"Ça m’a énormément déstabilisée": à Paris, une victime de l’attentat du 14-Juillet raconte ses premiers jours de procès

Nadège Renda, 63 ans, avait été blessée au visage lors de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice. Elle a fait le voyage à Paris pour assister à l'audience.

C. C. Publié le 08/09/2022 à 14:11, mis à jour le 12/09/2022 à 14:33
Nadège et Georges, complices, se soutiennent mutuellement à Paris. Système / Nice Matin

Elle compte parmi les rares victimes qui suivent l’audience à Paris au quotidien. La Cagnoise Nadège Renda, 63 ans, raconte combien ce moment est éprouvant à aborder, soutenue par son compagnon Georges Richard.

Sur les bancs clairsemés de la partie civile, ils sont assis côte à côte, bras tendrement posé sur l’épaule de l’autre. Nadège Renda et Georges Richard, de Cagnes-sur-Mer, suivent le procès à Paris jusqu’au 11 octobre, jour de leur audition. D’ici là, Georges a pris un congé sans solde.

"C’est important d’y être dès le début", estime Nadège, 63 ans, "surprise qu’il n’y ait pas plus de parties civiles". Ces débuts sont pourtant "très difficiles" pour elle. Blessée au visage en 2016, elle perd ses dents depuis. Une incisive refaite a lâché juste avant l’ouverture du procès. "Je serrais tellement les dents... Ca m’a énormément déstabilisée."

"Combat épuisant"

Difficile aussi, pour Nadège, "de se retrouver face à ces... personnes" - ces accusés dont elle a découvert le visage. Difficile, plus encore, d’écouter les noms des 86 victimes décédées. "Ça m’a renvoyée à la commémoration de 2017. Une semaine après, j’avais fait une grosse "TS" [tentative de suicide]. J’avais vraiment failli y rester..."

 

Alors Nadège a quitté la salle, rejointe par Georges. Ils se sont fixés cette règle de conduite "dès qu’une chose nous dérange". Ce qui la dérange, aussi, c’est de n’être toujours pas indemnisée, malgré des provisions du Fonds de garantie. "Il y a encore un grand combat. C’est épuisant..."

Lundi, Nadège Renda a frémi quand son avocat, Me Nicolas Gemsa, a cité sa fille parmi les victimes collatérales. "J’ai encore plus pris conscience à quel point je lui ai fait du mal. Elle a arrêté sa vie pendant quatre ans pour venir s’occuper de moi. C’est énorme!" Mais après l’audience, Nadège a appelé sa fille pour le lui raconter. "Elle a poussé un « ouf" de soulagement. »

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