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Au procès du 13-Novembre, deux pères inconsolables d'avoir perdu leurs enfants

L'un a perdu son fils, l'autre sa fille, tous deux assassinés au Bataclan le 13 novembre 2015.

La rédaction Publié le 26/10/2021 à 22:05, mis à jour le 26/10/2021 à 22:05
Le Bataclan quelques jours après les attaques du 13 novembre 2015. Photo AFP

L'un a perdu son fils, l'autre sa fille, tous deux assassinés au Bataclan le 13 novembre 2015. Témoignant mardi 26 octobre, à la barre de la cour d'assises spéciale, les deux hommes, inconsolables, ont exprimé une colère rarement entendue depuis l'ouverture du procès.

Patrick Denuit est persuadé que son fils Alban a été torturé, malgré toutes les constatations policières et médico-légales. Patrick Jardin ne voit dans le box des accusés que "des monstres" et revendique sa "haine" à leur encontre. "J'attends de ce procès qu'ils aillent tous brûler en enfer", dit-il.

"Les lésions que vous décrivez ne sont pas avérées"

Le père d'Alban donne des détails sordides. Il prétend qu'une employée de l'Institut médico-légal (IML) lui a affirmé que son fils avait eu "les testicules coupés et mis dans sa bouche", qu'il a été énucléé. De façon exceptionnelle, le président Jean-Louis Périès l'interrompt : "Les lésions que vous décrivez ne sont pas avérées".

 

"Votre fils est décédé par lésions balistiques. Aucune plaie au niveau de l'appareil génital. Pas d'éventration non plus", énumère le président en s'appuyant sur les rapports d'experts. "Il y a les examens médicaux qui ont été effectués et il y a aussi les témoignages de celles et ceux, survivants, qui n'ont pas fait état de la moindre scène de torture. On ne voit pas pourquoi les témoins, traumatisés, auraient caché ce genre de choses. La scène qui a duré quelques minutes est déjà en soit d'une gravité extrême", met au point M. Périès.

"Un crime de guerre"

Patrick Jardin, habitué des discours vengeurs contre l'islam sur les réseaux sociaux, s'avance à son tour à la barre. "Ma fille a été tuée par des monstres et je pèse mes mots", dit-il d'emblée. L'assassinat de sa fille a été "un crime de guerre", s'emporte-t-il. "J'ai connu de vrais combattants, des amis qui ont combattu dans la Légion étrangère ou dans les paras. Jamais aucun d'entre eux ne se serait permis de tirer à bout portant ou même à bout touchant contre des personnes désarmées", poursuit M. Jardin.

D'ailleurs, ajoute ce partisan de la peine de mort, "si ça ne tenait qu'à moi, j'enverrais Abdeslam rejoindre les 72 vierges qu'ils convoite tant". Patrick Jardin qui peste contre "la bien-pensance" affirme "ne pas faire de politique" mais ne peut s'empêcher de fustiger les dirigeants politiques d'alors, François Hollande, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve ou Jean-Yves Le Drian.

"Quelques fois, je l'appelle"

"Il manque dans ce box les politiques qui doivent la sécurité aux citoyens", soutient-il. "Je sais qu'on va encore me traiter de facho, d'islamophobe. Si j'étais d'ultra droite comme ils disent, ma douleur serait-elle moindre?", demande-t-il. Comme le père d'Alban, M. Jardin se dit certain qu'il y a eu "des exactions". "Il n'y en a pas eu. Ce n'est pas la peine de rajouter de l'horreur à ce qui est déjà horrible", le reprend le président.

 

Soudain, l'humanité resurgit quand M. Jardin évoque sa fille. "Elle me manque de plus en plus. Plus le temps passe, plus la douleur augmente". Il continue de payer l'abonnement téléphonique de sa fille pour avoir la joie brève d'entendre sa voix enregistrée sur son répondeur. "Quelques fois, je l'appelle", dit-il hors de la salle d'audience et, à ce moment, ne reste que la douleur d'un père.

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