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Attentat du Drugstore en 1974: Carlos à nouveau condamné à la perpétuité

Quarante-sept ans après l'attentat meurtrier du Drugstore Publicis, Carlos a, une nouvelle fois été condamné la réclusion criminelle à perpétuité. Il avait déjà été condamné à deux reprises à la prison à vie dans ce dossier.

AFP Publié le 23/09/2021 à 18:20, mis à jour le 23/09/2021 à 18:36
Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, devant la cour d'assises spéciale de Paris, le 22 septembre 2021 AFP / Benoit PEYRUCQ

Une nouvelle fois, ce sera la perpétuité, pour Carlos.  Ilich Ramirez Sanchez, dit Carlos, 71 ans, a été à nouveau condamné jeudi 23 septembre, à Paris à la réclusion criminelle à perpétuité pour l'attentat du Drugstore Publicis, qui a fait deux morts et 34 blessés en 1974.

Après plus de deux heures de délibérations, la cour d'assises spéciale, qui ne statuait que sur la durée de la peine, a confirmé la condamnation à la prison à vie, déjà prononcée à deux reprises à l'encontre de Carlos dans ce dossier vieux de 47 ans.

Figure du terrorisme "anti-impérialiste" des années 1970-80, le Vénézuélien, 71 ans aujourd'hui, avait été condamné en mars 2017 à la perpétuité pour avoir lancé une grenade dans la galerie marchande du grand magasin parisien, une peine confirmée un an plus tard en appel.

 

Mais la Cour de cassation avait estimé que Carlos avait été condamné deux fois pour la même chose car deux incriminations se recoupaient, et renvoyé l'affaire devant la cour d'assises spéciale, pour qu'elle ne statue que sur la durée de la peine. 

Au terme d'un réquisitoire de quarante minutes, l'avocat général Rémi Crosson du Cormier, qui portait déjà l'accusation lors des deux précédents procès, a demandé que Carlos soit à nouveau condamné à la perpétuité, "et ce malgré les années écoulées".

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, Carlos a vilipendé un dossier "prescrit, sans témoin", une "manipulation grossière", appelant les magistrats professionnels à "prendre la bonne décision". Son avocate Isabelle Coutant Peyre a dénoncé l'absurdité d'un "faux procès", pour fixer la peine uniquement, et s'est insurgée contre le "délai déraisonnable" de la procédure.

Mais si la cour venait à prononcer la perpétuité, Me Coutant Peyre a demandé qu'elle ordonne une "confusion" de cette peine avec les deux autres condamnations à la prison à vie que purge déjà Carlos, pour un triple meurtre en 1975 à Paris et pour quatre attentats à la bombe commis en France en 1982 et 1983 (11 morts et 191 blessés).

L'arrêt de la cour d'assises "ne sera historique que dans le sens où il mettra un terme au long parcours judiciaire de celui qui est incarcéré depuis 27 ans", suite à son arrestation au Soudan en 1994, a estimé de son côté l'avocat général.

"Inacceptable !"

Chevelure et moustache blanches, foulard au cou et pochette glissée dans sa veste, montre apparente au poignet, Carlos a soigné sa dernière apparition devant une cour d'assises.

 

Mais le "révolutionnaire professionnel" vieillissant n'a fait le spectacle que devant une poignée de soutiens, auxquels il a lancé ?illades, baisers et poing levé. Celui qui parfois se livrait à de longs monologues dans les prétoires a pris la parole en dernier, comme il est d'usage, pour 13 minutes seulement, se déclarant "fier de (son) parcours révolutionnaire".

Dans le box, il s'est montré tantôt souriant, tantôt pestant contre la fouille de ses effets personnels ou le "vol de (ses) stylos", le jugeant "inacceptable". "Avant il y avait de l'ordre et du respect", s'est-il emporté. S'il s'est plu à réaffirmer avoir "tué 83 personnes au moins de (ses) mains", Carlos a rechigné à s'exprimer sur l'attentat du Drugstore.

Le 15 septembre 1974 à Paris, vers 17H10, une grenade lancée par un homme depuis le restaurant en mezzanine du Drugstore avait explosé dans la galerie marchande en contrebas, à l'angle du boulevard Saint-Germain et de la rue de Rennes. Sans ADN ni aveux, la justice a validé la thèse de l'accusation, selon laquelle cet attentat visait à faciliter la remise en liberté d'un Japonais arrêté à Orly, membre de l'Armée rouge japonaise dont un commando venait également d'exiger la libération lors d'une prise d'otages à l'ambassade de France à La Haye.

Ce mouvement était proche d'une branche du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) dont Carlos était devenu l'un des bras armés en Europe. Carlos avait été reconnu coupable à partir d'un faisceau d'éléments, dont le témoignage d'un ancien compagnon d'armes repenti, Hans Joachim Klein, mais aussi le rapprochement de la grenade utilisée au Drugstore avec celles abandonnées après la prise d'otages de La Haye.

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