Que risque Cyril Hanouna pour avoir insulté Louis Boyard dans TPMP?

La rédaction Publié le 15/11/2022 à 12:20, mis à jour le 15/11/2022 à 13:17
Louis Boyard, député LFI et Cyril Hanouna sur le plateau de TPMP. Photo DR

Question de Emma

Que risque Cyril Hanouna pour avoir insulté le député LFI Louis Boyard?

Bonjour Emma, 

"Bouffon", "tocard", "abruti", "t'es une merde"... Jeudi 10 novembre 2022, ces "insultes" ont fusé sur le plateau de "Touche pas à mon poste" (TPMP). Le présentateur vedette Cyril Hanouna, a pris à partie en direct, le député LFI Louis Boyard, venu débattre au sujet de l'arrivée de l'Ocean Viking à Toulon.

Suite à cette séquence qui a poussé le député à quitter le plateau, Louis Boyard a réclamé une commission d'enquête parlementaire sur les "ingérences de Vincent Bolloré" dans les médias dont il est propriétaire, comme c'est le cas pour C8.

Il a également annoncé avoir déposé plainte avec constitution d'une partie civile contre Cyril Hanouna et le directeur de la publication de la chaîne C8 pour "injure publique envers une personne chargée d'une mission de service public". 

L'animateur star de C8 risque donc plusieurs sanctions d'un point de vu pénal. 

 

Une amende pour injure publique 

Les insultes ayant été prononcées sur un plateau télévisé à une heure de grande écoute, il s'agit bien d'une "injure publique". L'article 33 de la loi de 1881 relative à la liberté de la presse, la peine encoure pour avoir prononcé ces mots est une amende de 12.000 euros. 

Une injure aggravée car il s'agit d'un élu? 

Il y a cependant une nuance... Le député LFI demande une condamnation pour injure aggravée en sa qualité d'élu de la Nation. 

Rappelons que le fait d'insulter un élu est désormais passible de poursuites et d'une amende. En effet, le ministère de la Justice a depuis septembre 2020 durcit la sanction pénale pour les auteurs d'injures envers les élus. 

Le garde des Sceaux, Eric Dupont Moretti avait fait passer une circulaire auprès des procureurs généraux, pour que les insultes à l'égard des élus soient considérées comme "un outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique ou chargé de mission de service public". Et ce qu'ils soient élus locaux ou parlementaires. 

Dans ce cas: "Lorsque l'outrage est adressé à une personne dépositaire de l'autorité publique, à un sapeur-pompier ou à un marin-pompier dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses missions, l'outrage est puni d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende", précise l'article 433-5 du code pénal.

 

Dans l'affaire TPMP, la justice devra trancher pour savoir si au moment de la séquence et de la réception des insultes, Louis Boyard doit être ou non considéré comme député. Et par conséquent décider si l'injure publique est aggravée du fait qu'elle ait été faite envers un élu. 

L'Arcom a également été saisie

De son côté, la présidente du groupe La France Insoumise, Mathilde Panot, a annoncé vendredi avoir signalé la séquence à l'Arcom (autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique), considérée comme le gendarme de l'audiovisuel. 

Une procédure pourrait alors être lancée à l'encontre de la chaîne avant de prononcer éventuellement une sanction.

Bonne journée! 

La rédaction

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