“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Philippe Caubère et Clémence Massart parlent des femmes sur scène

Mis à jour le 16/05/2019 à 18:43 Publié le 28/05/2019 à 10:30
Philippe Caubère.

Philippe Caubère. Photo Gilles Vidal

Philippe Caubère et Clémence Massart parlent des femmes sur scène

"Que je t’aime ! Courrier du cœur". Tel est le titre du spectacle écrit et interprété par Clémence Massart, et mis en scène par Philippe Caubère. Un show à la fois hilarant et émouvant, que l’on découvrira à Monaco du 30 mai au 1er juin. Ils nous ont présenté ce spectacle dans le magazine Week-End. Avant de retrouver Philippe Caubère seul en scène à Anthéa, à Antibes, les 4, 6 et 7 juin.

"Bien que je n’aie pas encore quinze ans, je me permets de vous écrire pour vous demander à quoi une jeune fille peut reconnaître qu’elle est enceinte. Ce n’est pas que je crois l’être pour le moment, mais c’est en cas..." à l’instar de la jeune fille auteure de cette lettre, et manifestement peu au fait de certains fondamentaux, nombre de femmes de tous âges se sont adressées aux courriers du cœur des magazines féminins dans les années 1950-1960.
Des lettres au langage désormais vieillot, révélatrices parfois de lacunes, des courriers apparaissant comme une succession de témoignages de ces temps d’avant la pilule, la loi Veil et, surtout, d’avant Mai-68.
Exhumées par hasard, en 1995, par Philippe Caubère, elles deviennent aussitôt point de départ, dans son esprit, d’un spectacle dans lequel il imagine, au moins dans l’un des rôles, son ancienne compagne demeurée sa complice de scène, Clémence Massart: "J’avais dans l’idée que ce soit joué par plusieurs actrices, une jeune, une moins jeune et une vieille, en l’occurrence Clémence, qui approchait déjà de la cinquantaine. Mais André Benedetto, le grand poète acteur d’Avignon, a convaincu celle-ci de le jouer seule. Et il a eu raison! Clémence joue des femmes de douze à quatre-vingt-dix ans, des Marseillaises, des filles du Sud-Ouest, des Parigotes, des filles attirées par les hommes et d’autres par leurs congénères. Trente-cinq personnages au total, qui parlent sans exception de ce que l’on appelait autrefois des "problèmes de femmes", c’est-à-dire d’amour et de sexe. Mais pas seulement d’ailleurs, il y est question aussi de leurs préoccupations de carrière, de leurs ambitions. Il émane peu à peu de cet ensemble de lettres quelque chose de très tendre, de poétique."

Créé en juillet 1995 au théâtre des Carmes d’Avignon, Que je t’aime! Courrier du cœur a ensuite triomphé à Paris.
Les choses auraient pu en rester là, si, à la lumière de la fameuse "parole libérée des femmes", et de ses dérives, dixit Clémence, l’occasion ne lui avait été donnée de rejouer ces lettres des années 1950-1960: "Elles résonnent singulièrement. Si le langage paraît aujourd’hui désuet, voire kitch, ce n’est que la forme qui a changé. Pour ce qui est des ignorances et des inquiétudes en matière "d’amour", peu de choses ont changé. Et ces lettres, reflet d’une époque révolue, en sont encore plus touchantes et plus drôles."

"Pas obligés d’être des viragos ni des machos insupportables"

Si Que je t’aime! Courrier du cœur se décline exclusivement, donc, au féminin pluriel, rien à voir, cependant, précise Philippe Caubère, avec une pièce comme Les Monologues du vagin.
"Les Monologues, ça vient d’Amérique, c’est un spectacle qui affiche une idéologie féministe. Là, avec Clémence, c’est vraiment la France profonde qui s’exprime. Et si féminisme il y a, il se dégage d’une toute autre manière dans Que je t’aime! Courrier du cœur, avec davantage d’humour.
Les femmes n’y sont pas misandres. Même si par moments elles ne peuvent pas encadrer les hommes, elles les aiment quand même, dans le fond! Rien à voir avec le discours vitupérant maoïste des années 1970, ni avec un certain fanatisme actuel dont j’ai connu les avatars. Ayant été élevé par une mère très militante, je n’avais d’autre choix que de devenir moi-même féministe, même si certains pensent que je suis à l’opposé de cela! Il m’arrive cependant aussi d’être misogyne, comme il m’arrive d’être misandre.
Il y a certes une contradiction, mais dans cette aventure unique que représente la rencontre d’un homme et d’une femme, nous ne sommes pas obligés de devenir ni des viragos ni des machos insupportables. Au lieu de finir dans cette impasse, il faut être attentif à la part de femme, comme à la part d’homme qu’on a en soi."

Et de nous livrer sa vision de l’amour: "On réduit souvent la relation amoureuse, alors qu’elle ne peut se faire que s’il y a aussi de l’amitié et du respect entre les deux personnes. Tout cela est présent dans ce spectacle, dont ressort l’idée que si toutes les révolutions sont nécessaires, ça fait du bien de voir le sujet de la condition féminine traité d’une manière plus légère et décomplexée. Que je t’aime! Courrier du cœur est une formidable déclaration d’amour aux femmes".

Révéler l'acteur

Tout en délicatesse dans sa manière de mettre en scène Clémence, Philippe Caubère, que l’on retrouvera par ailleurs les 6 et 7 juin sur la scène d’Anthéa dans Adieu Ferdinand, le casino de Namur 1 et 2, a gardé à l’esprit l’enseignement d’Ariane Mnouchkine: révéler l’acteur à lui-même.
"Nous nous sommes formés mutuellement avec Clémence sur le plan artistique, elle m’a tellement aidé pour La Danse du diable et Le Roman d’un acteur. Notre histoire d’amour, qui a duré dix-huit ans, est née dans les années 1970 dans le contexte du Cirque du soleil.
Quand je l’ai connue, elle était jongleuse, je croyais que c’était une fille des rues, alors qu’elle était issue de la grande bourgeoisie bordelaise. C’est ce mélange en elle d’aristocratie et de nature populaire qui fait sa singularité. C’est aussi cela, d’ailleurs, le propre de l’art du théâtre populaire, tel que l’a formulé Jean Vilar. Clémence, pour moi, est l’héritière des dernières chanteuses populaires et de Fréhel."


  • Que je t’aime! Courrier du cœur. Avec Clémence Massart.
    Jeudi 30 mai, vendredi 31 mai et samedi 1er juin, à 20 h 30, dimanche 2 juin, à 16 h 30.
    Théâtre des Muses, à Monaco. Tarifs : de 18,99€ à 28,99€. Rens. 00.377.97.98.10.93. www.letheatredesmuses.com
  • Adieu Ferdinand ! Casino de Namur 1, et 2. De et avec Philippe Caubère.
    Théâtre Anthéa, à Antibes. Tarifs : de 27 à 37€. Rens. 04.83.76.13.13. www.anthea-antibes.fr
    1. Mardi 4 juin, à 20 h.
    2. Jeudi 6 juin, à 20 h 30, et vendredi 7 juin, à 21 h.
Clémence Massart.
Clémence Massart. DR

commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.

La suite du direct