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"Tout est histoire!" Lorànt Deutsch se livre avant son direct depuis le théâtre Anthéa à Antibes

Mis à jour le 24/03/2021 à 11:27 Publié le 24/03/2021 à 18:30
(Photo Sébastien Botella)
Monaco-matin, source d'infos de qualité

"Tout est histoire!" Lorànt Deutsch se livre avant son direct depuis le théâtre Anthéa à Antibes

Le comédien Lorànt Deutsch donnera sa pièce Romanesque, ce jeudi en live stream depuis le théâtre Anthéa à Antibes, notamment pour une cinquantaine de classes du département. Jamais lassé de partager sa passion de l’Histoire et de la langue.

Après un passage dans la série La Promesse sur TF1 en janvier, Lorànt Deutsch revient à son amour pour l’Histoire et la langue française ce jeudi à Anthéa, à Antibes, en proposant en vidéo son spectacle Romanesque. Pour une cinquantaine de classes de collégiens et lycéens des Alpes-Maritimes d’abord, pour les abonnés ensuite. Un spectacle adapté de son livre Romanesque: la folle aventure de la langue française, paru en 2018 (chez Michel Lafon).

Ce format stream est-il intimidant?
C’est sûr que ce n’est pas pareil! Et puis il ne faut pas oublier qu’en tant que comédien, je n’ai pas joué depuis un an, je suis un peu fébrile… être acteur, ça réclame de l’entraînement, j’espère que je ne serai pas rouillé, en plus il n’y aura pas le public pour m’aider à tout dégripper, je vais imaginer les sourires, la respiration… C’est une période décidément très froide.

Vous avez souvent joué Romanesque devant des scolaires, un bon public à qui parler de langue française?
Disons qu’il faut les captiver, ils n’avaient pas forcément envie de vous voir! C’est un peu comme une face Nord… C’est à nous de nous bagarrer pour leur prouver qu’ils vont en sortir grandis et qu’on va s’amuser.

Cela va avec votre volonté de rendre ludique ce qui peut paraître rébarbatif ?
Ouais! Je veux montrer que l’Histoire nous appartient, tout est Histoire. Souvent ça fait peur, on se dit que ça ne nous concerne pas mais l’histoire de la langue, de notre pays, d’un territoire, on y est très connecté. Les mots, les expressions qu’on utilise ne sont pas vierges, pas bruts, pas inertes. Ils sont le fruit d’un long parcours. Quand je montre ça aux jeunes ou à un public qui n’est pas linguiste ou historien, quelque chose naît, une lumière jaillit.

Vous montrez ici que la langue est toujours en mouvement ?
Oui, que la langue n’est vivante que parce que l’on s’en sert. Les jeunes, par exemple, sont souvent pointés du doigt, on dit que les gamins ne s’expriment plus qu’avec 400 mots, des sons, je dis oui mais ça a toujours été comme ça! Je ne suis pas sûr que le petit Breton d’il y a un siècle s’exprimait avec beaucoup plus de mot que le jeune d’aujourd’hui. La langue répond à des besoins, aujourd’hui on est dans une société de frénésie, du tout tout de suite, et les mots suivent cet usage. Ils se raccourcissent mais il y a du souffle, du tempo, et ce n’est pas mort, au contraire. Il y a une vigueur nouvelle, on retrouve des accents qu’on avait perdus quand la langue s’était aseptisée. ça s’enrichit, regardez comme le verlan a quasiment doublé le vocabulaire possible!

Où serait la limite entre le fait de mal s’exprimer, au risque d’être mal compris, et l’évolution normale d’une langue ?
C’est tout l’équilibre à trouver. C’est pour ça que l’Académie est nécessaire, que l’école est indispensable, pour que l’on puisse se comprendre. Là où la langue devient code, l’usage ne joue pas son rôle et ça devient excluant. Quand on n’a pas suffisamment de vocabulaire, c’est la capacité même de raisonnement qui en prend un coup, parce qu’on ne peut pas exprimer précisément son jugement. C’est pour ça aussi que les grands textes sont essentiels. On a autant besoin du clerc que du clown.

D’où vous vient ce goût pour l’Histoire ?
Simplement parce que je suis curieux. J’ai découvert à quel point ma réalité était pleine de mystère; quand on est petit, on aime les énigmes, les histoires… Et il y a une grande erreur à ne pas commettre: quand on est passionné d’Histoire, on ne veut pas à tout prix retrouver la France d’avant, ce n’est pas un repli, c’est au contraire aimer son présent.

Vous mêlez cette passion aux nouveaux usages d’ailleurs, comme avec votre chaîne YouTube Toute Berzingue?
Absolument! J’ai créé cette petite chaîne pour raconter en cinq minutes, à fond la caisse – en plus je parle vite donc ça tombe bien! – l’histoire des grandes villes de France. J’ai eu la chance d’aller à Nice, à Antibes, à Cannes, à Marseille… C’est pour donner envie d’aller les voir, de découvrir des vestiges, comme les pierres du petit Poucet.

Simplifier, c’est s’exposer aux critiques?
Bien sûr. Mais les débats avec les universitaires n’ont pas lieu d’être, on ne fait pas le même métier. Je suis très admiratif et je ne suis pas à leur niveau. Pour eux, l’Histoire est une science dure, pour moi, c’est une aventure. Mais la plupart des universitaires que j’ai rencontrés ont la même passion que moi!

Vous avez préparé un Laissez-vous guider sur Napoléon pour France 2, avec Stéphane Bern. Comment raconter Napoléon?
Ca va être diffusé je pense pour les vacances de Pâques. On raconte Napoléon en évitant de chausser les lunettes du XXIe siècle et d’un procureur général. Essayons de se replacer dans le contexte, au lendemain de la Révolution… Je ne suis pas spécialement dingue de Napoléon mais on est tous des petits à côté de la dimension de ce type-là. Essayons de voir les choses de manière calme, il n’y a plus de victime, plus de bourreau, juste un personnage qui a été un des géants de notre histoire, quoi qu’on en dise.

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