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Galabru, monstre

Michel Galabru s'est éteint hier matin à l'âge de 93 ans. Il a joué dans plus de 200 films et pièces de théâtre, mais restera à jamais l'adjudant Gerber de la série du Gendarme de Saint-Tropez

Philippe DUPUY Publié le 05/01/2016 à 05:12, mis à jour le 05/01/2016 à 05:12
de « monstre sacré » avait accepté de poser à Ramatuelle en août dernier avec le masque du Dieu grec de la vigne et du théâtre, Dionysos.
de « monstre sacré » avait accepté de poser à Ramatuelle en août dernier avec le masque du Dieu grec de la vigne et du théâtre, Dionysos. Laurent Amalric

Le dernier des Gendarme de Saint-Tropez est mort hier… à Paris. Éternel adjudant Gerber de la série de films portés par Louis de Funès, Michel Galabru s'est éteint dans son sommeil, selon ses proches. Il avait 93 ans et jouait encore au théâtre jusqu'en novembre dernier, où, très fatigué, il avait dû annuler ses dernières représentations. La mort de son épouse Claude, au mois d'août, l'avait profondément affecté. Mais il projetait encore de monter sur scène cette année pour jouer Cancre, un texte autobiographique dans lequel il revenait avec humour sur sa longue carrière.

Le cinéma, un choix de raison

Né le 27 octobre 1922 à Safi au Maroc, le jeune Galabru avait rapidement trouvé sa voie : la comédie. « J'étais nul à l'école, mais j'aspirais à une certaine forme de reconnaissance », nous confiait-il en 2012, alors qu'il avait enfin accepté de reprendre le rôle de Raimu dans La Femme du boulanger qu'il avait toujours refusé de jouer par dévotion pour l'acteur toulonnais.

Premier prix de conservatoire, Galabru était entré directement à la Comédie Française, en 1950, avant d'en démissionner pour se lancer dans le cinéma. Un choix de raison plus que de cœur : « On rentrait dans l'ère de la médiatisation qui fausse toutes les valeurs. Ça sentait le roussi. Il fallait partir et j'ai bien fait. Beaucoup d'acteurs de ma génération, très brillants, sont restés inconnus et ont tiré le diable par la queue toute leur vie ». Ça n'a pas été son cas. Au prix d'un nombre considérable de « panouilles » (comme il le disait lui-même), le cinéma lui a offert une vie confortable. Riche de plus de 200 films, sa carrière cinématographique restera marquée par deux grands rôles : celui de l'adjudant Gerber, dans la série du Gendarme de Saint-Tropez dont il incarnait le chef bonasse et celui de Joseph Bouvier, dans Le Juge et l'assassin de Bertrand Tavernier, qui lui valut le César du meilleur acteur en 1977.

 

Toujours modeste

Une reconnaissance tardive, dont il n'était pas dupe : « Les prix c'est bien agréable, ça flatte l'ego. Sur le moment on est heureux, mais ce sont des hochets dont personne ne se souviendra », estimait-il. Malgré ce premier succès dans un registre dramatique, le cinéma ne lui offrira effectivement pas beaucoup d'autres rôles de ce calibre.

Ce qui ne l'empêchera pas de connaître de grands succès dans des seconds rôles (comme celui d'Abraracourcix, le chef de village du premier Astérix), voire avec de simples apparitions : son unique et courte scène dans Bienvenue chez les Ch'tis, en 2008, est devenue culte.

Tout autant que Le Viager qu'il tourna à Saint-Tropez au début des années 70 sous la direction de Pierre Tchernia et qui est dans le Top 3 des films les plus rediffusés à la télé. Star du petit écran mais toujours modeste, Galabru se contentait, lui, de l'affection que lui témoignait le public à chacune de ses apparitions scéniques. Un amour des planches qu'il concrétisa en rachetant en 1984 un théâtre à l'abandon baptisé désormais Théâtre Montmartre-Galabru. « Car c'est là mon vrai métier », concluait-il invariablement. Il laisse sur les scènes de France, qu'il a écumées jusqu'au bout, un vide béant que personne ne pourra combler.

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