Tours végétalisées, crèches, bureaux... Ce bâtiment "historique" va bientôt laisser place à un nouvel ensemble de 197 logements à Monaco

L’actuel immeuble en cours de démolition en haut du boulevard du Jardin exotique laissera la place à un nouvel ensemble domanial de trois tours dans une enveloppe de verdure en façade.

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CEDRIC VERANY Publié le 15/09/2022 à 08:00, mis à jour le 15/09/2022 à 13:58
Datant de 1966, le bâtiment de onze étages et 88 logements sera prochainement rasé pour faire place à un nouveau projet immobilier. Photo Jean-François Ottonello

C’est un maillon fort du plan national logement. Dans quatre ans, le futur ensemble du Bel Air devrait augmenter de 197 unités le nombre d’appartements neufs à Monaco en renouvelant un bâtiment "historique" du parc domanial de la Principauté, construit en 1966.

En séance publique lundi soir, les conseillers communaux ont examiné la demande d’autorisation de construction d’un nouvel ensemble immobilier au 64 du boulevard du Jardin exotique.

En lieu et place de l’actuel immeuble monolithique sur le point d’être détruit, ce sont trois bâtiments qui seront érigés, dessinés par l’architecte Patrick Raymond, abritant 197 appartements domaniaux répartis comme suit: 48 logements de 2 pièces, 81 appartements de type 3 pièces, 61 autres de type 4 pièces et 7 logements de 5 pièces.

Une crèche, des bureaux, un commerce

L’ensemble comprend aussi un commerce de 84 mètres carrés, une dizaine de locaux à usage de bureaux, une crèche d’une cinquantaine de berceaux. Et un parc de stationnement de 301 places pour former un petit centre de vie pour les futurs résidents des lieux.

Concernant le bâti, le projet s’intègre dans la requalification de l’entrée ouest de la Principauté. Secteur déjà modifié ces dernières années par la construction de l’Engelin, des nouvelles serres et de l’immeuble L’Exotique.

 

Le futur Bel Air se composera de trois tours de différentes hauteurs sur un socle commun. À l’extrémité ouest de la parcelle de 6.000 mètres carrés un premier bâtiment comptera 23 étages, un deuxième 18 étages et un troisième 13 niveaux. La cote altimétrique du projet culmine à 191 mètres.

Un parc vertical

L’architecte Patrick Raymond a choisi d’englober son projet dans un "parc vertical" de verdure traçant un cheminement piéton pour les résidents, depuis le boulevard du Jardin exotique, d’où sera retirée la passerelle actuelle pour accéder au bâtiment en phase de démolition.

Dans ce parti pris architectural de jardin paysager, "le végétal reprend sa place tout autour des espaces bâtis comme s’il n’avait jamais disparu", a rapporté l’élu François Lallemand devant les membres du Conseil communal, citant la note descriptive de l’architecte.

Trois esquisses ont été présentées au souverain qui a fait le choix "de l’expression verticale du végétal" sur les façades du bâtiment. En détail, 184 logements sur 197 seront à double exposition avec des terrasses continues et de grandes jardinières.

 

Une manière "de former une enveloppe végétale buissonnante et arborée qui pourra être considérée comme un parc naturel vertical. La végétation associée à un système de garde-corps en lames verticales crée une sorte de double peau".

Une manière d’optimiser le confort énergétique en réduisant le rayonnement solaire direct sur les façades. Pour ce faire, des espèces méditerranéennes robustes seront sélectionnées pour se maintenir face à une exposition plein sud. En séance publique, plusieurs élus se sont préoccupés de savoir qui aura la charge de l’entretien de ces végétaux pour qu’ils gardent leur prestance et leur utilité.

Autres éléments plaidant pour faire du Bel Air un immeuble responsable: du béton bas carbone sera utilisé pour les fondations, les façades seront isolées par l’extérieur, des protections solaires seront placées sur les baies vitrées.

Et un système de recyclage des eaux grises réinjectées dans l’arrosage du végétal, sera mis en place. Des éléments qui ont fait que les élus de la commune se sont prononcés en faveur du projet.

Un projet dont le montant des travaux est estimé à 155 millions d’euros, et le chantier prévu de durer 48 mois.

Sous l’immeuble l’Exotique, la parcelle recouverte de serres sera impactée par la construction du Bel Air à l’ouest et du futur CHPG au sud. Photo Jean-François Ottonello.

4 500 plantes succulentes bientôt à l’ombre cherchent à être relogées

L’examen du projet Bel Air par le Conseil communal a été l’occasion pour l’élu André J. Campana de soulever un questionnement sur l’avenir d’une partie du Centre Botanique, voisin du projet.

En 2012, quand les serres du Centre botanique ont été déplacées de leur site historique pour libérer le terrain en vue de la construction du projet l’Exotique, une parcelle est restée intacte. Un morceau de 500 mètres carrés, anciennement accessible par un tunnel, situé en contrebas du boulevard, que l’on gagne désormais par un escalier en fer.

"À l’ombre en permanence"

Sur place, des abris existants hébergent quelque 4.500 plantes succulentes sous serre qui n’avaient pas pu être relogées sur le nouveau site du Centre botanique. L’espace est aujourd’hui menacé de perdre toute clarté, encerclé par les projets immobiliers.

"Au volume supplémentaire du futur Bel Air s’ajoute le nouveau CHPG dont l’altimétrie sera le boulevard du Jardin exotique. Résultat de l’opération : les 4 500 plantes succulentes se retrouveront à l’ombre en permanence, des plantes qui ont besoin de lumière et de chaleur pour vivre" déplore l’élu, délégué au Jardin exotique.

L’équation est vite faite : la parcelle déjà en contrebas du boulevard, encerclée à l’ouest par le bâtiment du Bel Air et au sud par l’arrière du futur CHPG ne respirera plus.

Et la situation inquiète André J. Campana. Qui a demandé au maire d’écrire au gouvernement pour trouver, sur le sol monégasque, l’équivalent d’une surface de 500 mètres carrés "favorable à la culture de nos plantes dont leur conservation est l’une des missions du Jardin exotique".

En espérant que le dialogue soit ouvert pour trouver une solution. En séance publique, le maire a répondu qu’il écrirait au ministre d’État pour tenter de trouver une solution.

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