaco Collectif Humanitaire pour leur opération en Principauté

Depuis 2008, le Monaco Collectif Humanitaire (MCH) accueille des enfants de pays en développement pour leur faire bénéficier d’opérations humanitaires. Deux enfants sont arrivés de Côte d’Ivoire ce mercredi.

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Marie Cardona Publié le 10/11/2022 à 08:30, mis à jour le 29/11/2022 à 11:01
Marie et Sekou souffrent tous les deux d’une maladie cardiaque nécessitant une opération que leur famille n’ont pas les moyens de financer. Grâce au MCH, ils bénéficient gratuitement d’une intervention humanitaire à Monaco. Photo Jean-François Ottonello

Il n’est pas tout à fait 11h ce mercredi matin dans le hall des arrivées du Terminal 2 de l’aéroport de Nice. Habiba, Philippe, Marie-Laure et Paul attendent impatiemment deux petits bouts dont ils ne savent encore presque rien. Un prénom, un âge et le nom d’une maladie du cœur, tout au plus.

Mais les deux familles d’accueil, qui font partie du réseau de l’association Rencontres Africaines (deux associations assurent la coordination des familles d’accueil au sein du Monaco Collectif Humanitaire, Rencontres Africaines, qui réunit des familles jusqu’à Cannes et Antibes, et la Croix Rouge monégasque, qui a créé un réseau de familles bénévoles à Monaco. , ndlr), sont rompues à l’exercice.

Habiba et Philippe se sont engagés dans cette grande chaîne de solidarité depuis 6 ans. Paul et Marie-Laure, depuis 9 ans. "Toute ma vie, je me suis dit qu’on avait eu cette chance de naître du bon côté. Cette chance, j’ai voulu la partager", explique cette dernière, devenue responsable du pôle familles d’accueil de l’association.

Accueil chaleureux

La météo est capricieuse et l’avion se fait attendre. Comment seront les enfants cette fois? Le premier contact est toujours stressant. Les petits viennent d’être séparés de leurs familles et prennent l’avion souvent pour la première fois (pendant leurs vols, les enfants sont accompagnés par des convoyeurs bénévoles de l’association Aviation sans frontières. Il s’agit d’anciens salariés d’Air France ou de personnes ayant un lien familial avec d’anciens salariés pouvant bénéficier de tarifs attractifs sur les billets d’avion., ndlr) pour être accueillis par des adultes dont, eux non plus, ne savent rien. Vont-ils pleurer? Être intimidés? Fatigués?

Après une escale à Paris, les deux enfants venus de Côte d'Ivoire sont arrivés au Terminal 2 de l'aéroport Nice Côte d'Azur, ce mercredi peu avant midi. Photo Jean-François Ottonello.

11h20 s’affichent sur les écrans et les passagers du vol en provenance de Paris commencent à arriver. Puis soudain, le grand sourire de Marie, 9 ans, apparaît au milieu de la petite foule. Sekou, bientôt deux ans, dans le porte-bébé de la bénévole d’Aviation sans frontières qui les accompagne, regarde de ses yeux ronds les deux familles d’accueil qui lui font signe derrière la vitre. "Ils ne sont pas timides et ils ont très bien dormi", sourit leur convoyeuse.

L’accueil des enfants est chaleureux. Et les câlins des familles réconfortants pour ces petits qui, mardi soir, décollaient d’Abidjan. Passeports, bonnets, doudous, valises sont échangés et leur accompagnatrice doit déjà s’en aller. "Marie ne semble pas parler français mais elle comprend très bien. Et elle adore le chocolat au lait avec les noisettes", chuchote-t-elle en tendant le reste d’une tablette.

Alors qu’elle s’échappe discrètement, la petite fille ne peut contenir ses larmes à la vue de son dernier repère qui s’en va.

C’est désormais au tour des deux familles d’accueil de prendre le relais. "Les séjours durent en général 5 semaines", confie Habiba.

Confirmation du diagnostic aujourd’hui

Prochaine étape, la confirmation du diagnostic ce jeudi au Centre cardiothoracique de Monaco avec le chirurgien et l’anesthésiste. "Il peut arriver, que l’enfant ne puisse finalement pas être opéré parce que la pathologie est trop avancée et qu’on ne peut malheureusement plus rien faire. Ou parce qu’il y a quelque chose qu’on n’a pas vu à l’examen initial et qui fait que le patient n’est pas opérable. C’est aussi arrivé que la pathologie se soit résorbée. Nous avons eu quelques cas incroyables comme ça", détaille Candice Manuello, en charge de la coordination au sein du MCH.

Si le diagnostic est confirmé, les enfants seront hospitalisés une première fois mi-novembre en vue de l’intervention prévue pour la fin du mois. Ils ne repartiront chez eux qu’à la fin de leur convalescence. D’ici là, Monaco-Matin ne manquera pas de vous donner de leurs nouvelles.

Une chaîne de solidarité

Composé de 16 ONG monégasques et 3 associations françaises partenaires, le MCH est une chaîne de solidarité destinée à offrir une seconde vie à des enfants malades issus de pays en développement.

Dans le cadre de sa mission de suivi de la politique de la Principauté en matière de coopération internationale, la DCI (Direction de la Coopération Internationale) en assure la coordination.

"Nous avons aussi un rôle de caution morale pour la gestion des dons financiers. On pilote mais c’est vraiment une chaîne de solidarité où chacun a son rôle et est irremplaçable", résume Candice Manuello.

Les opérations ont repris cet été après 2 ans de pause en raison du Covid. Un vrai coup d’arrêt pour les actions du MCH ?
Il y a eu un arrêt des opérations à Monaco mais nous en avons profité pour développer les partenariats afin de financer des opérations sur place. On avait commencé dès 2019 avec le Mali, au sein du centre hospitalier mère-enfant Le Luxembourg. Grâce à l’unité de cathétérisme (financée par l’association Share, le gouvernement princier et le MCH) et le bloc de chirurgie (créé par la Chaîne de l’espoir) nous avons pu financer des opérations localement. C’est un avantage financier : les opérations sont moins chères (5 500 euros), il n’y a plus le transport et les frais sur place à payer. Et cela évite le traumatisme de la séparation des enfants et leur famille.

Dans combien de pays ces partenariats sont-ils lancés?

Il y a donc le Mali. Mais aussi Madagascar, le Sénégal et dernièrement le Burkina Faso. Ce sont des pays dans lesquels Monaco intervient depuis de nombreuses années, que ce soit par le don de matériels, la formation de personnels ou la création de blocs opératoires.

Mais il reste nécessaire de faire venir les enfants à Monaco?

Toutes les opérations ne s’opèrent pas localement. C’était le cas d’un petit patient venu du Sénégal cet été. L’hôpital sénégalais ne disposait pas d’un plateau technique aussi complet que le Centre cardio-thoracique de Monaco. Et puis, il y a les enfants qui sont hors des quatre pays où nous avons noué des partenariats, comme la Côte d’Ivoire, le Niger et le Burundi.

Quelle est la situation actuelle en Afrique au sortir de la crise covid?

La situation est catastrophique. On a perdu beaucoup de progrès en termes de vaccination des enfants, notamment. Tous les moyens ont été mis sur le covid. La rougeole et la tuberculose repartent, le paludisme est toujours la première cause de mortalité chez les tout-petits. Les besoins en santé étaient déjà importants et, malheureusement, ils le sont peut-être encore plus aujourd’hui.

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