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A Monaco, un immeuble provisoire construit en cinq mois pour abriter une centaine de policiers

Devant le stade Louis-II à Monaco, un immeuble composé de 126 modules en bois est en train d’être érigé pour abriter provisoirement une partie des agents de la Sûreté publique, le temps que le chantier de restructuration de leurs locaux situés rue Suffren-Reymond s'achève . Une construction express de 5 mois qui s'achèvera fin septembre.

Joëlle Deviras et Thibaut Parat Publié le 22/07/2022 à 05:02, mis à jour le 22/07/2022 à 10:43
En face de l’entrée principale du stade Louis-II, le futur bâtiment provisoire de la Sûreté publique est une structure en bois qui repose sur 85 micropieux et va être composé de modules au confort dignes d’un bâtiment définitif. Visuel Agence Gabriel Viora

"C’est une première à Monaco ! Notre groupement monte en cinq mois ce qui prend généralement deux ans de construction. Et tout cela en limitant les nuisances."

Fabien Deplanche, président administrateur délégué de Probat, s’est associé à l’entreprise Simonin (située en France dans le Doubs) et à la SAM EMC (Entreprise Monégasque de Couverture). "On a fait un groupement pour que chacun apporte son expertise."

Tout le confort
d’un bâtiment définitif

 

Ensemble, depuis fin avril, ils réalisent les trois niveaux du bâtiment de la Sûreté publique provisoire, propriété de l’État, 2 500 m2 en face du stade Louis-II. Il est fait de bois et composé de 126 modules, assemblés en usine près de Lyon et transportés par convoi exceptionnel. Un édifice à nul autre pareil en Principauté, mais "déjà éprouvé en France pour des EHPAD, des écoles, et même des casernes, explique Fabien Deplanche. C’est comme un jeu de construction, avec un confort digne de certains bâtiments définitifs, aux normes sismiques, mais beaucoup moins lourd qu’un édifice tout en béton".

Coût de l’opération : 17 millions d’euros.

Jean-Christophe Lefèvre, directeur de Probat, souligne que le projet correspond à une demande des Travaux Publics et de l’architecte monégasque Gabriel Viora. Il fallait faire vite car le chantier en cours de la rue Suffren-Reymond devient incompatible avec le travail des agents et fonctionnaires (lire ci-dessous).

Livraison prévue
le 30 septembre

Avec les techniques de construction utilisées, la livraison de la « Sûreté publique provisoire » est prévue le 30 septembre. Et le trafic automobile redeviendra identique à ce qu’il était, le bâtiment étant monté au-dessus d’un portique de six mètres de hauteur à travers lequel circuleront les véhicules.

 

Il aura fallu trois mois de développement pour finaliser le projet sur le papier. "La mobilisation sur la phase d’étude a été très forte", souligne Fabien Deplanche.

Pas besoin de creuser pour créer les fondations : 1 500 mètres linéaires répartis en 85 micropieux ont été plantés pour la stabilité de l’ensemble.

Le processus permet de conjuguer solutions vertueuses - notamment avec des bois français qui respectent les normes éco-environnementales issues de la filière sèche, rapidité et véritable geste architectural avec une façade en bardage de mélèze naturel. "L’exigence était de déménager au plus vite le bâtiment de la rue Suffren-Reymond afin de laisser la possibilité au maître d’œuvre d’avancer le chantier dans les meilleurs délais", explique Jean-Christophe Lefèvre, directeur de Probat. "Gabriel Viora a insisté sur la signature architecturale", souligne Fabien Deplanche.

"La situation était difficile au quotidien pour les agents"

Les fortes nuisances générées par le chantier de restructuration et de surélévation des locaux de la Sûreté publique, rue Suffren-Reymond, ont conduit le gouvernement princier à délocaliser les personnels encore sur site vers cette structure éphémère, nichée devant le stade Louis-II*. "Ce n’était pas quelque chose qu’on avait prévu initialement. Mais la situation était difficile au quotidien à cause des bruits, de la poussière, des vibrations, autant pour les agents travaillant sur place que pour les personnes reçues [plaignants ou mis en cause, ndlr], confie Patrice Cellario, conseiller de gouvernement - ministre de l’Intérieur. Cela se répercutait sur l’organisation du chantier et son déroulé. Il était évident qu’il fallait libérer les locaux pour le bien-être des personnels et le bon rythme du chantier. Faute de locaux disponibles, on a construit ce bâtiment au-dessus de la voie."

Une centaine d'agents
vont intégrer cette structure

Dès lors que le bâtiment de trois étages sera assemblé et livré, fin septembre, une centaine de fonctionnaires de la Sûreté publique y emménageront durant la première quinzaine d’octobre : la Division de police judiciaire, la section du contentieux judiciaire des transports, les quatre cellules et la salle de garde d’où part tout le dispositif policier évoluant sur la voie publique. Au rez-de-chaussée, le public pourra exprimer ses doléances auprès de l’accueil.

"Seul le Centre de supervision et de commandement opérationnel reste dans les locaux de la rue Suffren-Reymond, ce qui représente, en roulement, une trentaine de personnes", précise Audrey Corentin, chef de la Division de l’Administration et la Formation à la Sûreté publique. Un lieu stratégique techniquement délicat, voire impossible, à délocaliser. "C’est le cœur névralgique des liaisons radios, de la télésurveillance, des alarmes", confirme Patrice Cellario.

Le chantier de la rue Suffren-Reymond achevé vers fin 2023 ? 

Des déménagements successifs qui ne sont pas sans impact sur les conditions de travail des policiers monégasques, lesquels devraient retrouver une stabilité à long terme, fin 2023, date de fin estimée du chantier de la rue Suffren-Reymond. Où en est-il d’ailleurs ?

Dans le bâtiment côté montagne, les démolitions intérieures et travaux de gros œuvre se poursuivent, ainsi que le renforcement de la structure existante, indispensable à la réalisation de la surélévation de quatre étages.

Côté mer, où un niveau supplémentaire sera gagné sur le bâti, ces mêmes travaux s’amorceront quand les bureaux seront libérés fin septembre au moment de la livraison du bâtiment modulaire démontable devant le stade.


(1) Une centaine de personnels est déjà hébergée au sein du stade Louis-II depuis deux ans.

Cet immeuble provisoire sera composé de 126 modules en bois, arrivés en convoi exceptionnel. Photo Jean-François Ottonello.
Cet immeuble provisoire sera composé de 126 modules en bois, arrivés en convoi exceptionnel. Photo Jean-François Ottonello.

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