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Monte-Carlo Riviera TV sera finalement lancée mi 2023

Le directeur général de la future télévision nationale Salim Zeghdar a échangé en public, pour le Monaco Press Club, avec les patrons de chaînes Gilles Marchand et Jean-Paul Philippot.

Joelle Deviras Publié le 04/04/2022 à 20:57, mis à jour le 04/04/2022 à 20:58
Près de 50 membres et invités du Monaco Press Club se sont réunis dans l’amphithéâtre du One Monte- Carlo. Jean-François Ottonello

La future chaîne nationale - Monte-Carlo Riviera TV - va transformer le paysage audiovisuel monégasque. Le lancement, initialement annoncé en 2022 est maintenant programmé « entre juin et septembre 2023 » a précisé Salim Zeghdar, directeur général de Monte-Carlo Riviera.

À l’heure des plateformes et contenus à la carte, comment une télévision publique s’organise ? Plutôt que d’aborder la question au travers du prisme français, le Monaco Press Club, avec Yann-Antony Noghès, a ouvert le débat. Autour de la table : Salim Zeghdar et deux patrons de chaînes suisse et belge : Gilles Marchand, directeur général de la SSR et à la tête de quelque 6 900 salariés, et Jean-Paul Philippot, administrateur général de la RTBF avec 1 900 collaborateurs. À l’amphithéâtre du One Monte-Carlo, devant quelque cinquante membres et invités du Monaco Press Club, les deux patrons belge et suisse ont fait part de leur expérience tandis que le Monégasque dispose d’une page blanche.

S’il est nouveau dans le monde des médias, Salim Zeghdar connaît sur le bout des doigts le microcosme monégasque, ayant été successivement, dirigeant de Monacair, pilote d’hélicoptère et d’avion, organisateur de Top Marques, programmateur de spectacles et de grands concerts.

Yann-Antony Noghès a rappelé les missions traditionnelles d’une chaîne de service publique : « informer, éduquer, divertir ». Plutôt qu’« éduquer », Jean-Paul Philippot préfère « ouvrir au monde », « cultiver la curiosité », « donner des clés pour comprendre et apprendre », et « interagir ». Gilles Marchand, sociologue de formation, ajoute le terme de « rassembler », « autour de valeurs communes », à une époque où la société se fragmente.

À Monaco, le défi sera aussi de « rassembler, être une chaîne citoyenne et pragmatique, faire de l’information, éduquer », souligne Salim Zeghdar.

 

"Nous allons toutefois essayer de travailler une notion d’éducation"

La chaîne sera francophone. Elle apportera « une ouverture sur le monde à travers TV5 Monde. » « L’idée est de créer une chaîne de l’environnement, sur les missions du Prince, sur la Méditerranée. L’autre pilier de la chaîne sera l’actualité locale et celle du Prince. Il y a les actions du gouvernement, du Conseil national, de la Coopération,... L’actualité générale s’impose a nous aussi. Nous allons toutefois essayer de travailler une notion d’éducation. Nous voulons restituer le positif et essayer d’éveiller la vie des téléspectateurs. Le troisième et dernier pilier de la chaîne sera l’art de bien vivre en Principauté et sur la Riviera. Nous présenterons alors au monde entier toute la diversité de notre région. »

Si la feuille de route est définie, l’heure est encore à la réflexion.

« Une des caractéristiques essentielles du média public, partout dans le monde, c’est son indépendance, explique Jean-Paul Philippot. Et une des conditions de l’indépendance, c’est un cadre financier pérenne, suffisant et transparent. »

Les modalités de financement des chaînes publiques font débat. En France, la redevance audiovisuelle, payée par le contribuable, devrait disparaître l’année prochaine. À Monaco, sera-t-on dans une logique de redevance, comme en Suisse - ceux qui ont une télévision chez eux paient alors la facture - ou une logique de dotation budgétaire, comme en Belgique - c’est alors l’État qui paie ?

"Une chaîne de l’environnement"

À Monaco, il n’y aura pas de redevance mais « une dotation d’État, souligne Salim Zeghdar. Nous aurons aussi la possibilité de faire de la publicité ; nous aurons aussi des abonnements. Nous allons produire du contenu. Nous serons propriétaires des droits et nous essaierons de vendre le contenu sur des programmes bien spécifiques. La chaîne veut produire des documentaires sur l’environnement notamment. Beaucoup de gens, de fondations, sont prêts à financer des émissions. »

 

Mais dans ces conditions, quelle indépendance sur le contenu éditorial ? « Le Prince a mis en place des outils qui nous permettent d’avoir une totale indépendance. Il faut sortir du débat qui consiste à dire que c’est celui qui paie qui commande. La notion d’indépendance est pour nous importante. On ne va pas monter un sujet parce que l’on a reçu de l’argent de telle ou telle structure. Je serai garant de cette indépendance. »

Un comité de déontologie a été créé pour vérifier l’indépendance de la chaîne monégasque ; indépendance qui est une exigence de TV5 Monde.

Gilles Marchand de la SSR, Jean-Paul Philippot de la RTBF, Yann-Antony Noghès du Monaco Press Club et Salim Zeghdar de Monte-Carlo Riviera TV. Jean-François Ottonello.

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