"A l’époque je me floutais le visage": en voiture avec GMK, l'influenceur auto de Monaco au 1,6 million d'abonnés

Au volant de sa BMW M4, le YouTubeur automobile au 1,6 million d’abonnés revient sur ses débuts, sa notoriété, l’argent, les influenceurs et sa fierté d’avoir tourné avec le prince Albert II.

Marco THIOLLIER monaco@nicematin.fr Publié le 15/08/2022 à 11:55, mis à jour le 14/08/2022 à 16:01
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Georges Maroun Kikano nous révèle comment il est devenu GMK. En toute simplicité. M.T.

Star des réseaux sociaux, le YouTubeur GMK, basé à Monaco, a connu une année faste. épié dans les rues de la Principauté par les passionnés de voitures "aberrantes", il publie une vidéo par semaine sur YouTube où sa communauté de fans a grimpé à 1,67 million d’abonnés. Il nous a embarqués cet été pour un entretien dans son élément et donc propice aux confidences.

Vous vous souvenez de votre passage à l’examen de conduite ?
Bien sûr ! J’ai eu le Code en deux fois, ça me saoulait un peu. La partie théorique ce n’est pas ce qui m’intéresse, mais c’est important de la passer. La conduite par contre je l’ai eue direct. Conduire une voiture c’est synonyme de liberté pour moi.

C’était quoi votre première supercar ?
Une C63 AMG berline que j’ai achetée d’occasion à Antibes avec 70 000 km. Ma première voiture vraiment puissante (457 chevaux). Elle faisait un bruit de fou, incroyable.

Vous lancez sur Instagram et YouTube pour faire du contenu automobile, ça a été facile ?
Pas du tout. J’étais extrêmement timide. J’ai commencé à partager mon quotidien avec des belles voitures. Je me suis rendu compte que c’est un milieu hyper fermé, très secret. Personne ne savait combien coûtaient des pneus sur une AMG. Les gens pensaient qu’une révision valait 20 000 euros. J’ai pu apporter toutes ces informations en vulgarisant et en démocratisant les voitures de luxe. Même si je n’étais pas le meilleur technicien ou pilote, mon petit côté amateur a plu. J’ai fait mes vidéos sans avoir la prétention de dire : ‘‘Je suis journaliste auto’’. Je me trompais sur les chevaux, sur le moteur et pleins d’autres détails mais, au final, c’est ce que les gens aiment bien. C’est comme une discussion entre potes.

 

"Au début, j’étais très gêné, je ne me filmais pas, je ne faisais pas de blagues, ma voix était très plate"

Vous étiez mal à l’aise avec la caméra ?
J’étais très mal à l’aise ! Il y a même une époque où je postais des photos de moi sur Instagram à côté de voitures et je me floutais le visage. J’ai été confronté à un choix : est-ce que je deviens quelqu’un de public ou est-ce que je reste Georges ? Au début, j’étais très gêné, je ne me filmais pas, je ne faisais pas de blagues, ma voix était très plate. C’était un peu morose. Un jour j’ai pris la caméra et j’ai montré ma tête. Je me suis laissé le temps et ça s’est fait assez naturellement.

Quel souvenir avez-vous de votre premier million de vues sur les réseaux ?
Mon premier buzz c’était le camouflage de ma RS6. Personne ne faisait ça donc ça a attiré. Il y avait ceux qui disaient : ‘‘Mais c’est qui ce plouc qui a mauvais goût ?’’ ; et ceux qui ont adoré. On aime ou on n’aime pas mais je respecte. Peut-être que moi non plus je ne pourrais pas me supporter d’un œil extérieur ! J’ai toujours accepté la critique.

Notamment ceux qui demandent comment vous avez eu toutes ces voitures…
Les gens qui inventent des rumeurs, je m’en fiche. J’ai fait le choix de ne pas en parler et, à l’époque, c’est ça qui a fait le buzz aussi. Le côté un peu mystérieux du personnage, voiture camouflage, tatouages. Au premier abord je parais pour le mec très sûr de lui, qui se la raconte et qui roule en Ferrari avec des grosses montres et puis après les gens disent : ‘‘Ah mais en fait t’es gentil’’. ça veut dire que j’ai un peu une tête de con et qu’au final je suis un peu con. Mais pas trop. [rires]

"Sinon enferme-toi chez toi, coupe internet et personne t’embêtera"

Le succès ne vous a pas changé ?
Je suis resté complètement le même. Le fait d’avoir plus de moyens qu’avant, plus de voitures, plus de montres et la célébrité n’a rien changé à ma mentalité. Je me vois juste comme le pote de plein de gens, au même niveau qu’eux. C’est la célébrité d’internet, je n’ai pas fait un film fou ou montré un talent spécifique. Je préfère qu’on idolâtre un chirurgien ou quelqu’un qui sauve des vies plutôt qu’un gars qui fait des vidéos de voiture. Mais je suis content d’être le pote des gens. Il y a des familles qui me disent qu’elles regardent mes vidéos au dîner dans le salon, ça me fait super plaisir.

