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"Suicide-toi sale p...": le père d'une collégienne harcelée par des élèves dénonce le silence d'un l'établissement à Menton

Ce Roquebrunois dénonce le silence du collège que sa fille a fréquenté cette année à Menton et qui a été harcelée par des élèves de sa classe. Témoignage d’un père en détresse.

R.D. Publié le 03/08/2022 à 09:15, mis à jour le 03/08/2022 à 10:57
Michaël L. veut que justice soit rendue pour sa fille harcelée pendant l’année au collège André-Maurois. Photo C.M.

C’est un père désabusé qui pousse la porte de notre agence, après des mois de colère et de démarches vaines, pour défendre sa fille de 13 ans, qu’il dit victime de harcèlement au collège André-Maurois de Menton. D’origine franco-italienne, cette élève de 5e a subi depuis le mois de février dernier "des actes intimidatoires et de harcèlement moral" de la part de trois élèves de sa classe, selon les affirmations de son père.

Décidé à faire éclater la souffrance de son enfant au grand jour, Michaël L. s’est battu pendant six mois contre l’administration du collège et l’Éducation nationale, multipliant les dépôts de plaintes au commissariat et les courriers électroniques, pour faire punir les collégiennes qu’il met en cause. Mais, à la fin de l’année scolaire, le constat est simple pour Michaël: rien n’a été fait et les vacances estivales mettent un coup d’arrêt à cette affaire. Le père ne compte pas en rester là et pointe du doigt de nombreux manquements…

Comment cela a-t-il commencé?
Ce sont des jeunes - dont ma fille - qui se connaissent tous car ils viennent de l’école française de Vintimille. Quand un d’entre eux a été traité d’homosexuel sur les réseaux sociaux par ces trois élèves, ce qui a provoqué la raillerie des collégiens de l’établissement, ma fille a voulu le défendre; elle a aussi assisté à des scènes d’insultes envers d’autres jeunes. Depuis ce moment-là, elles l’ont prise comme souffre-douleur, lui assénant des coups de pied dans sa chaise en classe, l’attendant à la cantine, la poussant dans la cour ou la malmenant pendant les heures de sport, en lui disant "Suicide-toi sale p...". Ma fille en a parlé à sa mère, puis à moi, et j’ai décidé de m’adresser au principal pour avoir un rendez-vous…

 

Que s’est-il passé alors?
J’ai fait cette demande le 4 avril dernier par mail, expliquant la situation et indiquant qu’il était inadmissible que ma fille aille à l‘école avec la peur au ventre. Je demandais à la direction de prendre des mesures à l’encontre de ces élèves. J’ai reçu une réponse brève dans laquelle on m’indiquait que le collège était au courant de ces informations et que cette situation était prise au sérieux. Un mois et demi plus tard, rien n’avait été fait, j’ai donc renvoyé un mail à la fin mai pour dénoncer ce silence, j’ai fini par déposer plainte au commissariat le 30 mai et à transmettre la plainte au collège. Car ma fille avait peur de se rendre en classe, où elle était toujours confrontée au comportement virulent de ses harceleuses. Et elle n’avait même pas été changée de classe! Un rendez-vous a été finalement fixé au 13 juin.

Comment s’est déroulée cette réunion?
Ce fut une douche froide, j’ai ressenti que ma fille et moi étions les accusés! Pendant dix jours, elle n’était vraiment pas bien… L’école m’avait prescrit de voir un psychologue, et pour suivre les règles du jeu, j’y suis allé. Celui-ci m’a clairement dit que mon enfant était victime de harcèlement au sein de son école. Et les élèves convoquées à la réunion n’ont même pas reçu une sanction! Sur les conseils de l’établissement, j’ai saisi la référente départementale harcèlement. Le 16 juin, j’ai envoyé un mail au rectorat de Nice, récapitulant les faits.

J’ai reçu, fin juin, une réponse édifiante avec les coordonnées de personnes ressources de l’établissement à contacter à la rentrée en cas de besoin. Me sentant dans une impasse totale, j’ai décidé de déposer au commissariat un complément de plainte, que j’ai fait suivre au médiateur de l’académie, au rectorat de Nice et au procureur de la République. L’école et le médiateur académique ne m’apportent que des solutions qui ne me conviennent pas, à savoir un changement de classe à la rentrée de septembre, afin de n’être plus constamment au contact de ces élèves et une surveillance étroite. Je pense qu’il est inutile de faire des campagnes de harcèlement pour recevoir ce genre de réponses…

Et que réclamez-vous concrètement?
Je ne veux pas que ces actes de harcèlement restent impunis. Et ma fille, qui doit passer en 4e, n’a pas à avoir une surveillance spéciale, ni à changer d’école, car elle n’est coupable d’aucune infraction. Elle doit au contraire se rendre à l’école avec le cœur léger et l’envie d’étudier. 

Ce que répond l'établissement

En pleines vacances scolaires, le principal de Maurois, Pascal Picot, a bien voulu répondre à nos sollicitations: "C’est une situation avec des choses inventées. Je ne souhaite pas donner suite à cette affaire et je considère que la procédure de ce parent d’élève est abusive. Il agit de façon injuste et injustifiée. Sa fille va changer de classe à la rentrée, quant aux sanctions des autres élèves, ce n’est pas son affaire. Les enfants des autres ne le concernent pas…"

Offre numérique MM+

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