"La facture va être multipliée par 3 à 5": quel impact de la flambée des prix de l'énergie sur les skieurs dans les Alpes du Sud cet hiver?

Entre économie et aménagements vertueux, comment les stations des Alpes du Sud s’adaptent à la hausse du prix de l’énergie. Le tout sans porter atteinte à la satisfaction de la clientèle.

Article réservé aux abonnés
P.-L. P. Publié le 19/11/2022 à 17:39, mis à jour le 19/11/2022 à 21:37
Yvan Chaix (au centre), directeur de l’agence de développement des Hautes-Alpes, entouré par les représentantes de quelques-unes des 65 stations des Alpes du Sud lors d’un workshop d’avant-saison organisé mi-octobre à Marseille. DR / Nice Matin

À quelques jours du début officiel de la saison des sports d’hiver 2022-2023, et alors que le froid tarde encore à s’installer, les stations des Alpes du Sud sont plutôt optimistes. Et pour cause: "Le taux d’occupation affiche une croissance de 5% par rapport à la saison dernière", se félicite Yvan Chaix, le directeur de l’Agence de développement des Hautes-Alpes, également en charge de la promotion de tout l’arc alpin du Sud (04, 05 et 06).

Mais comme d’autres secteurs économiques, "ces stations n’échappent pas à la flambée des prix de l’énergie". Et toutes ne sont pas sur un pied d’égalité face à la conjoncture actuelle, particulièrement défavorable. "Pour ne parler que des Hautes-Alpes, sur 27 stations, un tiers sont en plein renouvellement de contrat avec leurs fournisseurs d’électricité et sont confrontées à des prix délirants. En moyenne, la facture va être multipliée par 3 à 5", affirme Yvan Chaix. Et de préciser aussitôt: "ces stations attendent bien évidemment un geste supplémentaire de l’État".

Pour autant, les stations de ski se montrent également proactives sur le sujet. S’il était difficile d’anticiper la dérégulation du marché européen de l’énergie, elles travaillent en revanche depuis quelques années déjà à la maîtrise de leur empreinte carbone. "À la fois pour diminuer la facture et par souci environnemental".

Serre Chevalier, dans le Briançonnais, en est sans doute le meilleur exemple. "Parmi les grandes stations, c’est la plus vertueuse d’Europe et le mix énergétique qu’elle a mis en place est inédit. Par l’installation de panneaux photovoltaïques sur les principales gares de remontées mécaniques, de petites éoliennes aux endroits les plus venteux, et de picocentrales hydroélectriques sur le réseau d’eau utilisé pour la fabrication de neige de culture, Serre Chevalier couvre 30% de ses besoins énergétiques!"

Vers plus de sobriété

Des aménagements appréciables mais qui ne dispensent pas les stations des Alpes du Sud de respecter les efforts de sobriété demandés par le gouvernement. "Les opérateurs de remontées mécaniques y travaillent. D’une station à l’autre, la réponse sera très variable, mais l’objectif d’une réduction de 10% de la consommation sera atteint", affirme Yvan Chaix. Parmi les mesures envisagées, et sans qu’elles n’aient un impact sur la satisfaction de la clientèle, le directeur de l’agence de développement des Hautes-Alpes évoque "le ralentissement de la vitesse des remontées ou la fermeture de certains secteurs", notamment hors vacances scolaires.

Des réflexions ont également été menées sur le damage, gros poste de dépense pour les stations, et la production de neige de culture. "Grâce aux petits sonars qui équipent désormais les dameuses et qui permettent de connaître très précisément les hauteurs de neige, les stations vont pouvoir optimiser la préparation des pistes".

Enfin, pour être complet, Yvan Chaix insiste sur la mise aux normes du parc immobilier en montagne. Une rénovation favorisée par le dynamisme du marché. "Depuis deux ans, le nombre de transactions est en hausse de 25% et la nouvelle génération de copropriétaires, soucieuse de réduire ses charges, est engagée dans l’isolation thermique et phonique des logements".

“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.