“Rhôooooooooo!”

Vous utilisez un AdBlock?! :)

Vous pouvez le désactiver juste pour ce site parce que la pub permet à la presse de vivre.

Et nous, on s'engage à réduire les formats publicitaires ressentis comme intrusifs.

Je veux bien mais j'ai la freebox

Connectez-vous

pour sauvegarder mes filtres et personnaliser mon flux

continuer sa lecture

lire le journal

Découvrez l’offre numérique > Abonnez-vous

Après des intempéries, des sinistrés bannis par leur compagnie d’assurance

Mis à jour le 16/01/2021 à 07:44 Publié le 16/01/2021 à 07:40
A Mandelieu, les inondations de 2015 et 2019 avaient fait des victimes et occasionné d’énormes dégâts.

A Mandelieu, les inondations de 2015 et 2019 avaient fait des victimes et occasionné d’énormes dégâts. Dylan Meiffret

Je découvre la nouvelle offre abonnés

Après des intempéries, des sinistrés bannis par leur compagnie d’assurance

A Mandelieu-la-Napoule, une résidence touchée en 2015 et 2019 par les inondations se trouve privée d’assurance depuis le 1er janvier. L’assureur a résilié le contrat et d’autres compagnies refusent de prendre la relève.

Ceux qui ont eu la malchance de subir un sinistre le savent bien: il n’est pas toujours simple de faire valoir ses droits auprès des assurances. On se souvient des problèmes qui, après l’effondrement d’immeubles à Marseille en novembre 2018, avaient opposé les assureurs aux résidents de ces habitations.

À Mandelieu, les victimes des inondations d’octobre 2015 et celles plus récentes de novembre et décembre 2019 peuvent aussi témoigner de leurs difficultés. D’ailleurs, elles le font à l’image de Christiane Alunni qui, en 1995, a fait dans cette ville l’acquisition d’un appartement au sein de la résidence de l’Argentière.

Elle raconte: "En 2015, nous avions comme assurance “multirisques immeuble” au niveau du syndicat des copropriétaires, la SMACL, spécialisée dans les collectivités". Depuis la loi Alur de 2014, un immeuble en copropriété doit être assuré collectivement, au moins en ce qui concerne la responsabilité civile.

"Celle-ci nous coûtait quelque 14.000 euros par an. Mais après la catastrophe du 3 octobre, alors que les parties communes de notre résidence avaient été lourdement touchées, cette société s’est insurgée et a prétendu que les métrés déclarés étaient sous-évalués, que nous avions une surface effective de 14 900 mètres carrés et pas de 9 400. Au bout du compte, elle a donc appliqué une règle de proportionnalité approuvée par une majorité des 137 copropriétaires qui, on peut le dire, ne comprenait pas grand-chose à l’histoire. Ce vote consistait à renoncer à 40 % des remboursements. Sur un million d’euros de dégâts évalués par les experts, nous avons ainsi touché une misère pour la remise en état de notre copropriété. En 2016, poursuit Christiane qui fait partie du conseil syndical, nous avons dénoncé l’assemblée générale qui avait entériné cette convention de proportionnalité et nous avons gagné. Nous avons attaqué la SMACL et notre syndic de l’époque, Citya, au tribunal. On sait que cela va traîner en longueur, mais on va se battre pour qu’ils mettent la main à la poche."

Le refus de cinq autres compagnies

Ce n’est pas tout. En 2019, surviennent donc les deux épisodes pluvieux de novembre et décembre.

Cette fois-ci, confirme Christiane Alunni, "nous avons bien défendu notre dossier, l’expert a validé un certain nombre de choses et, sur l’essentiel, on a eu gain de cause." Sauf que l’année dernière, la copropriété a reçu une lettre de résiliation. 

"La SMACL nous signifiait la fin de notre contrat au 31 décembre. C’est son droit, bien sûr [Notamment si une aggravation du risque est avérée, Ndlr]. Mais cela nous place aujourd’hui dans une situation compliquée. On se retrouve un peu dans le cas des automobilistes qui ont subi plusieurs sinistres et à qui leur assurance claque la porte au nez. Nous avons contacté cinq autres compagnies - Generali, Axa, MMA, Le Gan et Groupama - qui, toutes, ont refusé de nous assurer. Et il semblerait que dans d’autres résidences, les copropriétaires soient logés à la même enseigne que nous."

À l’Argentière, dont les bâtiments sont situés en zone rouge inondable, ces derniers ont saisi le Bureau central de tarification qui, en sa qualité d’autorité administrative indépendante, peut imposer à un assureur la prise en charge de la copropriété tout en fixant elle-même la prime à payer.

 "Le souci, c’est que cette prise en charge se fera a minima, redoute Christiane, c’est-à-dire uniquement la responsabilité civile. Une lettre recommandée a donc été envoyée à tous les copropriétaires pour les inciter à prendre des garanties très solides pour couvrir leurs biens. Mais comment cela va-t-il se passer pour les parties communes ? Il va falloir payer plus cher pour suppléer le manquement des assurances. Certains ont des charges, un crédit, comment vont-ils faire ?" 

Des questions qui pour l’instant restent sans réponses…

Offre numérique MM+

...


commentaires

Les insultes, les attaques personnelles, les agressions n'ont pas leur place dans notre espace de commentaires.
Tout contenu contraire à la loi (incitation à la haine raciale, diffamation...) peut donner suite à des poursuites pénales.