Vos fans comptent beaucoup ?
Sans ma communauté, je ne serais nulle part. Je suis juste celui qui crée le contenu mais si tu crées du contenu et qu’il y a personne pour le regarder, tu ne représentes rien dans notre société. Ton succès, tu le dois aux gens. Chaque vue, c’est un vrai humain derrière. Quand je me déplace à Monaco, tous les mètres il y a quelqu’un qui m’interpelle et qui me demande une photo ou une dédicace. Les gens avec qui je suis me disent : ‘‘Mais t’en as pas marre ?’’. Non parce que c’est moi qui l’ai cherché, me suis fait connaître. Si quand tu croises les gens qui te soutiennent en vrai tu ne les calcules pas, il faut changer de métier. Sinon enferme-toi chez toi, coupe internet et personne t’embêtera.

 

Ce succès sur les réseaux vous a ouvert pleins d’opportunités ?
Énormément. Si le Prince de Monaco m’a fait l’honneur de venir faire une vidéo avec moi, ce n’est pas parce qu’il en a besoin. Il n’y avait aucun enjeu pour lui, il a juste voulu me montrer qu’il appréciait un peu ce que je faisais et l’image que je rejetais de Monaco. C’est une certaine forme de reconnaissance. Je pense que ça restera ma vidéo la plus importante, ma plus grande fierté. Tourner sur le circuit de Monaco avec le souverain qui conduit ta voiture et filmer ça, ça n’a jamais été fait avant.

"Il y a eu trop d’escroqueries
sur internet et
c’est en train de devenir un fléau"

Et l’univers des influenceurs ?
Je n’ai pas beaucoup d’amis en général et j’ai encore moins d’amis influenceurs. C’est un monde malheureusement très intéressé. Les gens ne te parlent pas pour toi mais parce que t’as 3 millions de followers. Le YouTubeur Inoxtag fait partie de ceux avec qui je m’entends très bien. Le feeling est tout de suite bien passé entre nous. Il est respectueux, gentil, poli et très mature. Il m’a toujours soutenu en me mettant en avant sur ses réseaux. Il n’est pas obligé de le faire donc je lui en suis reconnaissant. Chaque rencontre que j’ai fait pour mes vidéos, c’est toujours des gens que j’ai appréciés. Je ne fais jamais une vidéo juste par intérêt.

Vous n’avez pas choisi d’intégrer une agence d’influenceurs. Pourquoi ?
Je fais tout de mon côté. Je veux garder mon intégrité, mon indépendance. Je signe avec aucune agence car j’ai fait le choix de moins monétiser mes réseaux sociaux. Tu peux gagner énormément d’argent grâce aux réseaux sociaux. Des centaines de milliers d’euros par mois si tu les monétises à fond. Mais à une époque, quand je découvrais ce milieu, je suis tombé sur des trucs pas top et j’ai eu quelques soucis.

Par exemple ?
On a voulu que je fasse un partenariat pour des manettes de PlayStation par exemple. Je les ai envoyées à un ami qui joue beaucoup pour les tester. Au final j’ai vu qu’elles étaient pourries et que c’était une escroquerie. J’ai donc décidé de ne plus faire confiance à personne et je teste personnellement tous les produits que je recommande aux gens. Je me porte garant de ce que je propose à mes abonnés. C’est hyper important car les gens me font confiance. Il y a eu trop d’escroqueries sur internet et c’est en train de devenir un fléau.
Moi, c’est avant tout la passion. Après je gagne beaucoup d’argent, je ne vais pas le cacher, mais je monétise mon contenu dans le raisonnable. Je propose des partenariats pour des plaques d’immatriculations, pour des produits d’entretien de voitures, je travaille avec Audi,
Porsche. C’est cohérent avec mon public. Une agence m’a proposé de faire des trucs de blanchiment dentaire. Je lui ai dit : ‘‘T’as vu mes dents ? Si je fais une pub elle va fermer ta société !’’. [rires]


Comment se passe un partenariat avec Porsche ?
Porsche ne me rémunère pas. Pour donner un exemple, je peux être n’importe où dans le monde et leur demander de me mettre une voiture à disposition pour réaliser du contenu. Ce n’est pas pour que je me balade avec des gonzesses dans la voiture ! Quand je suis à Paris et que je veux faire une vidéo avec Inoxtag, Rim’k ou Gad Elmaleh, j’appelle Porsche et demande un modèle. Si la voiture est disponible, il me la prête. Mais j’ai le droit de critiquer. J’ai fait une vidéo avec le rappeur PLK et on avait une Taycan Turbo S, une voiture électrique. Je ne porte pas spécialement les voitures électriques dans mon cœur et j’ai dit que je n’aimais pas. Je ne veux pas qu’une marque de voiture me paye pour que je dise aux gens que j’aime ses voitures.

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