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La famille varoise de Cécile, 32 ans, tuée au Bataclan, raconte sa sensation de "vivre sans vivre"

Habitants du Var, les parents et le frère de Cécile ont déposé au procès des attentats du 13 novembre 2015, pour faire part de leurs interrogations.

Thierry Lévêque / ALP Publié le 25/10/2021 à 15:47, mis à jour le 25/10/2021 à 15:51
Le Bataclan quelques jours après les attaques du 13 novembre 2015. Photo AFP

A la cinquième et dernière semaine des dépositions des survivants et des proches des victimes des attentats du 13 novembre 2015, près de 350 au total, la douleur et les interrogations s’expriment de manière souvent identique.

Les parents de Cécile M. (La famille a souhaité que son nom n’apparaisse pas, NDLR), 32 ans et chargée de production dans un théâtre de Suresnes, ont ainsi exposé lundi à la barre de la cour d’assises spéciale de Paris leurs terribles souvenirs de l’institut médico-légal (IML) de Paris.

L’IML semble à l’époque avoir géré les demandes avec une effrayante froideur administrative. Les parents de la jeune femme, qui résidaient à l’époque des faits à Fréjus, n’ont eu accès au corps que 15 minutes, derrière une vitre, trois jours après l’attaque. Les formalités de levée du corps ont ensuite été minutées de la même manière, et la famille, rassemblée avec d’autres qui attendaient d’autres corps, n’a pas pu avoir d’intimité.

"On nous a volé la mort de nos enfants"

Il en a été de même pour le corps de Luis, l’ami chilien de Cécile, tué avec elle. "On nous a volé la mort de nos enfants", a dit la mère de Cécile à la barre. Il y a aussi la douleur, les sentiments de culpabilité bien sûr infondés, mais terriblement automatiques dans ces moments.

 

"J’ai failli à mon devoir de mère, protéger mon enfant, l’aider", a regretté la mère de la jeune femme. Il y a la difficulté de vivre avec ce drame, le sentiment d’abandon, d’injustice et le quotidien impossible. Cette sensation de "vivre sans vivre", a dit Vincent, le frère de Cécile.

Les proches de Cécile n’ont trouvé du réconfort que dans l’aide apportée par les associations de victimes, a indiqué son père.

La famille de Cécile a fait projeter des photos de la jeune femme et s’est souvenue de ce jour où elle avait pris ses parents par la main. "Je sens encore cette main douce et fragile dans la mienne", s’est souvenu son père. Il a aussi fait part de ses interrogations quant à d’éventuels manquements de l’Etat et des forces de sécurité. Il a cité des déclarations au procès ou dans la presse qui montrent que les auteurs et certains de leurs supposés complices étaient identifiés avant les faits.

"Qu’ont entrepris les personnes en responsabilité au plus haut niveau de l’Etat ?", a-t-il demandé. Le frère de Cécile a aussi qualifié de "lâches" les militaires de Sentinelle présents devant le Bataclan mais qui ne sont pas intervenus, saluant en revanche l’action des policiers.

La mère de Luis, venue du Chili pour assister à tout le procès, a fait part à la cour de son sentiment de "quelque chose d’impensable et si lointain pour nous", un attentat mené par une organisation basée en Irak et en Syrie. Elle a exprimé son incompréhension quant aux déclarations de Salah Abdeslam, qui a expliqué à l’audience que l’EI avait voulu "frapper la France". "Ils n’ont fait que détruire des existences", a-t-elle dit.

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