“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Soutenez l’info locale et Monaco-Matin > Abonnez-vous

"J'étais complètement détruite": cette étudiante marocaine à Menton s’est retrouvée bloquée en France

Mis à jour le 07/04/2020 à 13:51 Publié le 07/04/2020 à 13:06
Maha El Haiba : "La déception et les faux espoirs m’avaient complètement détruite."

Maha El Haiba : "La déception et les faux espoirs m’avaient complètement détruite." Photo DR

Soutenez l'info locale et Monaco-Matin

"J'étais complètement détruite": cette étudiante marocaine à Menton s’est retrouvée bloquée en France

Quand elle a appris que le campus allait fermer, une étudiante de Sciences Po Menton a voulu rentrer au Maroc. Elle a finalement dû se résoudre à ne pas quitter la France pendant le confinement.

Étudiante à Sciences Po Menton depuis septembre dernier, Maha El Haiba, 18 ans, avait prévu de rentrer chez elle – à Casablanca – dès qu’elle a appris que l’ensemble des écoles et universités françaises devraient fermer en raison de la catastrophe sanitaire.

>> SUIVRE. LIVE. Jour 22, 8.911 décès en France, 1.150 morts en 24 heures aux Etats-Unis... Suivez l'évolution de la situation du coronavirus

Mais une série de déconvenues l’a contrainte à rester bloquée en France. Aujourd’hui hébergée par de la famille à Lyon, la jeune Marocaine raconte un "ascenseur émotionnel" dont elle se serait bien passée.

Le jeudi soir où la nouvelle est tombée, elle explique avoir immédiatement contacté ses parents. Et pris un billet Nice-Casablanca pour le lundi suivant. "Nous pensions alors avoir une large marge de temps devant nous, histoire que je fasse mes valises et je prépare mon retour tranquillement", commente Maha.

"J’ai passé l’après-midi en pleurs"

Mais par malheur, le lendemain, le Maroc annonce brusquement qu’il ferme ses frontières pour la France. Anéantissant tout espoir pour l’étudiante de prendre son vol programmé. "J’ai passé l’après-midi en pleurs, à chercher des vols alternatifs qui passeraient par d’autres pays dont les frontières étaient encore ouvertes. Mes parents ont fini par m’en trouver un qui rentrait le samedi matin. Nous espérions que les rumeurs disant que les frontières allaient être encore ouvertes d’ici 24 heures étaient vraies…"

Ni une, ni deux, Maha prépare ses valises. Elle range son appartement mentonnais in extremis et prend le dernier train pour Nice.

Décidée à passer la nuit à l’aéroport pour ne pas manquer son avion dont le décollage est prévu très tôt le lendemain.

"Dans le train, je me connecte sur l’application de la compagnie aérienne pour télécharger mon billet. Surprise : le vol est annulé. Les seuls qui étaient maintenus étaient ceux de la compagnie officielle marocaine." Maha décide de descendre à mi-chemin pour retourner à Menton. Une fois encore, les larmes lui viennent.

"La déception et les faux espoirs m’avaient complètement détruite. Entre jeudi soir et ce moment-là, j’avais l’impression qu’une semaine s’était écoulée", souffle l’étudiante.

Confinée à Lyon

Privée de vol, Maha passe la matinée du samedi à contacter l’ambassade du Maroc à Paris et tous les consulats du pays en France. Personne ne lui répond.

Un interlocuteur à l’ambassade de France au Maroc finit par lui dire qu’il ne peut rien faire. Qu’aucune mesure de rapatriement n’est prévue.

"J’essaie alors d’appeler la compagnie aérienne officielle marocaine qui me dit que le dernier vol de Nice est plein et que le plus proche part de Marseille vers 15 h." Mais le délai est trop court.

Impossible pour Maha de faire la route entre Menton et l’aéroport à temps. La jeune femme n’a plus d’autre choix que de rester en France.

À l’origine, Maha pensait séjourner à Menton. À l’annonce du confinement général, elle choisit finalement de se rendre à Lyon, en territoire connu et accueillant – "puisque tous mes amis avaient quitté la ville".

Son quotidien est désormais apaisé. Rythmé par le travail à distance et les moments conviviaux avec ses proches. "J’essaie de relativiser en me disant que si les cours avaient continué je serais encore au Maroc. Et que si j’avais pu rentrer chez moi, la situation sanitaire n’aurait pas été mieux", souligne Maha.

Précisant que son confinement se passe bien. À ceci près que sa famille lui manque. Et que l’absence de visibilité sur la date à laquelle le confinement prendra fin lui pèse.

"Je parle à mes parents tous les jours par appel vidéo, ainsi qu’à mes amis de longue date qui ne sont pas à Sciences Po. Sur ce point, ça ne change pas de d’habitude : on échange par messages ou téléphone depuis septembre."

Quant à ses amis mentonnais, elle garde aussi virtuellement le lien avec eux. Lors des cours qu’ils ont en commun par visioconférence. Et via les réseaux sociaux.


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.