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Zabou Breitman au théâtre dans "Dorothy" : "elle brouille les pistes, elle n’aime pas les étiquettes, c’est l’ultra liberté."

Dans Dorothy, la comédienne raconte et incarne la vie de Dorothy Parker, grande plume de l’Amérique du début du siècle dernier. à voir ce samedi à Antibes, avant Le Broc et Monaco en novembre.

amélie maurette amaurette@nicematin.fr Publié le 06/10/2021 à 16:10, mis à jour le 06/10/2021 à 16:11
interview
Zabou Breitman aimerait qu’on connaisse davantage, en France, l’œuvre et le parcours de Dorothy Parker. Photo archives Hélène Dos Santos

Ça a commencé timidement et puis ça s’est déchaîné d’un coup, je ne sais pas ce qui leur a pris. Tant mieux! » Ravie que sa Dorothy rencontre la presse et le public, Zabou Breitman ne se lasse pas d’en parler. Radio, télé, journaux, la comédienne et metteuse en scène est partout. Sur les planches surtout. à Paris, au Théâtre de la Porte Saint-Martin jusqu’à la fin du mois, qu’elle quittera ce samedi pour venir jouer chez son coproducteur à Anthéa, à Antibes, avant de revenir au Broc et à Monaco, la dame aux quatre Molières et un César raconte la vie de Dorothy Parker dans un seul en scène original.

Pour saisir la vie de cette femme de caractère et d’esprit, auteure, journaliste et poète américaine, plume de Vanity Fair et du New Yorker au début du siècle dernier, Zabou Breitman n’a pas choisi la facilité dit-elle. "J’essaie toujours de faire des trucs qu’on n’attend pas, donc je ne vais pas déroger à la règle! Le spectacle est très spécial…"

Vous mettez en place le décor, la lumière, en parlant… Pour faire entrer le public dans la pièce sans en avoir l’air ?
Exactement. ça commence presque comme un stand up, entre ça et une discussion entre amis, comme si on était dans mon salon… De manière à apprivoiser l’histoire, celle avec un grand H et celle, intime, de Dorothy.

 

De manière tellement simple qu’on ne s’en rend pas compte. C’est drôle, je me permets des mini impro. J’évoque ‘‘l’après mort’’ de Dorothy Parker, aussi fantasque que sa vie, et ça permet au public de rire de choses dont, normalement, on ne rit pas.

Dorothy Parker est morte en 1967 et ses cendres ont été mises dans un cimetière l’an dernier, dites-nous en plus ?
Pas trop, c’est dans le spectacle! (rires) En fait, elle a été ‘‘enterrée’’ mais pas aux bons endroits… Ça va du meuble de bureau à un petit jardin au bout d’un parking à Baltimore, oubliée sur une étagère… Du délire!

Ça devient de la comédie noire, comme elle. Sa fin raconte ce qu’elle est. Je me sers de numéros du New Yorker pour le raconter, en la replaçant dans sa fonction d’autrice, de journaliste, de critique. On apprend plein de trucs.

Vous voulez qu’on la connaisse mieux en France. Qu’est-ce qui vous a parlé chez elle?
Quand on connaît ses poèmes, ses écrits, on a envie d’en savoir plus. C’est d’une grande intelligence. Les précurseurs, il faut les faire connaître… parce qu’on croit toujours qu’on est des générations spontanées mais ce n’est pas vrai, il y a plein de gens qui ont fait des choses avant!

 

Dans ses mots, Dorothy Parker a une grande subtilité d’approche des relations humaines. Elle vit en pleine prohibition, les femmes sont éloignées de tout, mais il y a des exceptions, des précurseurs qui font avancer le monde. Et elle fait ça sans être d’aucune caste, c’est ce qui me plaît encore plus chez elle! Elle brouille les pistes, elle n’aime pas les étiquettes, c’est l’ultra liberté.

‘‘La tiédeur ne m’inspire pas’’, dites-vous, vous préférez le paradoxe. Dorothy, c’est ça aussi?
Ce n’est que ça! Et elle va encore plus loin. Elle dit carrément qu’elle préfère mourir qu’avoir une vie médiocre. Bon, elle est extralucide, donc comme tous les auteurs comme ça, elle est un peu désespérée… Elle voit trop. Un peu comme un Zweig.

à la fois entourée et seule…
Oui, et je voulais montrer ça sur scène. Ce qui n’a pas été facile parce qu’il y a une telle proximité avec le public au début et c’est une telle mise à nu. On me dit: ‘‘C’est fluide’’ mais moi, ça m’a mise dans des affres d’angoisse! C’est un spectacle exigeant qui ne marche que s’il est généreux. II y a un challenge technique en même temps, il faut que ça soit sur-répété.

C’est un spectacle que vous n’auriez pas pu faire plus jeune ?
Ah c’est sûr. C’est intéressant… Jamais je n’aurais pu faire ça. ça aurait été trop risqué parce que, là encore, ça ne peut pas être tiède.

Dans une interview, vous nous disiez que vous auriez aimé être prof, pour la transmission. Il y a de ça dans Dorothy?
Il y a complètement de ça. Je parle à un moment d’un guide touristique, un métier extraordinaire de connaissance et de transmission, et bien là, je suis un peu la guide touristique de Dorothy Parker, ou enseignante.

 

C’est merveilleux la transmission, on ne s’en rend pas compte mais il y a toujours des gens qui nous marquent. Je me souviens encore de certains: une prof d’Histoire…

Savoir +

Vendredi 8 octobre, à 20h30 à Anthéa, à Antibes. Tarifs: de 25 à 40 euros, réduits de 13 à 30 euros. Rens. 04.83.76.13.00.

Le 14 novembre, à 18h, Les Arts d’Azur, au Broc. Tarifs: 15, 99 euros, réduit 10,99 euros. Rens. 04.92.08.27.30.

Le 16 novembre, à 20h30, au Théâtre Princesse Grace à Monaco. Tarifs: 25 à 35 euros, réduits 17 à 24 euros. Rens. 00.377.93.25.32.27.

Offre numérique MM+

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