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Patrick Caillet, de DJ au "Pirate" à Roquebrune à antiquaire à Menton

Patrick Caillet est propriétaire du magasin d’antiquités "Allo Robert" à Menton. Parti de rien, il profite désormais d’une passion qui lui tient à cœur depuis longtemps.

Théo Leclerc Publié le 25/09/2021 à 15:00, mis à jour le 25/09/2021 à 18:27
Patrick Caillet. Photo Jean-François Ottonello

Une lampe, une borne kilométrique rouge et blanche, un panneau publicitaire de l’hôtel Victoria de Beaulieu, des meubles… Pas de doute, vous êtes bien chez un antiquaire. C’est dans la rue Général-Gallieni, très passante, à deux pas de la vieille ville et de la voie piétonne, que Patrick Caillet et son associé, Charles Martini, ont emménagé leur commerce il y a maintenant 22 ans. Ils apprécient le côté vivant du quartier et la rue piétonne à proximité.

Le regard pétillant et observateur à la fois, l’antiquaire de 67 ans n’était pourtant pas destiné à ce métier. Né à Menton, dans une famille qui vendait de la céramique dans les années 50, il se lance, sans études, dans une carrière de disc-jockey dans la boîte du restaurant "Le pirate", à Roquebrune-Cap-Martin. Elle durera vingt ans. Du jour au lendemain, il décide de tout plaquer et de reprendre avec son associé les locaux d’une ancienne menuiserie abandonnée pour devenir antiquaire : "En quittant mon travail, j’ai repéré cet endroit. Ils avaient laissé les machines à l’abandon. Elles n’étaient plus fonctionnelles. On a dû beaucoup bosser pour remettre ce lieu en état. J’étais encore jeune à l’époque", dit-il en souriant.

Un immense passionné

Ce que ce papa de deux garçons trentenaires aime avant tout : le contact humain avec les clients. Son plaisir ? Observer les gens sortir de son magasin "avec un grand sourire".

Le nom d’"Allo Robert" a surgi d’une histoire étonnante : "C’est la première personne qui nous a fait gagner des sous. On partait le matin chiner et ce monsieur Robert nous appelait toujours à la même heure pour savoir si on avait trouvé des choses intéressantes qu’il pouvait nous acheter. Du coup lorsqu’on entendait sonner, on savait que ce ne pouvait être que lui. Ainsi, le nom d’Allo Robert est né".

 

Désormais, le chineur assure la gestion du magasin seul. Si son associé de 74 ans participe toujours à l’affaire, "il est plus acheteur que vendeur", admet Patrick Caillet.

Collectionneur depuis toujours de plaques émaillées publicitaires, il se lève tôt pour aller chiner et dénicher les meilleures occasions dans les brocantes. Parfois, il se déplace dans les grandes foires internationales comme Avignon ou Montpellier pour écouler les invendus. D’un côté acheteur, de l’autre vendeur. Un double rôle qui ne lui déplaît pas. "Quand on est antiquaire, on n’est pas forcément collectionneur, mais on aime bien garder des choses. Dès qu’on en trouve une meilleure, on l’achète", assure-t-il.

Son antre peut se visiter comme un musée. Certains habitués y passent même parfois l’après-midi : "Ils discutent, ramènent leurs amis. On avait carrément pensé au début à créer un bar dans le magasin, mais c’était compliqué niveau organisation", souligne l’antiquaire.

"Un bordel bien rangé"

Dans ce magasin, semblable à un immense tableau avec tous ces objets entassés, rien n’est choisi au hasard. Ses proches le décrivent comme "un peu fou".

"On peut parler d’un bordel bien rangé. C’est en tout cas ce qu’on cherche à faire. Trop bien rangé, je n’aime pas ça et les gens non plus. On laisse un peu les clients penser qu’ils vont trouver un trésor. Ce qui n’est pas exclu ! C’est le jeu de chercher", s’en amuse l’antiquaire.

 

Le sexagénaire essaye d’être actif sur les réseaux sociaux. Notamment Instagram, qui lui permet de poster des photos et d’appâter en quelque sorte les clients sans en dévoiler trop. Une façon à lui de s’adapter à une époque hyperconnectée.

Une cliente s’approche, hésitante : "Combien pour ce pot ?". Patrick, rigolard : "80€, mais c’est bien parce que vous venez de loin". Négocier est le jeu. Ça rend la chose excitante.

L’avenir ? "J’espère garder mon commerce jusqu’au bout de ma vie. Après, cela reste une question de physique. J’aime ce que je fais et je me fais plaisir. Tant que je tiendrai le coup, je continuerai dans cet endroit qui m’est cher…"

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