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"Pierre Arditi lit ce qu’il aime" ce lundi au théâtre Princesse Grace, à Monaco

Mis à jour le 21/02/2019 à 16:15 Publié le 23/02/2019 à 18:00
Pierre Arditi lit ce qu’il aime.

Pierre Arditi lit ce qu’il aime. Photo Giovanni Cittadini Cesi

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"Pierre Arditi lit ce qu’il aime" ce lundi au théâtre Princesse Grace, à Monaco

Multi-césarisé, Moliérisé, Pierre Arditi vit depuis 1965 une histoire d’amour fusionnelle avec les planches. Dans "Pierre Arditi lit ce qu’il aime", ce lundi 25 février au théâtre Princesse Grace de Monaco, cet insatiable boulimique de scène interprète des textes de Jean-Michel Ribes, de Yasmina Reza et de Philippe Delerm. Il nous parle de son spectacle dans le magazine Week-End.

"J’aime bien les lectures à voix haute, cela me rappelle ma petite enfance, lorsque ma tante Denise nous lisait les aventures d’un personnage nommé Cigale, de l’auteur Paul D’Ivoi, nous confie Pierre Arditi de son exquise voix grave.
C’est ainsi que lorsque mon complice de toujours, Jean-Michel Ribes, m’a proposé de faire une série de lectures au théâtre du Rond-Point, qu’il dirige à Paris, je me suis dit que les gens qui auraient la gentillesse de venir pourraient, à leur tour, se transformer en enfants écoutant les paroles du grand tonton Pierrot."

Lancé en avril 2018, Pierre Arditi lit ce qu’il aime a remporté un succès au-delà de toute espérance, faisant salle comble à chaque représentation, à Paris comme en tournée.
Point de décor sophistiqué pourtant. Une table, une chaise, l’épure est de mise jusque dans la présentation du comédien. Car nul besoin d’atours supplémentaires pour apprécier dans leur pleine mesure les textes ciselés de Ribes, de Reza ou de Delerm, servis par Arditi.
En forme de mise en bouche de ce spectacle donc, Les Mille et un morceaux du très iconoclaste Jean-Michel Ribes, avec lequel l’acteur s’était notamment "commis" dans la série Palace, à partir de 1988.
"Je me suis replongé avec délices, dans les facéties de mon ami Jean-Michel, au travers de ce texte bourré d’humour corrosif."

"Un acteur n’est pas forcément un bon lecteur."

Place ensuite à des extraits de Je vais passer pour un vieux con, de Philippe Delerm: "C’est une peinture douce-amère, quelquefois au vitriol, de nos contemporains. Un texte très joliment écrit, comme toujours chez Delerm."
La part belle est faite, aussi, à Yasmina Reza (avec laquelle Pierre Arditi avait créé la pièce Art, en 1994 à la Comédie des Champs-Élysées), au travers cette fois de morceaux choisis d’Heureux les heureux.
Un livre trônant en bonne place dans la bibliothèque de l’acteur, qui prise cette affirmation de Reza selon laquelle: "La lecture est l’art premier".
"La lecture est la discipline essentielle,
confirme-t-il. Ça commence toujours par une lecture pour soi, à voix basse, puis tout à coup on lit pour les autres et on commence à interpréter.
De la même manière qu’un acteur n’est pas forcément un bon lecteur à voix haute, un merveilleux lecteur n’est pas forcément un acteur. Si vous prenez Michel Serres, lorsqu’il raconte le monde, c’est un acteur extraordinaire, pourtant, ce n’est pas son métier. Et moi je fais ce métier-là pour ça: pour parler au monde, pour comprendre le monde et pour embrasser le monde."
Et d’ajouter: "De la même manière que lorsque je bois un verre de vin, je bois l’âme de celui ou celle qui l’a fait, en lisant, je m’imprègne, je fabrique mes propres images, sans doute différentes de celui ou celle qui a écrit le texte que j’ingurgite, et j’en deviens, en fin de compte, le coauteur. Quand je lis, j’incarne, je ne me contente pas de dire."

"Je ne suis aucun de ces auteurs[...] mais je peux m’enrichir d’eux."

Quel est l’ouvrage qu’il recommande systématiquement?
La réponse fuse sur-le-champ: "Le Rouge et le Noir ! Je n’ai pas toujours été un grand lecteur, au grand dam de mon père qui un jour m’a dit, lorsque j’avais treize ans: Lis Stendhal au moins.
Alors j’ai lu Stendhal au moins, tout Stendhal même. J’étais en vacances de Pâques à Cannes, dans une maison que nous avions louée et, tandis que ma mère et ma sœur allaient à la plage, complexé par mon corps d’ado, je lisais cet admirable auteur sur la terrasse en gardant mon tee-shirt.
J’en ai gardé un magnifique bronzage, digne de celui d’un coureur cycliste, et cette phrase de mon père... qui sera sans doute le titre du livre que je suis en train d’écrire."

Que pense, enfin, cet amoureux de la langue de Molière, par ailleurs à l’affiche de la pièce Compromis, à Paris, de cette affirmation de Sacha Guitry: "Citer les pensées des autres, c’est souvent regretter de ne pas les avoir eues soi-même"? Lui arrive-t-il de ressentir une pointe de jalousie, vis-à-vis des auteurs dont il lit les textes?
"Pas du tout! On peut regretter de ne pas avoir eu les pensées soi-même, mais on peut regretter encore plus de ne pas en avoir pris connaissance.
Je préfère ne pas savoir écrire comme Guitry que j’adore, ou comme André Gide par exemple, mais je serais bien plus pauvre encore si je ne les lisais pas. Je ne suis aucun de ces auteurs, je ne suis que moi-même, mais je peux m’enrichir d’eux et c’est fondamental.
À ce propos, il y a cette très belle phrase de Gide, qui est devenue pour moi une règle de vie: Vivre c’est choisir, et choisir c’est renoncer à tout ce qui reste."


Pierre Arditi lit ce qu’il aime.
Lundi 25 février, à 20 h 30. Théâtre Princesse Grace (12, rue d’Ostende) à Monaco.
Tarifs : de 15 à 33 euros. Rens. 00.377.93.25.32.27. www.tpgmonaco.mc

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