"Les morts veulent qu’on sache qu’ils existent"... Sonia Solomas raconte ses expériences avec les disparus

Dès l’enfance, elle "voyait déjà les défunts". Dans un livre, cette coiffeuse, installée à Juan-les-Pins depuis 17 ans, raconte ses expériences et décrit cette "dimension impalpable de l’après."

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Émilie Moulin Publié le 23/01/2023 à 10:00, mis à jour le 23/01/2023 à 10:01
À 54 ans, Sonia Solomas n’a jamais voulu utiliser son don pour en faire son métier. Si elle a écrit ce livre, c’est pour "témoigner" et "passer des messages." (Photo E. M.)

Ne l’appelez pas "médium" ni "voyante". Sonia Solomas déteste ce mot. "Je suis juste différente", avance-t-elle dans un sourire. Sonia, vous la connaissez sûrement, à Juan-les-Pins: 17 ans qu’elle chouchoute ses clients dans son salon de coiffure Relooking Coiffure, sur le boulevard Raymond-Poincaré. Mais saviez-vous "qu’elle voit les morts"?

Oh, ce n’est pas un secret, entre les quatre murs de son affaire qui sent bon le shampoing. Sonia Solomas en parle à ses clients. Et ils l’écoutent, un poil intrigués, un poil époustouflés.

À 54 ans, cette femme hors du commun a décidé de remplacer ses ciseaux par une plume pour raconter. Dans J’ai vu, je vois et je verrai, elle partage ses multiples expériences avec les défunts à ceux qui voudront bien la croire… et aux autres.

Vous ne faites pas de consultation…

Oh, ça, non! Je n’ai jamais voulu en faire mon métier car je trouve qu’il y a trop d’abus. Je ne veux pas mêler l’argent à ça. Je veux juste passer des messages.

Quels messages?

J’ai écrit ce livre parce que les morts veulent qu’on sache qu’ils existent.

Parmi nous… C’est-à-dire?

Partout. Ils n’ont plus ce corps, cette enveloppe qui est tellement désagréable. C’est un monde impalpable. Certains partent et je ne les vois plus. D’autres viennent par curiosité ou pour se manifester auprès de ceux qui en ont besoin. Ils vont surtout vers ceux qui sont en détresse.

Comment les voyez-vous?

Tel que je vous vois, vous. Je les entends, aussi. Le premier défunt que j’ai vu, c’était mon papi, quand j’avais 6 ans. Il est arrivé dans ma chambre, je n’ai pas compris, au début, qu’il était mort. De la même manière que j’ai vu, un jour, le grand-père de mon mari, que lui-même n’a pas connu car il était mort avant sa naissance. Je pouvais le décrire physiquement.

Ça ne vous a jamais fait peur?

Jamais. J’ai toujours connu ça. C’est comme respirer, ça fait partie de mon quotidien. Je n’ai pas le choix, de toute façon: ça s’impose à moi. Mais je ne le vois pas comme un fardeau. Parfois ils viennent me voir mais je n’ai pas envie ou je suis occupée, alors je leur demande de partir.

Comment sont-ils?

(Dans un large sourire) Ils sont bien, bien plus que nous qui sommes tracassés sans cesse par le travail, l’argent, la beauté. Tout ça n’existe plus, après. Ils sont dans un état de plénitude que vous ne pouvez même pas imaginer. S’ils s’inquiètent, ce n’est pas pour eux mais pour les vivants qui n’arrivent pas à faire leur deuil. On les pleure parce qu’ils nous manquent, physiquement, mais je vous assure: pour eux, tout va bien.

Vous dites que vous avez aussi des visions…

Oui, je le raconte dans mon livre. Quatre jours avant la tempête Alex, j’étais à Tende pour voir une amie. J’ai écourté mon séjour car je sentais des vibrations et j’avais l’impression que le sol glissait sous mes pieds. J’ai aussi pu, parfois, prédire le jour et l’heure de la mort de certains proches. En 2006, déjà, j’ai vu une scène des attentats de Paris. Parfois ce n’est pas très joyeux… Parfois, ça l’est. J’ai senti la grossesse de ma meilleure amie et chaque matin, je donne à mon mari le nombre de clients qu’on va faire dans la journée. Ça ne rate jamais!

Dans ce livre, vous n’imposez pas vos réponses…

Non, je raconte simplement ce que je vis. J’ai sélectionné les expériences les plus parlantes qui ont à chaque fois pu être vérifiées parce qu’elles se sont produites. Après, les gens en feront ce qu’ils veulent, ce n’est pas mon gagne-pain. Libre à chacun. Mais quelle tristesse de croire qu’il n’y a rien, après…

Savoir+

Aux éditions La Bruyère. 20 euros sur le site de la maison d’édition, sur Amazon, la Fnac et à Cultura.

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