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"Je le remercie". L'employé de l'hôtel Martinez sauve la vie de celui qui l'hébergeait

Généreusement hébergé au domicile d’un autre travailleur en extra du palace, Christ-Ange le bien nommé a sans doute sauvé la vie de son bienfaiteur, victime d’embolie.

Alexandre Carini Publié le 29/07/2021 à 08:00, mis à jour le 28/07/2021 à 23:17
Mamadou, Christ-Ange, Yan Gillet et Olivier Cluet tiennent la rampe au Martinez! (Photo A. Carini)

Ils sont là côte à côte, souriants et complices, comme de vieux copains. Mamadou l’ancien et Christ-Ange le jeune, toujours associés à la manutention du Martinez sur la Croisette. Deux mecs "extras", à tous les sens du terme. Tant dans leur travail, puisqu’ils interviennent sans contrat longue durée sur l’activité ponctuelle de l’hôtel (mise en place d’une salle pour un congrès, installation diverse…), que par les valeurs qu’ils partagent, emplies d’humanité.

Et pourtant.

Il s’en est fallu de très peu pour que ces deux-là, qui semblent désormais inséparables, ne se côtoient plus jamais. Ni sur leur lieu de travail, ni dans le petit studio de Mamadou, où ils ont appris à cohabiter. Car l’aîné aurait pu disparaître, victime d’une embolie pulmonaire, sans la présence bienfaitrice de son hôte. À croire que parfois, le bon geste provoque le salut dans une situation critique. Ou comment Christ-Ange a sans doute sauvé la vie de son bienfaiteur…

"Pas possible, tu viens chez moi!"

La belle histoire débute déjà par un chanceux hasard, en plein festival de Cannes. Voilà Christ-Ange qui se présente (bien) au PC Sécurité du Martinez, sans autre bagage professionnel que sa petite valise remplie d’affaires, et son sourire poli en bandoulière.

 

"J’avais vu un reportage sur le Martinez dans le journal de France 2, et comme mon contrat d’assistant éducatif dans un collège du Havre venait de se terminer, je me suis dit, pourquoi pas chercher du boulot là-bas? ", explique simplement ce Congolais de 29 ans, qui a quitté la Normandie sans regret.

En tant normal, sans aucun CV à présenter, il n’aurait pas pu passer l’entrée. Mais ce jour-là, Olivier Cluet, responsable banquets, est présent au PC en présence de Mamadou, qu’il "chaperonne" depuis 2003.

"Comme il avait l’air bien et qu’on avait justement besoin de bras, je lui ai proposé de rester."

Une première étape de surmontée. En restait une autre. Car à défaut de pouvoir bénéficier d’une suite cinq étoiles dans le palace de leurs rêves, ce personnel de l’ombre a néanmoins besoin de dormir sous un toit, ce qui n’est pas mince affaire à Cannes.

 

"Quand Christ-Ange m’a dit qu’il comptait coucher sur la plage, je lui ai répondu: pas possible, tu viens chez moi!, reprend Mamadou. Pour moi, c’est un geste normal, car je me mets toujours à la place des gens dans le besoin, et j’aime être utile pour mon prochain."

Le temps de rentrer, nettoyer et ranger son "appartement de célibataire", puis de préparer à dîner pour son hôte, et voilà le Sénégalais et le Congolais déjà unis dans la fraternité, version système D.

Hélas, la soirée ne va pas tarder à se gâter. Malgré ses efforts pour le masquer durant leurs discussions, Mamadou se sent de moins en moins bien. Appelle une première fois les pompiers puis le médecin de garde, qui lui répond que tout va bien et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter.

"Le problème, c'est que j’avais de plus en plus de mal à respirer, et après le dîner j’ai commencé à voir des éléphants sur la tête, comme on dit chez nous."

Alors qu’il téléphonait à ses proches sur le balcon, Christ-Ange se rend compte qu’un drame est en train de se nouer. Mamadou est allongé au sol, et n’est même plus en capacité de parler.

 

"Depuis le début de la soirée, j’avais bien entendu Mamadou tousser, mais là, j’ai constaté combien son état avait empiré."

L’invité d’un soir est devenu providentiel

Cette fois, c’est lui qui prend le relais pour appeler à nouveau les secours, et insiste pour qu’une ambulance soit dépêchée. Vers 2h du matin, le malade est transporté aux urgences de l’hôpital Veil.

Les examens révèlent qu’il est victime d’une embolie pulmonaire, et que sans aide à domicile, ses organes privés d’air lui auraient ôté la vie.

Aujourd’hui, de retour au travail après une semaine d’hospitalisation, Mamadou sait bien à qui il le doit. "Christ-Ange ne se considère peut-être pas comme un héros, mais je le remercie. Et dieu aussi…"

Né le jour de Noël, il est un peu devenu le Christ-Ange gardien de Mamadou. Et en présence du directeur général Yan Gillet, Olivier Cluet leur en a déjà fait la promesse: ils ne vont pas manquer de boulot, au Martinez.

 

Après l’embolie, l’embellie?

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