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INTERVIEW. Théâtre, cinéma, musique... La Varoise Camélia Jordana, bientôt en représentation dans la région, multiplie les projets

Mis à jour le 13/03/2020 à 18:48 Publié le 20/03/2020 à 09:00
"Je suis en train de finir le montage d’un court-métrage qui sera présenté au Festival de Cannes cette année."

"Je suis en train de finir le montage d’un court-métrage qui sera présenté au Festival de Cannes cette année." Photo Sébastien Botella

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INTERVIEW. Théâtre, cinéma, musique... La Varoise Camélia Jordana, bientôt en représentation dans la région, multiplie les projets

Dernière aventure en date pour la Varoise, "Andando", un "concert théâtral" autour des poèmes de Federico Garcia Lorca. Avant les mesures de restriction anti-Covid-19, elle était attendue à quatre reprises dans son département. Les Niçois espèrent aussi la voir en mai sur les planches dans "Callisto et Arcas". Beaux projets pour l’artiste... qui en présentera d’autres très bientôt. En attendant, Camélia Jordana est à la une du magazine Week-End ce vendredi.

Camélia Jordana est une femme pressée. Musique, cinéma, théâtre. Photos glamour et engagement citoyen, elle a décidé de se lancer dans toutes les directions, à fond.

La quiétude de La Londe-les-Maures, où elle a grandi, doit lui sembler bien loin. À vingt-sept ans, elle croque la vie à pleines dents.

Sur sa route, le paysage défile en accéléré. Le grand public, du moins celui qui traînait à l’époque devant M6 et Nouvelle Star, l’avait découverte à seize ans. Lunettes à la Nana Mouskouri, joli grain de voix. La gamine n’avait pas remporté le télécrochet, mais elle dégageait déjà "un truc".

Trois albums et une douzaine de films plus tard, l’impression s’est vérifiée. Camélia Jordana Riad-Aliouane (Camélia Jordana est son prénom) a fait son trou.

Elle a décroché le César du meilleur espoir féminin pour son rôle dans Le Brio, en 2018. L’année suivante, les Victoires de la musique l’ont récompensée pour Lost, un disque pourtant boudé par le public, dans l’improbable catégorie "album de musiques traditionnelles ou de musiques du monde", parce qu’elle y chantait en français, en anglais et en arabe.

En ce printemps, avant de faire ses premiers pas comme réalisatrice et en continuant de plancher sur Fragile, son quatrième album, Camélia Jordana s’offre une incursion au théâtre.  Un registre dans lequel on l’a moins vue pour le moment.

Avec Andando, en compagnie d’Aymeline Alix, Audrey Bonnet, Zita Hanrot, Estelle Meyer et Johanna Nizard, elle se plonge dans des textes narrant l’émancipation et la quête de liberté de six sœurs dans l’Espagne de 1936, durant un été où le pays bascule dans la guerre civile.

Plus tard, dans Callisto et Arcas, elle naviguera entre mythologie et monde contemporain, d’après un texte d’Ovide adapté par Guillaume Vincent.

Entre-temps, on la verra au cinéma, dans La Nuit venue, un film noir où elle interprète une call-girl qui rencontre un chauffeur de VTC chinois plongé dans le milieu mafieux.

Au cours d’un échange téléphonique vite interrompu par une répétition qui l’attendait, on n’aura pas eu l’occasion d’évoquer ce long-métrage avec Camélia Jordana. Une femme pressée, on vous l’a dit.

Comment présenteriez-vous Andando?
C’est l’histoire de six sœurs qui enterrent leur mère, un personnage méchant et autoritaire. à la suite de cet événement, le monde s’ouvre pour elles, une porte vers l’extérieur apparaît.

C’est une pièce magnifique, avec beaucoup de musique. Je suis entourée de comédiennes extraordinaires. Le metteur en scène, Daniel San Pedro, l’est aussi. Il nous fait un cadeau magnifique en nous réunissant toutes. Il y a une sororité extraordinaire qui s’est créée aussi entre nous, dans la vie.

Connaissiez-vous l’œuvre de Federico Garcia Lorca, à partir de laquelle Daniel San Pedro a écrit sa pièce?
Je connaissais déjà Lorca, j’aimais déjà beaucoup. Mais je découvre vraiment son univers ici.

Daniel s’est inspiré de différents de ses textes, dont plusieurs que je n’avais jamais lus. Il avait déjà mis en scène Yerma et Noces de sang. Andando termine un peu un triptyque pour lui.

"C’est toujours un moment très joyeux pour moi quand je reviens dans mon Sud, quand je sens ces odeurs que je connais si bien."

Sur scène, vous jouez et vous chantez à la fois?
Pouvoir mêler le jeu et le chant, c’est hyper joyeux. Il y a du français, de l’espagnol et une strophe en arabe et hébreu.

Entre actrices, on est toutes à égalité. C’est délicieux de pouvoir avancer comme ça, en laissant libre cours à l’imagination. On s’envole ensemble dans le monde de Lorca.

Ici, il est question de liberté, d’engagement et des interrogations que cela soulève. De quel côté on s’engage? Est-ce qu’on fuit? Est-ce qu’on résiste? Est-ce qu’on collabore? Chaque personnage aura une trajectoire différente.

