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VIDEO. "Si la crise continue on devra tout arrêter": privées de scène, trois drag-queens niçoises se confient sur leur quotidien

Mis à jour le 13/02/2021 à 09:27 Publié le 13/02/2021 à 09:27
Tatyana, Saphyre et Millena, trois drag-queens du "Red kafé" à Nice.

Tatyana, Saphyre et Millena, trois drag-queens du "Red kafé" à Nice. Photo DR

Monaco-Matin, source d'infos de qualité

VIDEO. "Si la crise continue on devra tout arrêter": privées de scène, trois drag-queens niçoises se confient sur leur quotidien

Privées de leur travail à cause de la crise sanitaire, Tatyana, Saphyre et Millena, trois drag-queens du "Red kafé" à Nice, racontent leurs vies sans la scène. Sans perruque, ni paillette.

La crise sanitaire nous a tous obligé à vivre différemment. Confinés chez soi, interdits de bars, de spectacles et de moments festifs. Une double contrainte pour ceux qui en vivent.

Tatyana Clakson, Princesse Saphyre et Millena B Rose sont trois Niçois, trois drag-queens professionnelles. Elles présentaient chaque semaine un show au Red kafé, un bar gay sur la rue piétonne à Nice. Et même un spectacle, Les Drôles de dames, à l’Oméga club à Marseille. Aujourd’hui privées de ressources, elles racontent leur vie sans la scène. Sans perruque, ni paillette.

"Une échappatoire"

Millena B Rose, 20 ans : "J’ai l’impression de pouvoir exprimer la personne que j’ai toujours voulu être".
Millena B Rose, 20 ans : "J’ai l’impression de pouvoir exprimer la personne que j’ai toujours voulu être". Système / Nice Matin

"Ce qui me manque le plus, c’est de rencontrer les gens, d’animer les soirées et d’avoir une échappatoire à la vie quotidienne", confie l’aînée.

Tatyana est drag-queen depuis dix-huit ans. Un métier, une passion qu’elle a dû arrêter avec la crise sanitaire. La fermeture des bars, de mars à juin et de septembre à aujourd’hui, a chamboulé sa vie. Elle qui était animatrice attitrée au Red kafé a pris un autre métier "pour s’en sortir".

Elle préfère d’ailleurs taire son nom, pour ne pas être virée. "Ce n’est pas facile d’être accepté par tout le monde", souffle le travesti de 33 ans.

Les bars LGBT étaient un refuge. Un moyen d’être bien dans sa tête, dans sa peau. "J’ai l’impression de pouvoir exprimer la personne que j’ai toujours voulu être", confie Millena, 20 ans. "Quand le rideau se lève, toutes mes angoisses disparaissent. Le public te regarde. Tu te sens un peu comme une star", sourit Saphyre, 24 ans. "Les gens venaient nous voir toutes les semaines", poursuit avec nostalgie la benjamine. Pour Tatyana, "C’était un peu la famille du Red kafé".

"On joue avec le public"

"Si ça devait s’arrêter, je le vivrais presque comme un échec", avoue Princesse Saphyre.
"Si ça devait s’arrêter, je le vivrais presque comme un échec", avoue Princesse Saphyre. Système / Nice Matin

Pour garder le lien, elles se sont rabattues sur les réseaux sociaux. Instagram, TikTok et des live show payants sur Facebook. "On crée une cagnotte et on invite les personnes qui ont participé dans un groupe privé, explique l’aînée. Ça nous permet de gagner un peu d’argent mais ça ne remplace pas le vrai show."

"Normalement, on joue beaucoup avec le public, détaille Millena. Quand je récupère les tips [pourboires] dans la salle, je danse sur les gens. Tatyana les taquine, les fait rire. C’est toute une ambiance. Là, t’es face à ton mur et tu ne sais pas si ça plaît aux gens."

"On se demande ce qu’on va devenir"

"Ce qui me manque le plus, c’est de rencontrer les gens, d’animer les soirées et d’avoir une échappatoire à la vie quotidienne", confie Tatyana Clakson.
"Ce qui me manque le plus, c’est de rencontrer les gens, d’animer les soirées et d’avoir une échappatoire à la vie quotidienne", confie Tatyana Clakson. Système / Nice Matin

La Covid remet tout en question. "On se demande ce qu’on va devenir", souffle la doyenne qui a commencé à 15 ans. "Si ça continue, on devra tout arrêter. Même si je n’ai pas envie de tourner cette grande page de ma vie, j’ai fait ma carrière. Je suis surtout inquiète pour elles."

Saphyre et Millena sont ses protégées. "Tatyana nous a pris sous son aile après avoir participé à un concours, partage la dernière. Elle nous a beaucoup aidées dans ce milieu où il est très difficile de se faire une place. C’est grâce à elle qu’on est devenues professionnelles."

"Si ça devait s’arrêter, je le vivrais presque comme un échec", avoue Saphyre. "On était bien parties, enchérit Millena. Je serai triste de devoir arrêter ce métier qui réunit toutes mes passions."

Elle s’y prépare déjà. "J’ai un diplôme de maquilleuse, mais avec le virus, on n’a plus beaucoup de travail. Je suis en train de voir pour recommencer des études. Même si j’arrête le métier, je continuerai d’être drag-queen. Je le ferai pour mon bien-être."

Un clip en préparation

Mais elles n’ont pas encore rangé les talons au placard. Les trois Niçoises préparent un clip qui célèbre les drags de la région. "On sera neuf artistes avec des danseurs filmés dans deux ambiances : une pin-up, l’autre rap et audacieuse", annonce Tatyana.

Objectif : gagner en visibilité. "En France, j’ai l’impression que tout tourne autour des drags parisiennes. On veut montrer qu’il y a des grandes communautés en dehors de Paris." Le clip sortira début juin sur leurs comptes Instagram (@millena.b.rose, @tatyana_clakson et @princessaphyre).

C’est quoi une drag-queen ?

"Souvent les gens mélangent l’art drag-queen avec les transsexuels ou la sexualité, regrette Tatyana. C’est un métier. On n’imagine pas tout le travail qu’il y a derrière. On passe 4 heures à se préparer, des journées à répéter. On dépense aussi beaucoup d’argent dans les costumes, le maquillage, les perruques… Quand on monte sur scène, on fait un show. On danse, on fait du playback, on fait rire le public. Mais on n’est ni des clowns, ni des bêtes de foires. On est des artistes. On est payées à la soirée, entre 500 et 3.000 euros selon les événements."

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