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Clémentine Célarié ravive la flamme du théâtre antibois Anthéa avec "Une vie"

Mis à jour le 11/01/2021 à 10:11 Publié le 09/01/2021 à 11:09
La comédienne incarne la Jeanne du premier roman de Maupassant dans cette pièce qu'elle a adaptée.

La comédienne incarne la Jeanne du premier roman de Maupassant dans cette pièce qu'elle a adaptée. Photo Lot

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Clémentine Célarié ravive la flamme du théâtre antibois Anthéa avec "Une vie"

Vendredi, la comédienne était à Anthéa, pour une représentation d’Une vie, adaptée du roman de Maupassant. Des collégiens et lycéens des Alpes-Maritimes ont pu la suivre en direct sur Internet. Rebelote ce soir pour les fidèles du théâtre antibois.

Quand Daniel Benoin, le directeur d’Anthéa, lui a proposé de renouer avec les planches, Clémentine Célarié n’a "pas hésité une seule seconde".

A l’arrêt depuis le mois d’octobre avec sa pièce Une vie, saluée par la critique et le public depuis un passage remarqué au Festival off d’Avignon 2019, la comédienne avait des fourmis dans les jambes.

Jouer était devenu une urgence. Impossible de le faire face à des spectateurs en chair et en os ? Qu’à cela ne tienne, ce sera par écran interposé. Mais pour une retransmission en direct, pas du réchauffé.

Vendredi après-midi, vendredi 8 janvier, la comédienne a présenté son seule en scène à 500 élèves des Alpes-Maritimes (Collèges La Fontonne et Bertone et lycée Léonard-de-Vinci d’Antibes, collège César de Roquefort-les-Pins, collège Don Bosco et institut Stanislas de Nice, ainsi que l’association École buissonnière 06).

Maintenir le lien

Dès son retour en loges, on lui demande comment elle a vécu cette première.

"C’est une alternative et ça ne remplacera jamais la chaleur humaine d’un public. Mais quand même, c’était dingue. Je ne suis pas sentie si seule que cela. J’ai l’impression de participer à un acte de résistance initié par Daniel Benoin. Contrairement à ce que certains pensent, on ne tue pas le théâtre en faisant cela. On maintient le fil avec les spectateurs."

Le matin, elle avait effectué une ultime répétition, afin de régler les derniers détails avec le cadreur chargé de la captation.

"Je crois qu’il faut se donner presque deux fois plus pour que l’énergie du texte traverse l’écran. Après, comme les mots de Maupassant sont déjà très forts, on a décidé de ne pas multiplier les changements d’angles de caméra."

Après une heure et demie de jeu, Clémentine Célarié a pu discuter en vidéo avec des jeunes.

"En temps normal, j’adore rencontrer les gens en bord de scène. On discute, on explique. Pas besoin de croire qu’on casse le mystère. C’est une connerie, ça! Dans une période comme celle-ci, l’échange est encore plus essentiel. Les élèves m’ont demandé comment je faisais pour pleurer, comment j’arrivais à mémoriser le texte de tous les personnages... C’était marrant."

Cette Jeanne de Maupassant, elle l'a "dans le sang"

Clémentine Célarié nous assure avoir trouvé sa vocation en assistant à une représentation des Contes de la bécasse, lorsqu’elle était ado.

Mais avant de plonger le nez dans Une vie, le premier roman de Guy de Maupassant, de l’eau a coulé sous les ponts.

"Il y a environ trois ans, maman m’a demandé si je l’avais lu. J’ai adoré l’espoir en la vie de cette héroïne [Jeanne Le Perthuis des Vauds, ndlr]. Elle a une forme de candeur, de naïveté. Cela nous fait un point commun, je me reconnais en elle."

Ce classique lui est sans doute tombé au bon moment entre les mains, comme elle l’explique. "Je sens que le fait d’avoir cette maturité me sert énormément pour l’incarner. C’est une question de vécu. Pas d’âge, parce que l’âge, c’est ce qu’on en fait."

Photo Lot

Façon Benjamin Button

"Maupassant est un génie, on dirait qu’il nous connaît tous. Et ses mots sont tellement vibrants...", poursuit-elle, toujours envoûtée par ce personnage qu’elle a joué de manière récurrente au Théâtre des Mathurins, à Paris, avant les restrictions liées au contexte sanitaire.

Avant d’aller à la rencontre du metteur en scène, Arnaud Denis, la native de Dakar, au Sénégal, avait adapté le roman, en le passant de la troisième à la première personne.

"J’ai choisi de partir de la dernière partie de son existence, où on la découvre vieille et usée. Puis on repart dans l’autre sens, en traversant toutes les autres étapes de sa vie. Ce texte, je l’ai dans le sang. Je trouve qu’aujourd’hui, il résonne encore plus fort, parce qu’il porte justement en lui une forme d’espoir."

Clémentine Célarié interprète cette Jeanne dans un mélange d’énergie brute et de sentiments plus fins.

Elle se glisse également dans la peau de ceux qui se trouvent sur son chemin : son mari, la bonne avec laquelle il la trompe, ses parents... Derrière leur écran d’ordinateur, ce soir, samedi 9 janvier à 21 heures, les abonnés d’Anthéa et ceux qui avaient réservé une place pour la "vraie" représentation devraient se régaler. Malgré tout.

Photo Lot

Inactive, elle ? Jamais !

Dans un portrait qui lui avait été consacré par l’émission Entrée libre, sur France 5, on voyait son fils aîné, Abraham Diallo (en charge de la musique d’Une vie), la décrire comme « sérieuse, exigeante et peut-être impatiente parfois ».

On redoutait qu’elle soit en train de tourner comme une lionne en cage ces derniers temps...

« Ah ben non, j’arrête pas en fait ! Je suis fauchée, j’ai dû déménager dans un endroit plus petit. Sinon, je m’occupe de mes parents. Et sur le plan artistique, j’ai terminé l’écriture d’un scénario, qui a été proposé à France Télévisions. Avec l’auteur Jean-Benoît Patricot, on a adapté sa pièce, Darius. »

Elle qui approche la centaine de longs-métrages au compteur en tant que comédienne, a décidé d’entamer une carrière de romancière.

« Je passe beaucoup de temps à préparer un récit, assez autobiographique, sur une période de ma vie. »

Pendant le deuxième confinement, Clémentine Célarié a également pris la direction de la Bretagne pour le tournage d’un film.

« Avec des copains acteurs et réalisateurs, on a loué une baraque et on a bouclé l’affaire avec un budget minuscule d’à peine 12 000 euros. »

Cette représentation diffusée live depuis Anthéa semble avoir déclenché une autre envie chez elle. « Depuis longtemps, je pensais proposer des ateliers de théâtre. Je veux encourager les gens à jouer, à faire. Dans une période comme celle-là, on doit retrouver une âme d’enfant. »

"J'ai failli aller jouer chez Leclerc..."

Toujours intense, Clémentine Célarié devient bouillonnante lorsqu’elle évoque le traitement réservé au monde culturel en ces temps de pandémie.

« On a l’impression d’être maltraité. On dirait qu’on veut nous faire mourir, mais ça n’arrivera pas ! Depuis toujours, l’humain a soif de récits. Il faut libérer les théâtres. Quand on voit tous ces gens qui bossent en train de s’agglutiner dans les transports en commun, ou cette concentration dans les hypermarchés, on se dit que rien de tout ça n’est juste ou cohérent. Un jour, j’ai failli aller jouer chez Leclerc, ou dans une église... ».

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