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Hassan de Monaco l'ami de tout le monde

Mis à jour le 07/11/2016 à 05:04 Publié le 07/11/2016 à 05:04
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Hassan de Monaco l'ami de tout le monde

Après des dates à Nice en septembre, l'humoriste monégasque sort d'une série de représentations à Antibes. Son spectacle, tout en dérision, casse les clichés qui collent au Rocher

L'humour monégasque, vous connaissez? Non? Alors guettez les prochaines sorties de Hassan de Monaco pour vite réserver un strapontin ! Acclamé au théâtre des Variétés de Monaco pour Hassan fait son show, le Monégasque a exporté son succès au théâtre Le Tribunal d'Antibes, la semaine dernière. Grand gagnant du festival niçois Les Fourres du Rire en 2014, il raconte son quotidien, de la scène à l'hôpital, ses influences, partagées entre la Principauté, où il est né et réside, et le Maroc, son pays d'origine. Invité par ses fans à remonter au plus vite sur une scène monégasque, l'humoriste avance un « courant 2017 je pense » sur les réseaux sociaux. En attendant, son quotidien, c'est l'hôpital.


Commençons par les présentations…
Je m’appelle Hassan Moukfi et j’habite àMonaco, ce qui est une particularité en soi.(Taquin) En fait, je suis infirmier anesthésiste mais, depuis toujours, je voulais monter sur scène. Sauf que mon père me disait (il prend l’accent marocain): “ d’abord, t’as le bac, après, tu fais c’que tu veux ”. Quand j’ai eu le bac, il m’a dit: “ d’abord, t’as un métier et après tu fais c’que tu veux ”. Et quand, enfin, j’ai eu un métier, il m’a dit: “ maintenant… tu fais c’que tu veux. ” Et je me suis lancé!

Qu’est-ce qui vous motivait?
J’avais des choses à raconter parce que, ayant la chance de vivre àMonaco, qui est une bulle, je me suis rendu compte que les gens avaient des préjugés et des images toutes faites de l’endroit. Et comme je me sentais un peu particulier… Comme dans Le Prince de Bel Air [série culte des années quatre-vingt-dix, où Will Smith quitte un milieu modeste pour habiter chez de riches parents, N.D.L.R.], mais sauf que je suis plus trapu que WillSmith… Voilà, je voulais parler de ça, de ces préjugés que je rencontre aussi à l’hôpital. Raconter avec un regard neutre et à travers celui de mon père, qui a une vision un peu décalée de la vie. Ce spectacle, quelque part, c’est un hommage à mon papa.

Qu’évoquez-vousdans ce one-man-show?
Ce que c’est que d’être, entre guillemets, un “Arabe àMonaco”.Il y a les racailles, les gens deDubaï et moi, je suis entre les deux. J’ai un statut particulier, je suis un peu leur street credibility, vous imaginez?Je leur permets de toucher quelque chose qu’ils n’ont pas l’habitude de toucher.J’ai une mission, un rôle.C’est même bien vu, je suis l’ami de tout le monde. Une sorte de Passe-Partout [personnage du jeu TV Fort Boyard], en plus grand et sans les clés quoi…

Mais encore?
J’évoque mon père, qui a voulu qu’on réussisse.J’essaie de transmettre une image positive. Il nous a dit que le seul moyen de s’en sortir enFrance, c’est l’école. Il a tout misé là-dessus. Il ne comprenait rien au français, mais il nous aidait à faire les devoirs. C’est ça que j’ai voulu montrer: cette envie qu’on s’en sorte, la fierté qui a été la sienne quand on a réussi. Quand je lui dis que je travaille au bloc opératoire, il s’enflamme. D’ailleurs, auMaroc, tout le monde croit que je suis ministre!

C’est un message qui a, selon vous, une plus forte résonance aujourd’hui?
C’est ça! C’est le seul moyen de s’en sortir, il n’y en a pas d’autres.Il faut souffrir, y aller à fond. Il n’y a aucune excuse d’origines, d’argent.Mon père s’est sacrifié pour que j’y arrive. Il a fait tout un tas de petits boulots pour qu’on soit mieux que lui. Ce sont de super valeurs qu’il nous a transmises.

Et il y a donc, aussi, l’hôpital…
C’est mon fonds de commerce. Dans mes sketchs, j’explique d’où vient cette passion, quel type de personnes on y rencontre.
Je casse un peu l’image du médecin tout-puissant. Les gens pensent que l’hôpital, c’est super-cool, qu’il y a de belles infirmières, de beaux docteurs.On croit que c’est Grey’s Anatomy, que ça couche partout… Ce n’est pas du tout comme ça!

C’est comment, alors?
Un microcosme où il y a de tout.Des bosseurs, des fainéants, des gens efficaces, appréciés… Les médecins, les premiers,ils n’ont pas tous le savoir ultime. Il y a cette suprématie car ils utilisent des mots que l’on ne comprend pas. Mais parfois, ça ne veut pas dire grand-chose… Par exemple (il prend un ton grave): vous avez une cardiopathie bipathique.Il y a des mots qui ne veulent rien dire et pourtant, ça fait classe. Quand vous surfez là dessus, à l’hôpital, vous êtes le roi du monde. Il y a aussi ce service que j’adore: la maternité. [Taquin] Vous savez, c’est bien connu, les femmes enceintes, elles sont détendues, contentes d’être là… Et elles nous le rendent bien. (Il marque un temps). Non, en fait, ce n’est pas du tout ça!

Votre spectacle commence à bien tourner…
Il reste encore en rodage. AvecPeggy Semeria [metteur en scène, qui a coécrit le spectacle], on va l’améliorer petit à petit. Là, c’est l’un de nos derniers arrêts sur la Côte d’Azur. En un an, j’ai eu la chance de faire une trentaine de dates.Pour la première au théâtre des Variétés [en octobre 2015], c’était complet! Quatre cents places avec liste d’attente. Je ne sais pas comment vous dire… On écrit un spectacle, personne ne l’a vu et on fait complet! C’est magique!

Si le succès est au rendez-vous, vous lâchez l’hôpital?
Pour le moment, la question ne se pose pas. C’est un bon équilibre.A l’hôpital, je suis content car je sais que le soir je vais jouer.Et je suis content de jouer car je sais que le matin, je vais pouvoir m’inspirer de ce que je vois. Maintenant, si on me propose 15.000 € par mois pour faire du théâtre, la question se posera plus facilement.

Quels humoristes vous inspirent?
Je suis fan de Gad Elmaleh.J’apprécie le comique d’observation, parler de la vie de tous les jours. J’aime bien Florence Foresti, Thomas N’Gijol. Mais j’essaye aussi, de sortir des cases. C’est facile, quand on est d’origine maghrébine, d’entrer dans le côté communautariste. Attention, les images sont positives mais, moi, je ne suis pas du tout un mec de cité. C’était cool d’être l’Arabe de la classe!


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