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Christian Louboutin dévoile les dessous de sa grande rétrospective cet été au Grimaldi Forum Monaco

Le créateur de souliers proposera cet été au Grimaldi Forum Monaco une rétrospective de trente années de travail… mêlée à une sélection d’œuvres d’art racontant ses goûts et ses inspirations. Rencontre à Paris.

Cédric Vérany, à Paris Publié le 01/04/2022 à 21:33, mis à jour le 01/04/2022 à 21:34
Christian Louboutin avant sa grande rétrospective à Monaco : "L’exhibitionniste, c’est quelqu’un qui se montre et se découvre, au-delà du cliché de l’imperméable sans rien en dessous. Et avec ce projet, je m’expose." Photo Philippe Dobrowolska

Le rendez-vous est fixé au 5 de la rue Jean-Jacques-Rousseau. À quelques pas du Louvre, la petite artère qui porte le nom de l’auteur aux plus célèbres Confessions de la littérature française, est devenue depuis trente ans le repaire de Christian Louboutin.


D’abord au numéro 19 où il ouvre sa première boutique en 1991. Puis au 27 où il installe l’atelier produisant ses souliers sur-mesure en 2006. Et au numéro 5, un lieu secret, son "appartement", ancien antre racheté à la maîtresse d’un photographe amoureux de chalets et de tauromachie. Louboutin a conservé dans le décor les poutres façon station de ski mais a remisé les têtes de taureaux.


"C’est un lieu pour être au calme", prévient-il, affable, en y recevant pour la première fois – et vêtu d’un kilt – une poignée de journalistes.


L’écrin particulier sert à présenter un projet tout aussi singulier qu’il peaufine pour Monaco cet été. Une exposition célébrant son travail déployée dans 2 000 mètres carrés du Grimaldi Forum.

Amoureux du beau et de l’artisanat


Jeune homme dans le Paris noctambule des années 80, Christian Louboutin a été assistant des danseuses aux Folies Bergères et paysagiste avant de s’établir dans le monde des souliers. Un atavisme familial – son père était ébéniste – l’a conduit vers le goût du beau et du travail artisanal.
Guidé dans le monde de la chaussure par Roger Vivier, qui fut son mentor, il ouvre sa première boutique il y a trente ans pour y faire commerce de ses collections.

 


Trois décennies et une vingtaine de boutiques plus tard, il est devenu le chausseur star de la mode. On dit des "Louboutins" comme un "Kelly" ou un "Birkin" pour les sacs Hermès. Son nom résonnant dans le monde du luxe aussi fort que les semelles rouges qu’il a apposées sous tous ses souliers, détail devenu sa signature mythique.


C’est cette histoire que retracera la première partie de l’exposition, positionnant les paires de chaussures en objets d’art pour raconter le travail et l’évolution du créateur. Mais pas seulement.
Si son nom est en haut de l’affiche, Christian Louboutin utilisera l’espace Ravel du Grimaldi Forum pour partager des objets, des œuvres d’art, des créations qui l’inspirent et auxquels il veut rendre hommage.


C’est l’originalité de ce projet. Pas de chaussures à talons jusqu’à l’overdose, mais un cabinet de curiosités sorti de son imaginaire, à l’image des pièces qu’il collecte dans son espace au 5 de la rue Jean-Jacques Rousseau.

Un projet aux accents monégasques


Pour l’occasion, il a même fureté dans les collections du NMNM et du Musée océanographique pour y piocher des pièces qui lui parlent : un tableau de Gilbert & George, une coiffe de Joséphine Baker, une maquette d’André Derain ou un radiolaire décroché des plafonds du Musée océanographique.
"C’est cette démarche qui nous a séduits", assure Sylvie Biancheri, directrice générale du Grimaldi Forum, "il y a une vraie dimension nouvelle, avec des particularités monégasques qui amènent de la pertinence. Ce n’est pas l’exposition de Paris".

 


Car L’exhibitionniste, nom de l’exposition prévue du 9 juillet au 28 août à Monaco sera l’acte II, d’un projet entamé fin 2020 au Palais de la Porte Dorée à Paris. Une présentation saluée par la critique mais contrariée par les confinements successifs.


La suite s’écrira donc en Principauté. "C’est une autre exposition, une réincarnation, un nouveau challenge dans cet espace très contemporain, ouvert sur la mer", promet Olivier Gabet, directeur du Musée des Arts décoratifs de Paris et commissaire de l’exposition qu’il qualifie de "généreuse".


En effet, cette volonté de Christian Louboutin de mêler à son travail, des œuvres, des créations de divers horizons promet un mélange bouillonnant. L’un des points forts étant la carte blanche qu’il donnera au Britannique Allen Jones. L’artiste proposera une création inédite, sorte d’exposition dans l’exposition, mariant sa pratique de la sculpture et l’usage du digital.


Un choix audacieux qui colle à ce cabinet de curiosités singulier pensé par Christian Louboutin. Qui en convoquant le travail des autres, met à jour ses goûts et ses pensées. Une démarche qui explique le titre, L’exhibitionniste ? "Je me suis rendu compte assez vite que cette exposition allait parler beaucoup de moi, donc je m’exposais. S’exposer, c’est s’exhiber. Exposition se dit exhibition en anglais. Et en français j’aimais le double sens. L’exhibitionniste, c’est quelqu’un qui se montre et se découvre, au-delà du cliché de l’imperméable sans rien en dessous. Et avec ce projet, je m’expose."

350 paires de souliers exposées

350 paires de souliers composent l’exposition pour retracer trois décennies de création de Louboutin, dont certains des tout premiers modèles avec la semelle noire.

Modèles retrouvés grâce à des clientes fidèles et conservatrices, Christian Louboutin n’ayant rien gardé de ses cinq premières années d’activité.

Photo Philippe Dobrowolska.

Offre numérique MM+

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