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Santé, administration, éducation... Comment Monaco prépare sa révolution numérique

Mis à jour le 03/09/2018 à 08:29 Publié le 03/09/2018 à 08:30

Santé, administration, éducation... Comment Monaco prépare sa révolution numérique

Frédéric Genta vient de chez Google et a une vaste mission : réaliser la transition numérique de Monaco. Qu’est-ce que ça veut dire ? Quels sont ses moyens ? Ses projets concrets ? Réponses

"Stop! On ne peut pas travailler dans ces conditions. Il faut tout changer!" Il ne l’a certainement pas dit dans ces termes en s’installant dans son bureau, au deuxième étage de la résidence du Ministre d’État, dans le même couloir que le chef du gouvernement princier. Mais il a dû le penser très fort en découvrant l’équipement informatique dont est dotée l’administration monégasque.

Frédéric Genta s’est retrouvé comme projeté dans la préhistoire du numérique, lui qui venait d’Amazon et, dernièrement, de Google. «Ici, la messagerie collective est dépassée depuis longtemps. Je ne savais même pas que cet outil était encore distribué», rigole-t-il.

"Je prends goût au costume-cravate"

Dans son bureau épuré, sur lequel pas un papier ne traîne, il apparaît très détendu, le nouveau "Country Chief Digital Officer", comme on peut le lire sur le côté pile de sa carte de visite. "Délégué interministériel chargé de la transition numérique", indique le côté face, dans un langage administratif plus approprié.

Frédéric Genta, après des années passées à bosser pour des GAFA (acronyme de Google, Apple, Facebook et Amazone), est resté le même en posant sa tablette, son portable, son casque audio, ses batteries, ses câbles, son mug Youtube et sa théière électrique sur son bureau. Détendu, "cool" comme on le revendique dans l’univers du web et du numérique, le costard-cravate en plus. Rigueur monégasque oblige.

"J’avais un peu d’appréhension mais je prends goût au costume-cravate, affirme-t-il. C’est un changement de culture."

Avec son style décontracté sous son costume tout neuf et son franc-parler, ce Monégasque de 37 ans, de retour sur ses terres depuis le 12 mars dernier, va tout simplement orchestrer la révolution numérique de Monaco. Il compte même faire de ce petit pays "un showroom de la transition numérique". Rien que ça!

Outil numérique efficace pour l’administration

En six mois, quels jalons a-t-il posé, ce spécialiste aussi ambitieux que pressé? Son premier chantier a été de doter les services publics d’un serveur et d’une messagerie performants.

"Tous les trois à six mois, nous réaliserons un projet concret."
"Tous les trois à six mois, nous réaliserons un projet concret." Photo DR

"On changera tout l’an prochain, lance-t-il. On passera chez Microsoft avec Outlook et Skype Business. Les 4.000 fonctionnaires et agents – seulement la moitié ont un e-mail aujourd’hui – auront enfin un outil efficace: messagerie, chat, visio en un clic, etc. Il s’agit de gagner en simplicité et en efficacité. Mais aussi en connectivité avec un wi-fi véritablement efficace, et en mobilité avec des tablettes, des ordinateurs portables, des téléphones mobiles."

Bref, Frédéric Genta se donne jusqu’à mars 2019 pour faire entrer l’administration monégasque dans une nouvelle ère. Le premier à montrer l’exemple sera d’ailleurs le gouvernement qui, dès fin octobre, dématérialisera ses conseils du mercredi.

En six mois, Frédéric Genta a aussi constitué une petite armée de 100 personnes et un plan de bataille. Une grosse équipe avec laquelle il va mettre en œuvre les milliers d’idées qui lui trottent dans la tête dans les domaines de l’e-santé, e-éducation, e-administration, e-communication, e-learning, smart city, country city, sécurité numérique, innovation…

"Une course contre le temps"

Son terrain de jeu, même si ses bureaux se situent dans la résidence du Ministre d’État, ne se limite pas à l’administration monégasque.

"Je suis là pour organiser la transition numérique du pays, pas du gouvernement. Avoir mon bureau près de celui du Ministre d’État permet d’aller plus vite dans la prise de décision. Le numérique, vous savez, c’est une course contre le temps."

À la manière d’un général à la tête d’une armée, Frédéric Genta entend avancer vite et de manière concrète. Ici, on n’est pas dans la politique à long terme, la philosophie ou la théorie.

"Tous les trois à six mois, nous réaliserons un projet concret sur chacun des sujets. Il s’agit de sortir de l’inertie administrative, introduire la culture du risque. Il faut lancer des choses. Ce n’est pas grave de se tromper."

La transition numérique vous paraît absconse? Vous voulez du concret? Dans ce dossier, découvrez les chantiers à 6 mois qui ont été lancés.



e-administration: quand le gouvernement se dématérialise

Fin octobre, il n’y aura plus aucun papier mais des tablettes sur la table du conseil de gouvernement.
Fin octobre, il n’y aura plus aucun papier mais des tablettes sur la table du conseil de gouvernement. Photo Manuel Vitali/Dir. Com.

