Jacques Chambon ou l'art de "faire rire avec des choses abominables"

On a rencontré, à Fréjus, le comédien rendu culte par son interprétation de Merlin dans la franchise Kaamelott, sur petit et grand écran... Il se produira à Antibes, du 3 au 5 novembre, avec son spectacle "La vie est une fête".

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Grégory Parigi Publié le 25/10/2022 à 11:12, mis à jour le 25/10/2022 à 11:24
Quand Jacques Chambon se déplace, le folklore de Kaamelott se rappelle souvent à lui, comme ici à Fréjus récemment. Photo Philippe Arnassan

C’est sur les planches qu’il vit le plus intensément sa passion pour la comédie. Pourtant, c’est face à la caméra qu’il a gagné sa notoriété auprès d’une partie des téléspectateurs français. A tout juste 60 ans, Jacques Chambon jouit d’une sympathie toute particulière auprès du public de la saga Kaamelott depuis près de 18 ans.

Il y campe l’un des personnages les plus drôles et appréciés des fans de la série d’Alexandre Astier: Merlin. D’abord à la télévision, puis dans les salles obscures l’an dernier, dans Kaamelott: premier volet, adaptation cinématographique au casting pléthorique de la franchise.

C’est sans sa barbe (ou du moins avec une taillée et soignée) que Jacques Chambon montera sur la scène du théâtre Le Tribunal à Antibes, début novembre, pour trois représentations de son deuxième spectacle solo La vie est une fête.

Un spectacle drôle et intelligent qu’il a écrit et dans lequel il sème ses réflexions sur l’existence, en interprétant, seul, des personnages singuliers ayant en commun une forme d’excès.

 

À l’occasion d’une convention "geek" à Fréjus récemment, le comédien, dramaturge et metteur en scène a pris le temps d’évoquer sa notoriété toute particulière, son amour pour la scène et son avenir dans la saga Kaamelott.

Comment décririez-vous la relation qui vous lie au public de Kaamelott?

Pour moi, c’est très agréable de rencontrer les fans de la série. Je suis avant tout un homme de théâtre et de café-théâtre. J’ai donc l’habitude d’échanger avec les spectateurs après les spectacles. Mais il est vrai que lorsqu’on travaille sur des projets pour le cinéma ou la télévision, on n’a que rarement l’occasion de rencontrer le public. En général, je participe à quatre ou cinq conventions par an. J’adore ça car l’ambiance est toujours excellente. Les gens sont bienveillants. Beaucoup me demandent si je ne suis pas trop fatigué, si ce n’est pas trop pénible pour moi. Mais comment pourrais-je trouver cela pénible quand, toute la journée, des gens me disent qu’ils adorent mon personnage?

Des anecdotes particulières vous viennent à l’esprit?

Le plus touchant pour moi, c’est lorsque quelqu’un me dit que la série l’a aidé à surmonter une épreuve. À Fréjus, une dame est venue me voir pour me dire que cela l’avait aidé à traverser une période difficile dans sa vie. Elle savait que chaque soir, elle pouvait retrouver un épisode et que cela lui avait fait du bien. C’était très touchant. C’est le plus beau compliment que l’on puisse recevoir.

 

Pour nombre de fidèles de la série, vous avez le statut d’acteur culte. Le ressentez-vous?

Ce n’est pas moi qui suis culte. C’est mon personnage qui l’est. Il a été très bien écrit par Alexandre Astier [le créateur de Kaamelott, Ndlr] et il correspond assez bien à mon jeu. Alexandre est un musicien. Il sait créer des personnages qui collent au plus près du rythme de ses acteurs.

La série Kaamelott a-t-elle été un accélérateur dans votre carrière?

Quand je me suis lancé dans l’aventure, je ne m’attendais pas du tout à ce que Kaamelott devienne ce que c’est devenu. Au départ, c’était juste un court-métrage très artisanal fait avec une bande de copains autour d’Alexandre Astier. Avec l’énorme succès que la série a rencontré dès le début, je me suis dit: ‘‘ça y est, les scénarios vont tomber à la pelle et les agents vont se battre pour m’avoir dans leurs agences’’... Au final ce n’est pas du tout ce qui s’est passé. J’ai continué à faire mon travail de façon très artisanale, principalement au théâtre. En ce sens, je ne peux pas dire que cela a boosté ma carrière autant que je l’avais imaginé.

La vie est une fête est votre deuxième spectacle seul en scène. À quoi les spectateurs doivent-ils s’attendre?

Ce n’est pas du stand-up, puisque j’incarne une galerie de personnages. Au début, j’accueille les gens dans la salle en leur disant qu’ils sont morts et que deux choix s’offrent à eux: repartir pour revivre une nouvelle vie qui sera exactement la même ou rester tranquillement avec moi, ce qui n’est pas folichon. Pour les aider à prendre leur décision, je vais leur montrer les différentes étapes de la vie, depuis la naissance jusqu’à la mort. Pour y parvenir, je fais entrer en jeu une galerie de personnages tous plus abominables, cruels, lamentables, stupides et méchants les uns que les autres... L’idée étant de les dissuader de remettre ça...

Comment décririez-vous votre humour? Et qui vous inspire?

 

J’aime l’humour noir un peu trash et les personnages assez sombre. Ce que je préfère, c’est faire rire avec des choses assez abominables. Parmi les personnes qui m’ont inspiré, on retrouve Pierre Desproges. J’aime aussi l’humour de Gaspard Proust, de Blanche Gardin et des auteurs pessimistes mais drôles. Mais leur travail n’est pas vraiment comparable au mien car j’aborde des personnages d’une façon théâtrale.

Quels sont vos projets artistiques à court terme?

Je dois tourner prochainement en Belgique dans un film de Pierre-François Martin-Laval. Il s’agira d’un film avec Christian Clavier dans lequel j’aurais un petit rôle. Je suis actuellement en train d’écrire une pièce pour ma femme qui est comédienne. Je vais également jouer mon ancien spectacle [Bilan provisoire, ndlr] et je vais reprendre la tournée de Fracasse, le spectacle de Jean-Christophe Hembert [également son partenaire de Kaamelott, il est Karadoc], qu’on avait joué l’année dernière à Grasse, à Toulon et à Fréjus. C’est donc une année bien remplie qui m’attend... Avec, peut-être, le volet 2 de Kaamelott, s’il sort cette saison...


Savoir+

Théâtre Le Tribunal à Antibes. Jeudi 3 et vendredi 4 novembre à 20h30, samedi 5 à 18h et 20h30. Tarifs: 16 euros, réduits 12 et 14 euros. Rens. 06.43.44.38.21

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