Vous allez jouer dans le Var. Revenir sur votre terre natale, c’est toujours particulier?
C’est toujours un moment très joyeux pour moi quand je reviens dans mon Sud, quand je sens ces odeurs que je connais si bien.

C’est quelque chose qui me manque vraiment. Si je pouvais, je reviendrais vivre ici. Mais pour l’instant, je ne peux pas me le permettre.

Vous êtes très sollicitée en ce moment...
Exactement, c’est une période bien dense. J’apprends quand même à trier, petit à petit. Parce que ça devient compliqué de pouvoir tout faire, même d’être présente physiquement. Il faut continuer à y prendre du plaisir aussi.

Vous avez dévoilé la chanson Fragile en février. Un nouvel album arrive?
Je suis en plein travail, c’est loin d’être fini. Ce qui est sûr, c’est que j’ai envie de raconter des choses qui sont très proches de celles que j’évoquais dans mon album précédent [Lost en 2018, ndlr].

Cet album, il a été peu écouté. Musicalement, j’ai envie de pouvoir parler au public et de m’amuser à fond, dans un registre plus pop.

 

En réalisant le clip de ce premier single, vous commencez à explorer un autre terrain?
Oui. En ce moment, j’écris mon premier long-métrage, avec une femme extraordinaire qui s’appelle Raphaëlle Desplechin.

Dans le même temps, je suis en train de finir le montage d’un court-métrage qui sera présenté au Festival de Cannes cette année.

J’ai eu la chance d’être retenue pour le dispositif Talents Adami Cannes 2020, qui permet à de jeunes comédiens de passer derrière la caméra. J’ai pu tourner à La Réunion.

De quoi ça parle? Vous verrez... [le court-métrage s’intitulera Inaya aux racines, comme on peut l’apprendre sur le Web, ndlr].

Après Cannes, on vous retrouvera dans la pièce Callisto et Arcas, à Nice...
Je suis très heureuse de travailler à nouveau avec Guillaume Vincent, un metteur en scène que j’aime particulièrement.

Je suis aussi très excitée à l’idée de jouer avec Emilie Incerti Formentini, une de mes comédiennes préférées au théâtre. Je reprends le rôle de Vincent Dedienne, Guillaume va réécrire le texte.

"Si ce que je dis peut éveiller des consciences ou aider des gens à se sentir un peu moins seuls dans leur combat, c’est déjà gagné."

Au fil du temps, votre parole devient-elle de plus en plus engagée?
Elle a toujours été engagée. Aujourd’hui, on me laisse plus de place pour m’exprimer. Donc j’en profite pour parler de choses qui me paraissent essentielles, pour porter des valeurs basiques. Et pourtant bafouées aujourd’hui.

Si ce que je dis peut éveiller des consciences ou aider des gens à se sentir un peu moins seuls dans leur combat, c’est déjà gagné.

Voir le César du meilleur réalisateur attribué à Roman Polanski prouve-t-il que la cause féministe n’avance pas si vite?
C’est horrible, c’est humiliant, c’est dégradant, c’est dégueu, c’est violent, c’est moche, c’est méchant, c’est agressif, c’est désobligeant, c’est indécent, c’est honteux.

Mais c’est le signe d’une avancée féministe. S’il l’a gagné, c’est parce que les femmes sont dans la rue toutes les semaines, qu’elles prennent la parole. Cela arrive aux oreilles des mâles puissants, dominants, prédateurs.

Ils ont conscience qu’on ne laissera plus passer certaines choses. Comme ils sentent qu’on avance, ces hommes frappent plus fort. Dans l’académie des César, il y a beaucoup plus d’hommes que de femmes qui votent.

Ce sont eux qui décorent Polanski. Ce sont avec ces hommes qu’on travaille sur les plateaux, toute l’année...

Est-il urgent que les femmes occupent une meilleure place dans l’industrie du cinéma ou de la musique?
Elles commencent à prendre plus de place. Moi, j’ai travaillé avec plus de réalisatrices que de réalisateurs.

Et mes équipes sont, par un concours de circonstances, presque exclusivement féminines. Mes chefs de poste sont presque toutes des femmes. Là aussi, on avance.


Andando.
-Samedi 21 mars, à 20h30. Théâtre de l’Esplanade, à Draguignan.
Tarifs : 26€, réduit 16€. Rens. 04.94.50.59.59. Annulé.
www.theatresendracenie.com
-Vendredi 3 avril et samedi 4 avril, à 20h30. Châteauvallon, à Ollioules. Complet.
-Samedi 18 avril, à 20h30. Théâtre Le Forum, à Fréjus. Tarifs: 27€, réduit 18€. Rens. 04.94.95.55.55. www.aggloscenes.com

La Nuit venue.
Film de Frédéric Farrucci (France). Drame. 1h35. Sortie le 1er avril. Avec Camélia Jordana et Guang Huo.

Callisto et Arcas.
Jeudi 28 mai, vendredi 29 mai et samedi 30 mai, à 20h30. Théâtre national de Nice. Tarifs: 24€, réduit 13€. Rens. 04.93.13.19.00. www.tnn.fr


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