Le premier à montrer l’exemple est Frédéric Genta lui-même. Aucun papier ne traîne sur son bureau. Tout y est numérique, exception faite d’une photo du prince Albert II accrochée au mur et de deux autres photos personnelles posées sur son bureau.

Dans moins de deux mois, le conseil de gouvernement se mettra à la page. Ou plutôt, aux tablettes. Plus aucun document en papier ou parapheur ne sera plus admis dans la salle du conseil de gouvernement, qui se tient le mercredi matin.

Les délibérations, dossiers soumis à discussion, documents, notes et autres rapports imprimés seront bannis. Tout sera numérisé et tiendra dans la tablette du Ministre d’État, de ses cinq conseillers-ministres et du secrétaire général du gouvernement.

"Ceci nécessite un gros boulot, éclaire Frédéric Genta. Il nous faut reproduire le processus de prise de décisions sans papiers, et veiller à ce que chacun ait un niveau d’accès à l’information adapté à sa fonction. En clair, je n’aurai pas accès au même niveau d’information que Robert Colle ou Serge Telle."


e-santé: un médecin en un clic

Au plus tard en juin 2019, vous pourrez prendre rendez-vous avec un médecin, un dentiste ou un spécialiste sur internet.
Au plus tard en juin 2019, vous pourrez prendre rendez-vous avec un médecin, un dentiste ou un spécialiste sur internet. Photo Jean-François Ottonello

Chez le voisin français, il y a "Doctolib", une plateforme de prise de rendez-vous en ligne avec son médecin généraliste ou un spécialiste. En Principauté, entre mars et juin 2019, un portail médical sera créé sur internet. Toutes les professions médicales de Monaco, des secteurs privé et public, sont appelées à y figurer.

"Cette plateforme permettra la prise de rendez-vous en ligne avec un médecin de Monaco, développe Frédéric Genta. Ce qui est un enfer aujourd’hui, en particulier pour les patients qui ne parlent pas français. Une messagerie sécurisée entre tous les praticiens sera également créée, facilitant la transmission des dossiers médicaux entre médecins, si besoin. Le portail tiendra enfin à jour l’annuaire de tous les médecins de la Principauté."


Des ateliers Google en septembre

Photo JFO

Du 17 au 19 septembre, des coaches dépêchés par le géant Google seront en Principauté pour aider tous ceux qui le souhaitent à acquérir de nouvelles compétences numériques ou développer leur projet. Ces ateliers, gratuits, se dérouleront au Lycée technique et hôtelier. Ils sont proposés par le gouvernement princier, en partenariat avec Google et le Monaco Economic Board, avec le coup de pouce décisif de Frédéric Genta, un ancien cadre de Google.

Les deux premières journées sont dédiées aux professionnels de tout secteur, y compris au personnel de l’administration, la troisième aux étudiants – ils pourront d’ailleurs décrocher la certification «Google Ateliers Numériques» – et aux personnes à la recherche d’un emploi. Voici le programme de ces ateliers:

Lundi 17 septembre: "Comment augmenter son trafic en magasin?" (9h-12h); "Comment préparer et construire son projet digital?" (14h-17h).
Mardi 18 septembre: "Développer son entreprise grâce au référencement naturel" (9h-12h); "Comment optimiser ses actions digitales grâce à l’analyse de données?" (14h-17h).
Mercredi 19 septembre (9h-12h ou 14h-17h): "Conférences et introduction à la certification en ligne “Google Ateliers Numériques”", "Tendances de recrutement dans le digital"; "Outils digitaux au service de la recherche d’emploi".

Le nombre de places étant limité, il est impératif de s’inscrire en ligne sur la page d’accueil du site du gouvernement princier: www.gouv.mc


e-éducation

Du "coding" à l’école et au collège
Lundi prochain, une semaine après leurs camarades de France, ce sera la rentrée scolaire pour les élèves de la Principauté. Certains d’entre eux vont vite découvrir que la transition numérique du pays les concerne aussi. Dans plusieurs classes de 9e (CE2) et de 6e, dans deux établissements dont le nom sera révélé par la directrice de l’Éducation nationale demain lors de la conférence de presse de rentrée, les élèves seront initiés au "coding" – le codage informatique, dans la langue de Molière.

L’idée n’est pas de faire des écoliers et collégiens des développeurs informatiques mais de leur montrer ce qu’il y a sous le capot d’un ordinateur. «Le coding est largement pratiqué dans les écoles en Australie et en Angleterre, explique Frédéric Genta. De manière ludique, l’élève va découvrir la logique du codage informatique et réaliser des choses simples sur un petit robot, comme allumer une lumière, changer la couleur d’une lumière, faire tourner une lumière.» Les premiers tests seront réalisés dès la rentrée scolaire dans l’école et le collège sélectionnés.

Un "chatbot" pour l’orientation des lycéens
Autre exemple: en juin 2019 au plus tard, les lycéens disposeront d’un «chatbot», une plateforme numérique qui les aidera dans leurs démarches d’orientation, qui répondra à leurs questions en ligne et en direct.


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