Une Grassoise et une Fréjusienne parmi les Reines de la route sur 6TER

Béatrice, de Grasse, et Sarra, de Fréjus, sont à l’honneur dans la troisième saison des Reines de la route qui reprend ce jeudi sur 6TER.

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MATHIEU FAURE Publié le 02/01/2023 à 15:30, mis à jour le 02/01/2023 à 16:08
Sarra, de Fréjus, fait son arrivée dans cette troisième saison. (Photo Pierre Olivier/6TER)
Béatrice, de Grasse, était déjà présente dans la saison précédente. (Photo Pierre Olivier/6TER).

Les Reines de la route reprennent du service, ce jeudi soir sur 6TER, avec la troisième saison de ce programme qui met en lumière une dizaine de femmes, de tous horizons, au volant de leur semi-remorque aux quatre coins de la France ainsi qu’en Suisse. Elles ont chacune une personnalité atypique, un parcours, des choses à dire. Ainsi, on retrouve deux Azuréennes au cœur de cette troisième saison. Une habituée et déjà présente dans la saison précédente: la Grassoise Béatrice, 48 ans. Et une nouvelle venue, de Fréjus dans le Var, Sarra, 37 ans. Deux personnalités rayonnantes pour un métier compliqué, âpre et indispensable: routière.

Voilà dix-huit ans que Béatrice sillonne les routes au volant de son 44 tonnes. Récemment, la maman d’une jeune fille de 18 ans, a changé d’employeur et œuvre, aujourd’hui, pour OD Trans, une entreprise basée à Arles. Au volant de son semi-remorque à fond mouvant, Béatrice parcourt entre 130.000 et 140.000 kilomètres par an. "J’aime ce métier, je ne pouvais pas rester derrière un bureau, étaye Béatrice. J’ai commencé à rouler à 30 ans après une formation. On était peu de femmes dans ce métier au début, il a fallu s’imposer par le travail et le caractère".

En deux décennies, Béatrice a vu son métier évoluer. Le confort des semi-remorques et la modernité de ceux-ci ont rendu les trajets moins compliqués. Surtout, les moyens technologiques permettent de rompre cette forme de solitude qui habitait, généralement, les forçats de la route.

90 à 100 mètres cubes de marchandise

Ainsi, Béatrice peut facilement communiquer avec sa fille. "Mon camion, c’est un peu ma deuxième maison, je le décore, j’y passe du temps, j’en prends soin". Chargée principalement de transporter des déchets, des végétaux ou du papier dans sa remorque à fond hydraulique capable de stocker entre 90 et 100mètres cubes de marchandise, Béatrice apprécie le principe de l’émission car il permet de rétablir certaines vérités. "Les femmes sont aussi capables que les hommes, c’est important de le montrer. J’ai l’habitude de la solitude mais je me suis vite habituée à la présence des caméras, on l’oublie rapidement et le naturel revient vite au galop", poursuit la Grassoise. Dotée d’un caractère bien trempé – "Je râle toujours au volant", rigole-t-elle – Béatrice est avant tout une passionnée. "Mon travail doit être fait en temps et en heure. Faut que ça aille vite et j’aime l’idée qu’il faille s’adapter".

Quelques kilomètres plus à l’Ouest, on retrouve Sarra, une Fréjusienne de 37 ans pleine de vie. Arrivée de Tunisie à l’âge de 16 ans, Sarra se rêvait avocate avant de trouver sa voie. Aujourd’hui, cette mère d’une jeune fille de 14 ans roule entre 400 et 600 kilomètres par jour au volant de son 44 tonnes qu’elle surnomme affectueusement "Dafounet".

Fille d’un restaurateur venu s’installer en France, Sarra débarque à Fréjus sans parler couramment la langue française. Perdue dans sa scolarité, elle trouve son bonheur au sein du lycée professionnel Gallieni à Fréjus où elle rencontre un corps enseignant à l’écoute et protecteur: "Ils m’ont conseillé de faire de la radio et du théâtre pour améliorer mon français", rembobine-t-elle.

Avec son Bac Pro de conducteur transport routier de marchandises en poche, elle se lance à l’assaut de la vie active. "J’ai mis six mois à trouver un emploi car c’est un milieu difficile quand vous êtes une jeune femme, poursuit Sarra. Je me suis accrochée, on doutait de moi, on me faisait des remarques, on me surnommait ‘‘le bébé’’ car j’étais très jeune. On me demandait ce qu’une jeune maghrébine venait faire dans ce secteur d’activité très masculin. Et bien ça fait dix-huit ans que je suis là et je vous emmerde (rires)".

Alors que son père était réticent à l’idée qu’elle se lance sur les routes, Sarra peut compter sur le soutien inconditionnel de son grand-père resté en Tunisie. Aujourd’hui, la jeune femme, mariée à un routier, maîtrise son art et son camion benne. "J’en apprends tous les jours, j’aime mon métier, l’aventure, la découverte des paysages", poursuit celle qui, la veille du premier jour de tournage, a eu du mal à trouver le sommeil. "J’étais stressée", confesse-t-elle.

Au quotidien, Sarra est soutenue par son mari qui travaille dans la même entreprise de transport qu’elle, basée à Marseille. Mieux, elle a déjà de la suite dans les idées. Son projet? Enseigner au sein du lycée Gallieni de Fréjus pour rendre hommage à ses professeurs. "Je viens d’obtenir mon diplôme pour enseigner, c’est une belle manière de boucler la boucle et de transmettre aux jeunes cette passion".

Les deux jeunes femmes, que l’on va pouvoir observer au quotidien dans cette troisième saison des Reines de la route poursuivent le même objectif: faire évoluer les mentalités. "Il y a moins de remarques désobligeantes, conclut Sarra, même s’il y a peu, un automobiliste m’a demandé de retourner dans ma cuisine. Je lui ai dit que j’y étais déjà puisque la cabine de mon camion est parfaitement équipée pour faire les repas (rires)".


Les Reines de la route, ce jeudi 5 janvier, à partir de 21h05, sur 6TER.

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