"Mes proches pensaient que j'étais morte dans les flammes" : la médaillée olympique Marlène Harnois revient sur l'incendie du Riva Bella à Roquebrune

La médaillée olympique de taekwondo, Marlène Harnois, est l’une des sinistrés de l’immeuble dévoré par les flammes à Roquebrune. Elle raconte comment elle a échappé à une mort certaine.

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Thomas Michel Publié le 03/02/2022 à 12:42, mis à jour le 03/02/2022 à 12:43
"Tous mes proches pensaient que j’étais morte dans les flammes", témoigne la championne olympique Marlène Harnois, sinistrée de l'incendie d'un immeuble à Roquebrune-Cap-Martin Photo archives Jean-François Ottonello

Dans la nuit de dimanche à lundi, quand l’incendie s’est déclaré pour une raison encore inconnue au Riva Bella, Marlène Harnois n’était pas chez elle. Si tel avait été le cas, elle aurait sans doute péri. "Vu la configuration des lieux au 5e étage, on m’a dit que j’aurais été soit asphyxiée, soit brûlée. Ou alors j’aurais dû sauter par la fenêtre pour atterrir sur un toit en feu..."

Alors que les flammes dévoraient son appartement du 5e étage (dont elle n'est pas propriétaire), les combles et la toiture, la panique a envahi ses voisins rassemblés au pied de l’édifice. "Je n’étais pas chez moi mais mon scooter était garé sur le parking, mes proches pensaient que j’étais morte dans les flammes."

Quand son téléphone sonne, Marlène est endormie dans un hôtel, en Corse. "J’ai décroché et je n’avais jamais entendu des voix autant en détresse. On me criait: "T’es où? Le Riva Bella est en feu!". Dès lors, la nuit sera blanche de part et d’autre de la Méditerranée.

"J’ai vu ma maison cramer en Facetime toute la nuit", se remémore Marlène. "Je recevais des vidéos, on était en pleurs, à ne pas savoir si le bâtiment allait s’effondrer. En plus les pompiers ne pouvaient plus envoyer d’eau pour ne pas affaiblir la charpente en bois."

 

Sa vie dans une valise

Au réveil, Marlène repense au "concours de circonstances" qui a fait qu’elle n’était pas chez elle au moment critique. "J’étais à un stage de taekwondo avec des jeunes en Corse, qui avait dû être décalé les semaines précédentes à cause d’Omicron. Dimanche, je devais prendre l’avion pour rentrer chez moi mais je l’ai raté..."

C’est donc lundi en journée qu’elle a mesuré l’étendue des dégâts. "J’ai tout perdu. Il ne reste que des cendres de mes effets personnels et vu qu’une enquête est en cours, des scellés ont été posés et je n’avais même pas accès à ma boîte aux lettres. Je me retrouve avec la clé de ma maison mais plus de maison. Et un scooter, mais plus de clé puisqu’elle était dans l’appartement."

Impossible aussi de trouver refuge dans sa famille au Canada, son passeport ayant été détruit.

Seule certitude de Marlène, "ce n’est pas de chez moi que ce feu extrêmement violent est parti, la piste a été écartée à 100%". Victime, elle annonce qu’elle entend portera plainte contre X, pour être informée de l’évolution de l’enquête et savoir, un jour, pourquoi un pan de sa vie est parti en fumée.

Avant l’élan de solidarité de la communauté monégasque (lire ci-dessus), les seuls bien matériels en sa possession se résumaient donc au contenu de sa valise pour la Corse.

 

Sa carte d’identité, un sweat France Olympique, une poignée de joggings et T-shirts, quelques paires de chaussettes et... sa médaille olympique en bronze décrochée pour la France à Londres.

"Le phœnix renaîtra de ses cendres", conclut Marlène dans un grand sourire.

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