Bodyguard, l'intelligence artificielle niçoise qui protège les joueurs et joueuses à Roland Garros contre les insultes et les menaces

Née à Nice, l'application spécialisée dans la modération des contenus haineux en ligne sera, cette année, mise au service des joueurs pendant la quinzaine parisienne porte d'Auteuil.

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Clément Tiberghien Publié le 31/05/2023 à 20:15, mis à jour le 31/05/2023 à 20:20
Charles Cohen, fondateur de Bodyguard Ai Photo Bodyguard

La mission de Bodyguard est simple: protéger le plus de monde possible des contenus toxiques sur internet grâce à l'intelligence artificielle. Face au constat d'un déferlement de haine qui inonde régulièrement les réseaux sociaux, Charles Cohen crée son application mobile en 2018. La start-up met, aujourd'hui, sa technologie au service du tournoi de tennis de Roland Garros, qui se tient porte d'Auteuil, à Paris, du 22 mai au 11 juin.

Du particulier à l'entreprise

"Au début, on s'est spécialisé dans la protection de l'individu. L'application, gratuite, a été téléchargée par beaucoup de créateurs de contenus et on s'est fait connaître comme ça" raconte Charles Cohen, fondateur de Bodyguard. Parmi les adeptes de l'application, on retrouve l'ancien secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi, Marlène Schiappa ou encore un certain Bilal Hassani, lequel avait vanté les mérites de Bodyguard sur le plateau de nos confrères de Quotidien en 2019.

Bodyguard est aujourd'hui également au service des professionnels. "En protégeant les entreprises, on protège des millions de personnes. On a développé une mission b2b (commerce de professionnel à professionnel NDLR) par laquelle on accompagne les entreprises sur la modération de leurs réseaux sociaux comme leurs pages Facebook, Instagram, mais aussi sur TikTok, Discord, Twitch, YouTube et autres" explique le fondateur.

De quoi séduire les dirigeants du Grand Chelem sur terre battue, qui a fait appel aux services de la start-up niçoise. "Le tournoi met notre technologie au service des joueurs qui le veulent. Actuellement, on protège une cinquantaine d'entre eux environ, y compris parmi les joueurs et les joueuses les mieux classés!" confie Charles Cohen. Concrètement, Roland Garros "a des accès à notre plateforme qu'ils peuvent transmettre à qui ils veulent pour permettre, via un lien de connexion, d'autoriser Bodyguard à faire son travail de modération" ajoute-t-il.

Comment ça fonctionne

Le fonctionnement de Bodyguard est simple: "On récupère, en temps réel, les commentaires postés sur les réseaux sociaux. On les analyse en live via notre technologie, et en cas de détection de contenu toxique, le commentaire est supprimé" explique Charles Cohen. Une équipe de dix linguistes "permet de détecter plus de 95% des contenus problématiques" ajoute-t-il. En cas de manquement répété d'une même personne, le bannissement, l'impossibilité de poster des commentaires ou l'exclusion d'un groupe font partie des armes à la disposition de l'entreprise.

La promesse de la start-up niçoise, "c'est que les joueurs de tennis puissent se concentrer sur leurs performances sur le court. Sur leur communauté positive aussi, et que les haters qui sont là pour envoyer de la haine soient neutralisés. Arrêtons de se concentrer sur ces 5-6% de messages toxiques en moyenne et plutôt sur les messages positifs. Au foot, on peut se reposer sur son équipe, mais au tennis, le joueur est seul."

La perspective de continuer à protéger le monde du tennis après Roland trotte dans la tête de Charles Cohen. Quitte à devoir le faire gratuitement dans certains cas. "Je ne voudrais pas que, pour une question d'argent, on cesse de protéger quelqu'un" assure le fondateur. Vers un futur contrat, à grande échelle, avec les fédérations professionnelles de tennis de l'ATP et de la WTA ? Affaire à suivre.

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